‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 111 sur 184 · PERSISTANCE DES BATTEMENTS · texte numérisé non relu

PERSISTANCE DES BATTEMENTS

mais il eu a deviné l'existence ; il en a indiqué la possibilité, et c'est depuis lors seulement que les chirurgiens ont osé en publier des observations.

Pour ma part je crois devoir admettre la distinction suivante :

1° Persistance des battements, lorsque la ligature a pour conséquence immédiate d'affaiblir les pulsations de l'anévrysme, sans les éteindre tout à fait;

2° Retour des battements, ou pulsations secondaires, lorsque les pulsations reviennent peu de temps après la ligature, avant que la tumeur ne soit considérée comme guérie ;

3° Récidive, lorsque, à une époque quelconque et par un mécanisme quelconque, la tumeur reprend et conserve pendant longtemps les caractères et la marche des anévrysmes.

Au point de vue de la physiologie pathologique, ces cas difl"èrent nettement l'un de l'autre; mais dans la pratique, et sous le point de vue du pronostic, il y a des cas intermédiaires, heureusement exceptionnels, dont l'interprétation peut devenir trèsdifficile.

'1 " Persistance des battements.

Il est assez rare que les battements persistent à la suite de la ligature, et, quoi qu'on ait pu dire, ils sont toujours plus faibles qu'avant l'opération. C'est en vain qu'on a cité l'observation de Percival Pott. Il s'agissait d'un anévrysme poplilé. Pott lia ou plutôt chercha à lier l'artère immédiatement au-dessus du sac, suivant le procédé d'Anel. Tout le monde sait qu'à ce niveau la veine poplitée cache l'artère, et qu'elle possède des parois aussi épaisses que celles de ce dernier vaisseau. Tout le monde sait encore que, sur le cadavre, les commençants lient très-souvent la veine poplitée sous prétexte de lier l'artère. Pott, qui pratiquait pour la première fois cette opération, put donc très-bien prendre un vaisseau pour un autre. Quoi qu'il en soit, l'anévrysme continua à battre comme auparavant, et fit des progrès si rapides que Pott amputa la cuisse. Ceux qui disséquèrent la pièce reconnurent qu'on n'avait pas lié l'artère anévrysmatique. Ils prétendirent que l'anévrysme occupait une artère collatérale; mais Ev. Home, qui publia l'observation, réfuta poUment cette hypothèse, et on peut dire aujourd'hui, sans craindre de blesser per-

550 MÉTHODE d'ANEL.

sonne, que Pott avait lié la veine poplitée (1). Ce fait ne peut donc rien nous apprendre sur les effets de la méthode d'Anel.

La persistance des battements , due à l'ampleur naturelle des voies collatérales, s'observe surtout lorsque l'anévrysme est situé sur le trajet d'une arcade artérielle. Ainsi, les anévrysmes de la pamne de la main peuvent continuer à battre après la ligature de l'une des artères de l' avant-bras, et la largeur des anastomoses de la base du crâne explique pom^quoi les battements persistent quelquefois dans les anévi^smes carotidiens, malgré la ligature <le la carotide primitive. A. Cooper, Vincent, Walther, M. Syme , ont vu des cas de ce genre, sur lesquels je reviendrai tout à l'heure (2). Partout ailleurs la persistance des battements est fort exceptionnelle. Elle a été constatée cependant, par Morgan, dans un cas d'anévrysme inguinal; par M. Porta, dans un cas d'anévrysme de la radiale au-dessus du poignet, traité par laligatm^e de l'artère limiiérale ; par Hodgson, dans un cas d'anévrysme poplité (3). Un fait cité par Roux peut être rapproché des précédents. Un anévrysme traumatique du pli du coude était traité depuis quelque temps par la compression directe ; la peau se gangrena au niveau de la tumeur; une hémorrhagie se déclara à la chute de l'eschare, et ce fut alors que le malade fut présenté à Roux. Celui-ci lia l'humérale à la partie moyenne du bras, mais il s'aperçut bientôt que le sang continuait à couler abondamment; alors il incisa largement la tumeur , lia les deux bouts de l'artère, et enleva ùnmédiatement après le fil qu'il avait placé sur la partie

(1) Œuvres complûtes de John Utinter, trad. fr. Paris, IS^S, in-8", T. UI, p. ft"?!.

(2) Cas d' A. Cooper (anév. de la caroiide primitive), dans Mcd. Chinirg. Transact., vol. I, p. 222.— Cas de Vincent {anév. de la carotide primitive), dans Sam. Cooper, Dictionnaire de chirurgie, trad. fr. Paris, 1826, T. I, p.'.157. - Cas de WaltheR, de Landsliut (anév. de la carotide externe), dans l'édit. française de Hodgson, T. U, p. 83 (note da Breschet ). — Cas de Sïme ( anév. de la carotide interne), dans Monthly J unrnal ofMcd. Se, 1842 , p. 962 (avec une planche ).

(3) Cas de Morgan (anév. inguinal ; ligat. de Tiliaque externe ; les battements continuent et disparaissent le dixième jour ) , The Lancel , 1827-1828, vol. XUI , p. 111. — Cas de PORTA ( anév. traum. de la radiale au-dessus du poignet ; les battements continuent aprts la ligature de l'humérale.— Porta, Dcllc alterazioni patologichc dcllc artcrie. Ui\ano, 18!i5, m-fol., p. 33,.23f| et 376, et Tav. IX, fig. 3). L'observation est disséminée par fragmcnis dans le corps de l'ouvrage ; le malade mourut le soixante-cinquième jour, et l'éliulc de la planche 1\ permet de croire qu'après avoir infructueusement lié l'humérale, M. PorUi avait opéré l'anévrysme suivant la méthode ancienne. — Cas de IIougson, dans Malad. des art. et des veines, tr. fr., T. I, p. 362 (anév. poplité; lig. Je la féinornlc ; de Irès-Iégers battements persistent çl disparaissent le lendemain )»

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