SIGNES DE LA PIILÉBARTÉRTE SIMPLE
bres anectés de phlébarlérie. J'ai fait cette remarque pour la première fois chez un homme d'environ 35 ans, atteint depuis dix ans de varice anévrysmale consécutive à une saignée malheureuse. Les poils de l'avant-bras étaient plus gros, plus bruns, et notablement plus longs que sur le membre sain. Tout récemment, M. Chassaignac a montré à la Société de chirurgie un malade qui avait déjà été présenté à la môme Société, 11 a huit ans, par M. Follin. La phlébartérie existait entre l'artère humérale et l'une des veines humérales profondes , et il n'y avait pas de varices superficielles. La circulation veineuse de la peau était par conséquent moins profondément troublée que dans les cas ordinaires, et cependant je fis remarquer à plusieurs de mes collègues, que les poils de l'avant-bras étaient plus longs du côté malade que du côté sain.
Le frémissement vibratoire, le souffle continu-saccadé et la dilatation des veines sont les trois principaux caractères de la phlébartérie. Il y en a trois autres sur lesquels j'insisterai moins longuement.
C'est d'abord la pulsation des veines qui existe constamment au niveau de l'orifice et qui se prolonge à quelque distance audessus et au-dessous de ce point. Cette pulsation ne s'étend jamais bien loin.
William Hunter a indiqué un cinquième caractère qui est moins constant que les autres : c'est l'affaiblissement des battements dans les artères situées au-dessous de la blessure (1). Ces artères en efl'et ne reçoivent plus qu'une partie du sang qui leur est normalement destiné , à cause de la dérivalion qui s'effectue par l'ouverlui-e artério-veineuse. Il semble que ce résultat devrait se manifester constamment; néanmoins il peut manquer. Il paraît même qu'on a constaté quelquefois un phénomène inverse. Il est probable qu'alors les conditions nouvelles où l'artère blessée se trouve placée , y déterminent un afflux sanguin supérieur ù la quantité de sang qui trouve accès dans les veines.
Cette dernière circonstance rend compte du sixième et dernier caractère de la phlébartérie, caractère qui est à peu près constant lorsque l'aiïection est un peu ancienne. Je veux parler de la dila-
U) McdicHlObserv. and lnquivies, vol. H, p. 'lOI. Loiidon, 1702, iii-S».
tation de l'artère au-dessus de la blessure. Cette dilatation, qui remonte quelquefois très-haut, est assez prononcée pour qu'on puisse la reconnaître à travers les téguments. Elle s'accompagne d'un amincissement proportionnel des parois artérielles , et quelquefois d'un allongement manifeste du vaisseau qui décrit des flexuosités plus ou moins prononcées. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que cette ampliation da tronc de l'artère n'atteint pas les collatérales qui en naissent; ceUes-ci sont même quelquefois plus étroites qu'à l'état normal.
Quelle est la cause de ces modifications que subit l'artère audessus de l'orifice de communication ? Elle est à la fois physique et vitale. On sait que dans tout appareil hydraulique , le liquide se dirige sans cesse vers le point où la pression est diminuée. L'ouverture artério-veineuse diminue évidemment la pression, et par conséquent le sang artériel afflue vers ce point. L'action de la circulation se trouve donc accrue dans la partie de l'artère qui est située au-dessus de l'orifice. Or la physiologie nous enseigne que le calibre des vaisseaux, toutes choses égales d'ailleurs, tend à se mettre en harmonie avec la quantité de sang qui les traverse. Voilà pourquoi l'artère se dilate au-dessus de la blessure. Cette dilatation n'est pas le résultat d'une action mécanique , comme celle qui se manifeste sur les collatérales lorsque le tronc principal est obUtéré ; elle est due à une action vitale comparable à celle qui fait dilater les vaisseaux d'un utérus gravide , ou d'une tumeur qui s'accroît.
Les signes que je viens de décrire se manifestent avec plus ou moins de nctlcLé toutes les fois qu'une artère communique avec une veine. Lorsqu'ils existent seuls, et qu'il n'y a pas de tmueur circonscrite, l'affection, réduite à sa plus grande simplicité, porte le nom de varice anévrysmale.
Dans Vanévrysme variqueux on constate les mêmes symptômes , mais il y a de plus une tumeur dont je dois maintenant indiquer les caractères.
Cette tumeur se forme ordinairement très-peu de temps après la blessure; elle s'accroît pendant quelques jours et prend bientôt le volume d'une noisette ou d'une petite noix. Arrivée à ce point, elle est trôs-circonscrite, molle, parfaitement réductible, et se comporte comme les anévrysmes artériels lorsqu'on exerce une