PÉRIODE IRLANDAISE. — ROBERT HOEY
Ïde MM. Hutton, Cusack et Bellingham furent communiquées à la Société chirurgicale d'Irlande. Une importante discussion s'ensuivit; les faits tirés de la pratique de ïodd furent rappelés, et l'on peut dire que, depuis ce jour, le traitement des anévrysmes par la compression indirecte a définitivement prévalu à Dublin. La grande fréquence des anévrysmes en Irlande fournit des occasions multipliées d'appliquer cette précieuse méthode. En quelques années, il y eut un nombre imposant de succès, qui ne furent pendant longtemps contre-balancés par aucun revers. La compression indirecte triompha donc, en Irlande du moins, sans coup férir. 11 n'y eut aucune résistance, et, si l'on discuta, ce ne fut pas sur la valeur de la méthode, ce fut sur la question de priorité. Je m'efforcerai tout à l'heure de faire à cet égard , la part de chacun ; mais je dois parler auparavant des modifications importantes qui s'introduisirent bientôt soit dans la pratique, soit ■ dans les doctrines des chirurgiens irlandais.
La relation des trois premiers succès avait été faite à la Société > chirurgicale d'Irlande le 22 avril 1843, et le 3 mai suivant , le Dublin Médical Press en avait rendu compte. Quelques jours à peine : s'étaient écoulés depuis cette époque, lorsqu'un charpentier, ! nommé Robert Hoey , entra à Jarvis-Street Hospital , le 9 mai 18Zi3, 1 pom^ y être traité d'un anévrysme poplité dont la présence avait ( été reconnue un mois auparavant.
i42^ Observation (Harrison et Robert Hoey) (1). — Anévrysme poplité.— Invention du clamp. — Compression double et alternative. — Guérison.
Le cas était favorable pour l'emploi de la compression , et M. Harrison , •chirurgien du service , n'hésita f)as à faire profiler son malade des bienfaits Ide la nouvelle méthode. Malheureusement, — peut-être faut-il dire heureuseiment , — les résultats furent loin de répondre à son attente. La compression, 1 poussée jusqu'au point d'arrêter les battements , ne put jamais être tolérée iplus d'une heure de suite. Il fallait sans cesse relâcher le tourniquet pour le •serrer de nouveau quelques minutes plus tard. Obligé de manier lui-même *3on appareil , le malade , qui était du reste fort intelligent , reçut des insftructions précises auxquelles il se conforma inutilement. Le dix'ième jour, une érosion des téguments parut sous la pelote , qui jusqu'alors avait été constamment placée au niveau de l'aine : pour sauvegarder la peau , il fallut
(J) Dublin Quarlerly Journal, im, vol. ]l, p. 121.
appliquer l'appareil à quatre pouces plus bas environ. Malgré cela , la tumeur s'accrut pendant les quatre jours suivants ; l'état général du malade s'altéra. M. Harrison prit le parti de consulter ses collègues , et il fut décidé qu'on lierait le lendemain l'artère fémorale.
Le résultat fourni jusqu'alors par la compression indirecte était fort peu encourageant , et cet échec , survenu dès le début de la méthode , en eût peut-être compromis la viabilité ; mais il advint qu'au jour fixé pour l'opération, le malade allait un peu mieux; on renonça à la ligature; on reprit la compression ; l'r.névrysme ne s'améliora point. On crut que cela dépendait de l'appareil. On le changea. On appliqua un instrument assez compliqué imaginé en 1826 par M. L'Estrange pour comprimer la fémorale sur le pubis pendant la désari iculation coxo-fémorale (fig .24), instrument bien moins gênant , mais eu 2£, revanche bien moins précis que celui de
M. Cramplon.
Tourniquet de L'Estrange. . , . ,
Trente-Cinq jours s écoulèrent encore
sans résultat. Le 4 juillet , après des tentatives qui avaient duré près de deux mois , la tumeur ne présentait aucune tendance à la guérison ; le chirurgien était découragé, et le malade, qui avait son idée, demanda sa sortie et l'obtint sans difficulté.
Rentré chez lui , Robert Hoey réfléchit sur son anévrysme , sur les phénomènes de la compression , et sur les inconvénients qu'il avait eu à subir.
Il commença par imaginer un instrument fort simple construit sur le même principe que l'étau des charpentiers. Il le construisit lui-même , et lui donna toute la précision désirable. Cet instrument , généralement connu aujourd'hui sous le nom de clamp , ce qui veut dire étau, n'était pas: aussi nouveau qu'on a bien voulu le dire. Il nei différait guère du compresseur de Dupuytren , ni des instruments employés par Dubois et par; Rschards ; il ressemblait surtout beaucoup aui' tourniquet anesthésique de James Moorc (com-i ^'S- 25. parez la fig. 25 avec la fiy. 18, p. 694). En touli
Clamp de Boberi Hoey. cas, Robert Hoey, le charpentier, ne peut être accusé de plagiat, et l'on ne saurait lui faire un reproche de son ignorance bibliographique. Il no fit d'ailleurs que transporter dans l'arsenal chi-
PÉRIODE IRLANDAISE, — • RORERT HOEY. 733 rurgieal un instrument dos longtemps usité dans sa profession. Par sa simplicité, sa légèreté , sa précision , par la facilité avec laquelle on pouvait, suivant les besoins, l'appliquer successivement sur les divers points de l'artère fémorale , le clamp était évidemment supérieur aux appareils usités jusqu'alors en Irlande. 11 avait de plus l'avantage, et l'avantage très-grand, de pouvoir servir indistinctement pour tous les malades , pour le côté droit , comme pour le côté gauche, tandis que les autres appareils demandaient presque tous à être modiûés pour pouvoir s'adapter aux formes particulières de chaque individu. En faisant connaître cet utile instrument , Robert Hoey rendit donc un véritable service; mais il lui était réservé de rendre un service plus grand encore; il lui était réservé de laisser à la science autre chose qu'un instrument. Vaguement éclairé par les renseignements que son chirurgien lui avait" fournis, et pressé par le désir de guérir sans affronter les douleurs et les dangers de la ligature , cet intelligent ouvrier découvrit le principe de la compression double et alternative de l'artère , exécutée avec deux instruments distincts.
Il construisit donc deux clamps et les appliqua lui-même sur sa cuisse à deux hauteurs différentes. Le supérieur fut placé à trois pouces au-dessous du ligament de Poupart, et l'inférieur au milieu de la cuisse. Chacun d'eux [pouvait être changé de place quand le point comprimé devenait douloureux. IDès que la pression exercée avec l'un des instruments était trop pénible , ce qui arrivait environ au bout d'une heure , le malade serrait le second clamp :et relâchait le premier. En alternant ainsi , il réussit , chose impossible pour lui auparavant, à maîtriser sans interruption le cours du sang. Uneguérison ;complète , dont la chirurgie ofTicielle avait dû désespérer, fut la récompense ide ses ingénieux efforts ('!).
Le charpentier Robert Hoey, personnage très-authentique, que ■la plupart des chirurgiens de Dubhn ont pu voir et interroger depuis sa guérison, présente plus d'une analogie avec le serrurier .apocryphe qui, au dire de Boyer, aurait inventé et le tourniquet id'Eschards, inslrument si analogue au clamp, et sans doute aussi Ja méthode compressive tout entière. Singulière coïncidence entre lune fable ancienne et une réalité récente! Il y a ceci d'étrange dans l'histoire de la compression appliquée au traitement des anévrj-smes, qu'un premier malade, l'abbé Bourdelot, cet agréable morant, comme disait la reine Christine, imagina pour luimême, au xvip siècle, une machine compressive devenue célèbre •sous le nom ponton, et réussit ainsi à se guérir par la com-
(1) Dublin Quaricrty Journal, mii, vol. H, p. lîl.
73ft COMPRESSION INDIRECTE.
pression directe, d'un anévrysmc traumatique du coude (1) ; qu'un second malade , celui de Lassus, inventa, de lui-môme et pour lui-même, la méthode delà compression indirecte, à laquelle il dut la guérison d'un énorme anévrysme poplité, guérison constatée, en 1789, par Lassus et par ses collègues de l'École de médecine (2); et qu'un troisième malade, Robert Hoey, fabriqua le clamp et découvrit le principe de la compression double et alternative !
Disons enfin , par anticipation, qu'un quatrième malade, qu'un commissionnaire nommé Donohue, devait douze ans plus tard imaginer la compression digitale, et se guérir ainsi d'un anévrysme poplité à l'insu de son chirurgien (3).
Pour être juste, il faut dire que tout le monde n'a pas raconté de la même manière l'histoire de Robert Hoey. Jusqu'ici j'ai suivi la version de Xénophon : il y a encore la version d'Hérodote.
M. Bellingham, qui a quelque prétention à la priorité de la plupart des idées sur lesquelles repose actuellement la méthode de la compression indirecte, conteste que Robert Hoey ait eu recours à l'application simultanée de deux appareils de compression. Il se base sur un passage fort court du compte rendu de British Association. L'histoire du charpentier l'ut présentée à cette Société au mois d'août 1843 , très-peu de temps après la guérison, et le procès-verbal de la séance ne fit pas mention dés deux clamps (i). Ce procès-verbal, très-écourté, annonçait simplement, en trois lignes, que, le tourniquet de l'Estrange étant devenu insupportable , on avait apphqué une sorte de clamp inventé par le malade, et que la guérison s'en était suivie. Or^ il est clair qu'une narration aussi abrégée devait être nécessairement fort incomplète, et que c'était abuser de l'interprétation, de nier tous les détails qui ne s'y trouvaient pas. D'un autre côté, M. Wilde, à qui j'ai emprunté l'observalion, rédacteur très-sérieux d'un des recueils médicaux les. plus estimés, avait vu Robert Hoey; il l'avait examiné et inter-, rogé avec soin. Comment croire qu'il eût osé inventer, à propos
(1) Voy. plus haut, p. 272.
(2) Voy. plus haut, p. 679, observ. 25. (S) Foy. plus loin, § V, observ. ft9.
(U) Procceclings of llie Médical Seriion of Briiish Association for tlie year 1843. — Bf.li.ingiiam. Obs. on Anevrism, clc. Lonil,, 18'i7, ii)-12, p. 70 anci 95,
PÉRIODE IRLANDAISE. — BELLINGHAIW. 735
d'un fait rëcent et notoire, une fable si facile ù réfuter? La réfutntion indirecte donnée par M. Bellingham prouve qu'il n'avait pas jugé convenable de prendre sur ce point des informations directes, ce qui eût beaucoup mieux valu. Mais à quoi bon discuter plus longtemps k\-dessus ? Laissons M. Wilde réclamer pour Robert Hoey, qui s'en inquiète sans doute assez peu, et M. Bellingham réclamer pour lui-môme, une idée acquise à la science ilepuis 1825, idée logiquement déduite alors de la physiologie pa- Ihologiqne des anévrysmes, et développée avec tant de détails dans la thèse de Guillier Latouche. Le procédé en question ne portera dans l'histoire ni le nom de M. Bellingham, ni celui de son pays; et le seul nom qui lui convienne, ainsi que je l'ai déjà prouvé, est celui de procédé de Belmas. Mais reprenons notre narration , interrompue par cette discuslon oiseuse. Une année entière s'écoula sans que les chirurgiens irlandais eussent l'occasion de faire de nouvelles tentatives et ■ d'obtenir de nouveaux succès; mais déjà leur méthode avait I trouvé, à Londres, un partisan des plus influents dans la per- : sonne de Liston. Ce chirurgien célèbre avait traité et guéri, (dans son service à University Collège Hospital, au mois de juilllet 1843 et au mois de janvier 1844, deux malades atteints l'un et ll'autre d'anévrysme de l'artère fémorale. Sur le premier malade, lia compression avait duré cinquante-six jours; sur le deuxième , Iles choses avaient marché un peu moins lentement, mais il s'était [produit des eschares sous les pelotes et les contre-pelotes (1). (Quoi qu'il en soit, la méthode compressive comptait deux succès ide plus, ce qui faisait six succès consécutifs depuis sa résurrection ; elle se présentait, par conséquent, sous les auspices les plus ■favorables. Mais pour quiconque analysait ces six observations et les confrontait entre elles, il devenait évident que les chirurgiens lavaient agi pour ainsi dire au hasard , sans doctrine fixe , en procédant par tâtonnements. En un mot, le traitement avait été jusqu'alors plus empirique que scientifique. Pour assurer l'avenir ide la méthode , il fallait qu'un homme , à la fois de science et de :pratique, se chargeât de comparer les procédés ; de choisir, parmi
{11 The Lancei, mz-im , vol. I, p. 105. - Tlic Lancct , ISftft , vol. I, p. 1k. Cette seconde lobacrvalion est très-défectiieusc.
les idées émises jusqu'alors, celles qui étaient conformes à la vérité- de les grouper, de les coordonner, et d'en l'aire une doctrine régulière. Cet homme, je suis heureux de le reconnaître, ce fut M. Bellingham.
Déjà, en 18ii3, en publiant l'observation de James Hayden, sou premier malade, M. Bellingham avait cru devoir ajouter de courtes réflexions sur le mode d'action de la compression indirecte (1). Quelques recherches historiques, très-incomplètes encore, lui avaient appris, chose jusqu'alors fort peu soupçonnée en Irlande, que cette méthode thérapeutique avait, depuis longtemps déjà , pris naissance sur le continent, qu'elle y avait donné des succès, mais que, le plus souvent, elle y était demeurée inefficace. Cherchant la cause de ces nombreux revers, il crut reconnaître que ses prédécesseurs, ceux du moins dont il avait consulté les puhlications, avaient appliqué les appareils compressifs d'une manière vicieuse, avec l'intention de supprimer totalement le passage du sang dans l'artère. Les vives douleurs, les érosions de la peau, les eschares et autres accidents qui avaient si souvent découragé les malades et les chirurgiens, lui parurent susceptibles d'être évités ou du moins atténués à l'avenir, à la condition de comprimer l'artère avec moins de force. La simple diminution de l'énergie du courant sanguin dans l'anévrysme devait suffire pour y provoquer le dépôt graduel de la fibrine jusqu'à complète oblitération du sac, et M. Bellingham se demanda même si cette compression partielle, qui avait déjà sur la compression totale l'avantage d'être moins douloureuse et moins dangereuse , n'avait pas, en outre , l'avantage d'être plus certaine et plus rapide dans ses résultats (2).
Ce fut seulement au mois de juin 1844 que M. Bellingham eut l'occasion d'appliquer les principes auxquels l'avait conduit l'analyse raisonnée des faits parvenus à sa connaissance.
43*^ Obsiiuvation ( Bellitii^ham) (3), — Anévnjsine poplilé. — Invention du poids compresseur. — Compression double et alternative. — Guérison très-prompte. - Le nommé James Hayden, ce môme malade que M. Bellingham avait
(1) Dul)lin Journal of Med. Science, july ISftS , vol. XXIII , p. /i60.
^2) Dublin Joui mil of Med. Science , vol. XXIII, p. (iG5.
(3) DuOlin Journal of Med. Science, vol. XXVI, p. 2'i8, nov. 18W.
PÉRIODE IRLANDATSL-.— BELLINGHAM. " 737 guéri, quinze mois auparavant, d'un anévrysme du jarret droit, rentra à Saint Vincent's Hospital le 20 juin 1844, pour un nouvel anévrysme développé sur le tiers inférieur de l'artère fémorale gauche. La compression fut exercée d'abord sur le pli de l'aine , à l'aide de l'appareil de M. Crampton. On serrait et on relâchait alternativement la vis pour soulager le malade. Le troisième jour la vis se dérangea. C'était un dimanche : les ateliers étaient fermés , et il fallut imaginer un autre moyen compressif pour ne pas perdre le bénéfice obtenu pendant les jours précédents. M. Beliingham plaça sur l'artère , au pli de l'aine, la pelote d'un tourniquet ordinaire, et fit reposer sur cette pelote un poids de quatre livres. Le malade , couché sur le dos, maintenait lui-même ce poids pour l'empêcher de glisser, et, au besoin , il y joignait une pression légère exercée avec ses propres mains. Le lendemain on substitua un poids de sept livres au poids de quatre livres; ce poids fut suspendu à une corde attachée au ciel du lit. Le malade, dont les mains étaient ainsi devenues libres, fut très-salisfait de cet appareil fort simple, et le trouva bien préférable à celui qu'on avait employé jusqu'alors. Telle fut l'origine du poids compresseur qui a , depuis lors, été souvent mis en usage.
Les jours suivants, il y eut quelque amélioration; mais la cure marchait fort lentement, parce que le poids se dérangeait souvent pendant que le malade dormait. Le lo juillet on appliqua au-dessous de l'aine un clamp construit sur le modèle de celui de Robert Hoey ; mais on fut souvent obligé de relâcher cet instrument et de revenir à l'usage du poids compresseur.
Enfin, le 8 août (1), on se décida à appliquer la compression double et alternative. Le premier clamp étant mis en place , un second clamp, construit sur un plus grand modèle, vint comprimer l'artère sur le pubis. Les deux vis^ devaient être alternativement serrées et relâchées. Cette raanœuvie fui commencée à trois heures de l'après-midi. A minuit, c'est-à-dire au bout de neuf heures seulement, le malade ayant relâché les deux vis à la fois , reconnut avec joie que les pulsations avaient cessé. Le lendemain, à la visite , on constata bien nettement cet heureux résultat. Les battements ne reparurent plus, la guérison fut définitive, et il fut bien démontré que , là où la compression simple, continuée pendant quarante-trois jours, n'avait obtenu qu'une amélioration légère, il avait suffi d'appliquer pendant neuf heures la com. pression double pour oblitérer complètement la tumeur anévrysmale.
La supériorité de la compression double et alternative fut ainsi mise en évidence, et, depuis lors, M. Beliingham s'en déclara
«il'rl;Llr;.Î."r"Vr""' '""^^''"Ûlî.nai. cVst une fau.e .ri„„„.ossion , .h.i r,u«
ïiCS • i;;-. ^^r' t ''"^'"•^""' ^« ^'^-«^
«JourTnL - '="-;;"Iuelques personnes c,ue la gnorison n'avail, 0<é ohicnue qnc jours nprf's l'application do la double compression. ;
738 COMPRKSSION INDIRECTE, i
partisan pour tous les cas où la situation de l'anévrysme permet- ! tait de placer deux appareils entre la tumeur et la racine du J membre. i
Cette importante observation, jointe à de nouvelles études his- ; toriques, permit à M. Bellingham d'arriver à une théorie fort claire / et réellement satisfaisante sur le mode d'action de la compression i indirecte, sur les indications qu'elle était appelée à remplir et sur ■ la physiologie pathologique des anévrysmes traités de la sorte. Plusieurs discussions qu'il soutint avec succès devant la Société chirurgicale d'Irlande , plusieurs articles insérés par lui dans les ; journaux de médecine de Dubhn, et couronnés par la publication i dé son important ouvrage sur le traitement des anévrysmes par • la compression, firent définitivement pénétrer dans l'esprit de tous ceux qui voulurent se donner la peine d'étudier la question, , une doctrine fort simple , propre à guider désormais les chirur- giens dans l'appUcation de la compression indirecte, et à leur' éviter les tâtonnements et les fausses manœuvres, qui avaient sii souvent, jusqu'alors, compromis le succès de la méthode. Faire' triompher la vérité, la mettre à la portée de tout le monde, l'en-tourer de preuves saisissantes, assurer en un mot la stabilité d'un: progrès important, ce sont là des titres réels à la reconnaissance des hommes. Ces titres, M. BeUingham les possède incontestablement, et son nom restera toujours attaché à l'histoire du traitement des anévrysmes. Pourquoi faut-il qu'il ait gâté une si belle cause, en refusant à ses prédécesseurs l'hommage dû à leurs efforts et leurs découvertes?
Déjà le rédacteur du Dublin Quarterlij Journal (1) lui a repro-ché amèrement d'avoir méconnu la portée des travaux de Todd. Ces reproches étaient fondés; mais combien ils seraient devenus ^ phis graves, si le contradicteur de M. Bellingham eût fait abstrac- ^ tion du sentiment national , et eût interrogé l'histoire de la cbi- ^ rurgie étrangère ! Pour nous , qui avons suivi pas à pas l'origine ' et le développement des idées sur lesquelles repose aujourd'hui la méthode compressive, nous ne pouvons accorder à M. Bellingham d'autre invention que celle d'un appareil d'assez médiocre' importance : nous voulons parler du poids compresseur. Briiclcnei',:
(1) Dublin Quarierly Journal, vol. Il, p. 108.