ÉTIOLOGIE — PATHOGÉNIE — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
On sait qu’on appelle anévrisme artério-veineux la communication anormale d’une artère et d’une veine. Ce nom ne convient réellement que s’il y a un sac, mais l'usage a prévalu et fait réunir la varice anévrismale, simple communication des deux vaisseaux sans sac, et les anévrismes artérioso-veineux enkystés et intermédiaires qui présentent un sac. De nombreuses divisions ont été proposées pour la classification de ces anévrismes ; il suffit de distinguer la varice anévrismale qui est le type le plus simple, les anévrismes enkystés veineux caractérisés par la présence d’une poche sur la veine, et les anévrismes enkystés artériels où la poche siège sur l'artère. Enfin une dernière variété est constituée pour les cas où la poche est commune à l’un et à l’autre vaisseau. Par exception, 1l peut y avoir deux sacs.
On voit que, par sa disposition vasculaire, la région poplitée est éminemment favorable à la production d’une telle lésion. Sur un long trajet, deux volumineux vaisseaux cheminent intimement unis et superficiellement placés ; c’est donc uniquement à la situation postérieure de l’excavation poplitée, abritée par le massif osseux du genou,
lo —
qu’il faut attribuer la rareté de l’anévrisme artério-veineux de cette région. Vingt-cinq cas sont connus, et Dezger, dans son mémoire Sur le Pronostic et le Traitement des Anévrismes externes, les place, par ordre de fréquence, au quatrième rang dans une liste contenant tous les cas qu'il a pu relever d’anévrismes artérioveineux. :
Presque toujours traumatiques, quelquefois spontanés (exostose), la cause principale et la plus fréquemment relevée est la blessure par instrument tranchant. Ce sont des coups de couteau, de tranchet, de fleuret, des coups de feu, blessures affectant difficilement la région poplitée. La communication anormale n’a pas toujours lieu entre l'artère et la veine poplitée. On voit, en effet, dans l’observation de Moore que ce sont les vaisseaux du nerf sciatique qui sont en cause ; dans Le cas d’EsMarck, il s’agit des vaisseaux articulaires, ces faits étant, d’ailleurs, très explicables par le hasard des traumatismes.
On a eu rarement l’occasion d'examiner les pièces anatomo-pathologiques. Parmi celles que nous avons pu recueillir, nous avons trouvé des descriptions curieuses que nous allons relater. C’est ainsi que dans l’observation de Larrey, on lit ceci : « Dans une cavité kystique du creux poplité s’ouvraient le bout central de l'artère et de la veine poplitée, ainsi que le bout périphérique de l’artère; le bout périphérique de la veine était oblitéré ; les artères articulaires naissaient du kyste lui-même, d’où le sang apporté par la poplitée sortait en deux colonnes, l’une qui descend vers le pied, l’autre qui remontait vers le cœur par la veine poplitée. »
Cocx rapporte le fait d’un anévrisme artério - veineux
2x 10.2 traumatique dans lequel le sang artériel passait dans le bout inférieur de la veine, tandis que le tronc tibio-péronien était très grêle et la partie supérieure de la veine oblitérée.
Chez le malade de M. Dezger, le sac a la forme d’un cœur de carte à jouer dont la pointe serait tournée en haut. Il mesure 11 centimètres dans le grand diamètre vertical, 10 centimètres dans le graud diamètre horizontal. À la partie inférieure et interne, il y a un petit diverticule qui s’insinue entre les muscles jumeaux internes et le demi-membraneux. La veine poplitée pénètre dans sa partie élevée. Elle mesure 13. millimètres de diamètre. Elle sort du sac à sa partie inférieure et ne& mesure plus là que 10 millimètres. La section à porté juste au-dessus d’une valvule qui avait été forcée. Quand on regarde le sac par sa partie antérieure, on voit l’artère pénétrer dans son épaisseur tout en haut, tout pres de la veine, et ressortir tout en bas. Mais, en réalité, la communication avec le sac ne se fait pas sur une aussi grande étendue. En étudiant la position avec plus de soin, on voit que le bout supérieur de l'artère s’ouvre dans le sac à 2 centimètres au-dessous de la partie la plus élevée. Le bout inférieur en ressort à 17 millimètres plus bas, mais l’artère ne redevient pas immédiatement libre, elle chemine dans l’épaisseur de la paroi du sac sur une étendue de 65 millimètres, et ne devient indépendante qu’à la partie inférieure de l’anévrisme. Cette artère est tres rétrécie. Les bouts inférieur et supérieur ne mesurent pas plus de 3 millimètres de diamètre. Pas de caillots à la face interne du sac. Il en existe seulement une mince couche de 1 centimètre d'épaisseur dans le diverticule inférieur. La paroi