C.OMPUF.SSION INDIUFXTE
iG" OuSERVATiON (Boycf) ('!). — Anévrysme poplHé. — Compression de la fémorale. — Eschare sous la pelote. — L'arlère est ouverte à la chute de V eschare. — TIémorrhagie. — Mort.
Vers ISII, un homme atteint d'anévrysme poplité entra à la Charité. Sachant qu'on pouvait le guérir par la compression , il refusa de se laisser opérer par l'ouverture du sac. On appliqua un instrument à pelote au-dessous de la partie moyenne de la cuisse. La peau s'enflamma légèrement. On déplaça l'appareil pour le mettre un peu plus haut : même accident. Alors on appliqua la compression au sommet du triangle inguinal. Une eschare se forma en ce point. « Cette eschare comprenait , outre la peau et les parties a immédiatement subjacentes, la paroi antérieure de l'artère crurale. Au « moment où elle se détacha , une hémorrhagie que nous avions prévue eut « lieu. Il fallut faire la ligature là où l'artère était ouverte. » La ligature fut assez difBcile à cause de l'état des parties. Une hémorrhagie consécutive se manifesta, et le malade mourut.
Je laisse à deviner avec quelle véhémence on avait dû comprimer pom' produire, au sommet du triangle inguinal, une eschare pénétrant jusqu'à l'artère fémorale inclusivement. Malgré cette manœuvre imprudente, la compression ne réussit même pas à faire oblitérer le vaisseau. Il est clair, par conséquent, qu'une pelote bien appliquée doit respecter la perméabiUté de l'artère; c'est ce que démontrent toutes les autopsies, et l'examen fait pendant la vie sm- une multitude de malades. Cette circonstance précieuse permet de rendre au cours du sang toute sa force au moment où le caillot de l'anévrysme se prolonge dans l'artère adjacente et en détermine l'oblitération. Elle diminue à tel point les . chances de la gangrène, que sur ilk malades chez lesquels l'obli-tération des anévrysmes a été obtenue par la seule compression i {voy. le 2-= tableau), la gangrène n'a eu lieu que deux fois (n" 10 1 et n" 26). On peut dire que cet accident est aussi rare ici qu'à lai suite des guérisons spontanées naturelles.
Non-seulement l'artère comprimée reste perméable, mais encore ' ses parois gardent toute leur intégrité. Ainsi s'évanouissent di-verses objections théoriques qu'on avait d'abord dirigées contre i la compression indirecte. On disait que l'action des pelotes devait* modifier les tuniques artérielles , les rendre friables et impropres -i à supporter la ligature ultérieure devenue nécessaire lorsque la;
(1) Roax. Nouveaux éléments de méd. opératoire. Paris, J813, in-8°, T. 1 , 2" par,, p. 717.