‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 65 sur 184 · COAGULATION IMMÉDIATE · texte numérisé non relu

COAGULATION IMMÉDIATE

guetta, il est bien certain que la galvano-pimcture est susceptible de produire la coagulation du sang. Gela est démontré non-seulement par les observations recueillies sur l'homme, mais encore par les expériences directes faites sur les animaux. Hâtons-nous d'ajouter, cependant, que la circonstance d'un liquide qui se renouvelle, et qui est encore soumis aux lois de la vie, rend le problème beaucoup plus compliqué qu'on n'a paru le croire.

L'analyse des observations démontre que la galvano-puncture agit de deux manières sur les anévrysmes, et cette proposition trouverait, s'il en était besoin, une nouvelle confirmation dans l'étude des varices traitées par la même méthode.

Tantôt, en effet, l'anévrysme se solidifie instantanément pendant la durée du courant galvanique : au moment où on retire les aiguilles , on reconnaît que la tumeur est ferme, irréductible et privée de battements. Ce résultat est le plus désirable, mais il ne se présente guère que lorsque l'anévrysme est peu volumineux.

Tantôt , au contraire , la galvano-puncture n'a aucun effet immédiat et se borne à rendre la tumeur un peu plus solide sans lui enlever les caractères propres aux anévrysmes. C'est seulement au bout d'un ou plusieurs jours que le sac se remplit d'une masse solide et que les pulsations s'arrêtent.

Dans le premier cas, l'oblitération est due à l'action coagulante de l'électricité; dans le deuxième cas, elle dépend de l'inflammation que l'électricité a provoquée. J'aurai donc à étudier successivement la coagulation immédiate et la coagulation consécutive du sang dans les anévrysmes traités par la galvano-puncture.

1° Coagulation immédiate. Tous ceux qui ont fait des expériences sur l'albumine ou sur le sang retiré des vaisseaux ont été frappés de la ténuité du coagulum qui se forme autour de chaque aiguille; aussi M. Pétrequin a-t-il conseillé de changer souvent la direction des aiguilles et celle des courants , afin de multiplier les sources du caillotT II espère qu'en agissant ainsi , les noyaux solides formés en divers sens et en plusieurs points finiront par se confondre en un coagulum commun (1). M. Ciniselli ne partage pas cette opinion ; il pense que le courant électrique se borne à faire déposer dans le sac un fikment fibrineux qui s'é-

(1) Journal de Malgaigiie, ISùO , T. IV, [p. J|6.

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tend de l'aiguille positive à l'aiguille négative; il en conclut qu'il faut introduire plusieurs aiguilles et alterner la direction des courants , afin d'obtenir plusieurs filaments fibrineux entre- croisés, propres à interrompre le mouvement de l'ondée sanguine et à favoriser la coagulation (1). Ces filaments fibrineux , acceptés depuis par M. Pétrequin, sont entièrement hypothétiques. Personne ne les a vus, et je me demande sur quoi M. Giniselli se base pour en admettre l'existence. .^j.vm

On peut même dire, d'une manière générale, que la galvanopuncture ne réussit pas à séparer la fibrine des autres éléments du sang. La masse solide qui se dépose autour des aiguilles, chez les animaux soumis à cette méthode, est rouge ou noirâtre, trèsfragile, et ressemble beaucoup aux caillots passifs ordinaires. C'est ce que j'ai toujours vU, et ce que tout le monde a vu, à l'exception de M. Abeille. Ce chirurgien a trouvé sm^ des chiens , 2L\. ou hS heures après la séance galvanique, un caillot solide formé de couches concentriques et adhérant aux parois vasculaires. La coagulation avait été instantanée, et devait par conséquent être attribuée à la seule influence de l'électricité (1). Ces expériences demandent à être contrôlées par de nouveaux essais. Mais tout le monde sait combien le sang du chien diffère de celui de l'homme sous le rapport ■ de la plasticité. Puis les conditions ne sont pas les mêmes dans une artère et dans une poche anévrysmale. Enfin, l'étude des efi;ets produits par la galvano-puncture sur les anévrysmes et même sur les varices prouve que l'électricité n'agit pas eu faisant précipiter la fibrine du sang sous forme de caillots actifs.

Ce qui distingue les caillots actifs , c'est leur fermeté, leur disposition lamellée , leur permanence , leur prompte rétractilité , leur innocuité complète. Le caillot galvanique ~ qu'on me passe ce néologisme dont je montrerai plus loin l'utilité — le caillot galvanique, dis-je, ne possède aucune de ces propriétés. Trèssouvent il se laisse dissocier et entraîner en quelques heures par le courant sanguin ; lorsqu'il persiste, il donne fréquemment lieu à l'inflammation consécutive, à la suppuration, à la gangrène; enfin lorsqu'une cause quelconque permet de le soumettre à une étude

[1) 'Loc. cit. , T. IV , p. 149.

(2) 4rçMves ginèrales de miUccine, sér. IV, |849 , T. XX, p, J(92-3,

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