‹ Des anévrismes et de leur traitementChapitre 3 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les premières notions sur les anévrysmes remontent à l’antiquité la plus reculée; mais il n’est alors question que des anévrysmes traumatiques. Rufus d’Ephèse dit en propres termes ; « Quelquefois la plaie faite à la peau s’étant réunie, celle de l’artère reste béante, le sang s’échappe sous les téguments et forme la tumeur que les Grecs appellent anévrysme, c’est-à-dire dilatation de l’artère ».

Galien fait connaître les principaux signes auxquels on peut diagnostiquer cette maladie ; il insiste notamment sur les pulsations, les battements, et sur l’affaissement de la tumeur quand on exerce une compression sur les vaisseaux. On ne connaît encore que l’anévrysme traumatique; cet anévrysme est regardé comme une complication fréquente des plaies artérielles, et c’est tout au plus si l’on signale à titre tout à fait exceptionnel la cicatrisation d’une artère blessée.

Antyllus, qui semble avoir vécu vers le milieu du m® siècle, aurait, d’après Oribase et Angelo Mai,

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distingué deux sortes d'anévrysmes : l’un consécutif à la dilatation partielle d’une artère, l’autre produit par la rupture d’un vaisseau et le passage du sang dans les tissus environnants. C’est donc à Antyllus qu’il faut attribuer le mérite d’avoir, le premier fait connaître l’anévrysme spontané; on lui doit aussi l’indication de deux méthodes opératoires, dont la principale, dite méthode ancienne, et consistant dans l’ouverture du sac, a été mise en usage pendant plusieurs siècles consécutifs. Les auteurs qui ont écrit après lui sur le même sujet, tel qu’Aélius et Paul d’Egine n’ont fait que copier et reproduire son passage sur l’anévrysme.

Fernel est le premier qui accepte, avec preuves à l’appui, la doctrine de la dilatation des tuniques artérielles dans les anévrysmes spontanés. Il y a d’abord simple dilatation sans ulcération, ni rupture des parois vasculaires; et ce n’est que plus tard, quand la dilatation était devenue trop considérable, que les membranes interne et moyenne pouvaient se rompre.

Un anévrysme mixte externe succédait alors à un anévrysme vrai. Cette doctrine ne fut pas cependant admise par tout le monde, elle trouva des adversaires dans les personnes de Sennert, Barbette, Diemerbz’oeck et Monro, enfin elle fut tout à fait

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rejetée par Scarpa, lequel s’efforça de démontrer que l’anévrysme spontané ne commence jamais par un anévrysme vrai. Pour lui l’anévrysme spontané et la dilatation artérielle sont deux maladies complètement distinctes et qu’il faut décrire à part. L’opinion de Scarpa a été adoptée par tous les médecins de son époque, qui considéraient l’anévrysme spontané comme le résultat de la destruction des tuniques interne et moyenne sans dilatation primitive, puis de la distension de la tunique externe.

A la tin du siècle dernier et jusqu’au moment où parut le livre remarquable de Broca, c’est-à-dire en 1856, les chirurgiens anglais, italiens et français, ne cessent d’apporter à l’histoire des anévrysmes une foule de documents d’importance variable. Mais c’est depuis Broca seulement, et grâce à lui, que l’anatomie pathologique, en ce qui concerne les caillots, fut établie d’une façon exacte. Plus tard vinrent les travaux et les descriptions histologiques de Cornil et Ranvier qui renversèrent cette classification des anévrysmes qui a été l’objet de si grandes discussions, en indiquant bien la structure de la paroi du sac anévrysmal.

Nous avons vu que l’étiologie des anévrysmes se réduisait pour les anciens à une plaie artérielle, que l’anévrysme spontané n’a été admis que plus tard :

quant à ses causes elles étaient fort obscures, et jusqu’à ces derniers temps la plupart des médecins et chirurgiens donnaient la plus grande importance à un certain nombre de conditions étiologiques que nous ne regardons plus aujourd’hui que comme adjuvantes ou occasionnelles.

Actuellement l’étiologie des anévrysmes est complètement remaniée. Il n’existe qu’une seule cause possible au développement d’une tumeur anévrysmale, c’est l’artérite, ou l’artério-sclérose; toutes les autres, si longuement énumérées parles auteurs, doivent être reléguées bien loin derrière celle-ci, car elles ne peuvent avoir d’effet qu’en raison de son existence.

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