‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 50 sur 184 · EXTIRPATION · texte numérisé non relu

EXTIRPATION

On a vu plus haut que quelques chirurgiens anciens avaient tenté d'extirper les anévrysmes, et qu'Antyllus avait blâmé cette opération. La méthode de l'extirpation était donc complètement abandonnée et oubliée lorsque Purmann, au xvip siècle, l'imagina de nouveau et lui domia son nom.

Ayant à traiter un anévrysme traumatique du pli du coude dont le volume égalait celui d'une tête d'adulte, Purmann incisa la peau longitudinalement, mit à nu toute la tumeur, chercha et isola l'artère, la lia en deux points, la coupa au-dessus et au-dessous de l'anévrysme, et termina l'opération en extirpant le sac sans l'ouvrir. Un mois après, la malade était guérie (1).

M. Chapel, chirurgien de l'hôpital de Saint-Malo, a communiqué en 1854, à la Société de chirurgie, une observation qui présente quelque analogie avec la précédente. Un jeune homme fut saigné par une bonne Sœur de Saint- Vincent de Paul, qui lui ouvrit l'artère humérale : il survint un anévrysme. Deux ans après, un chirurgien ambulant lia l'artère au milieu du bras : la tumeur, grosse

unTlafcIT"' Franckfurt und Lciprg, 1699, iu-/,", Theil III, s. 612,

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alors comme un œuf de poule, diminua d'abord, mais récidiva bientôt et revint à son premier volume. Au bout de sept ans, elle flt de nouveaux progrès, acquit un volume énorme {'6k cent, de circonférence sur 11 cent, de hauteur), s'enflamma et commença à s'ulcérer. M. Chapel se décida alors à extirper cette tumeur, qui était fort dure et qui renfermait d'épaisses couches de librine. Le malade guérit, mais conserva une cicatrice qui gênait les mouvements d'extension de l'avant-bras (1).

Ces deux cas sont les seuls où la méthode de Pm^mann ait été appliquée avec connaissance de cause ; mais il est arrivé plusieurs ibis qu'une erreur de diagnostic a conduit les chirurgiens à entreprendre l'ablation d'une tumeur anévrysmale. Ce fut ainsi que M. Hoefnagel extirpa un petit anévrysme de l'artère coronaire labiale (2). On lit dans la Thèse d'E. ArnouU que Roux enleva en 1817, à l'hôpital de la Charité, une cnoriiie tumeur, dure, sans pulsations, ovoïde, étendue depuis l'aisselle jusqu'au pli du coude. Il se trouva que cette tumeur était un anévrysme durci par des dépôts fibrineux abondants (3). Une erreur semblable fut commise en 18^5, h l'hôpital Saint-Louis, par M. Philippe Boyer. Un anévrysme poplité oblitéré par des caillots actifs fut pris pour un squirrhe et enlevé comme tel (M- Ce fut également par suite d'une erreur de diagnostic que M. Heyfelder entreprit l'extirpation d'un volumineux anévrysme de l'une des artères intercostales. L'opération ne fut pas terminée, et le malade mourut le treizième jour (5).

L'erreur fut moins préjudiciable dans un cas de M. Edwm Canton. Une tumeur douteuse de la cuisse fut mise à nu par une incision, et on reconnut ainsi que c'était un anévrysme de l'une des artères du muscle couturier. Le chirurgien disséqua le sac , isola l'artère, la lia près de son origine à la fémorale, et termina l'opération en excisant l'anévrysme (6). Enfin , on a déjà vu que

(1) Bulletins de la Soc. de cliinirgic, T. V, p. ICO. Paris, 1S55, in-S". M. Chapel, se basant s:,nsdoule sur l'existence <lu fré.nisscmcnl vibralohe , a présen.é ce fait comme un exemple (l'anévrysme aitério-veincux. Mais Je pense, comme JIM. f.i.aUlès et J. Cloquet {lor. ni., p. 108},(|iril s'agissait simplement d'un anévrysme arléiicl.

(7.) Ifiillctiii de tliùrapeiitiqiie, im , T. XXXVI , p. (t'I.

(3) ÉMILE AUNOULT. Tli. iium. Paris, 1820, p. 25.

(/.) DESTOUCIIES. CoMidcralioM s»r «»(■<(•., elc, 1 1». Miauj. Paus, 185- , n M, p.-!/.

(5) Voy. plus liant, p. 132, en note.

(6) Union médicale, 18!i8 , p. S50.

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des anëvrysmes complélemenl f'udris onl plusieurs fois été pris pour des tumeurs fibreuses ou caiicdrcuses, et traités comme tels par l'extirpation ou par l'amputation (1).

En réalité, nous n'avons, pour juger la méthode de Purmann, que le fait de M. Cliapel et celui de Purmann lui-même. Quoique, dans les deux cas, l'issue ail été favorable, l'extirpation me semble plus grave et plus difficile à exécuter que l'ouverture du sac, qui est elle-même inférieure i\ la plupart des autres métiiodes.

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