‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 70 sur 184 · COAGULATION CONSÉCUTIVE · texte numérisé non relu

COAGULATION CONSÉCUTIVE

valent la clinique, que la coagulation avait élé plus considérable au niveau de l'aiguille — qu'au niveau des aiguilles +. Je me garde bien d'en conclure que le pôle négatif ait une action plus coagulante que le pôle opposé : toute l'électricité dégagée par le pôle — s'écoulait par une seule pointe ; l'électricité du pôle + se disséminait au contraire entre trois aiguilles ; et si l'action triple du pôle — n'a donné qu'un résultat double , l'avantage reste encore du côté du pôle positif. Mais ce que je tiens à constater, c'est que , en l'absence de toute coagulation albumineuse , il se forme autour de l'aiguille négative un caillot sanguin qui ne peut être attribué qu'à la solidification de la fibrine.

S'il n'en était pas ainsi; si la coagulation galvanique était due uniquement, comme les expériences de laboratoire semblent le démontrer, à l'acide qui se porte vers l'aiguille positive , la galvano-puncture n'aurait véritablement aucune raison d'être. Il serait à la fois plus simple, plus sage et plus sûr, d'introduire dans la poche anévrysmale , à travers un tube capillaire , quelques gouttelettes d'un acide concentré.

J'insiste sur ces détails, qui peuvent sembler minutieux ; mais if m'a paru utile de démontrer que le caillot galvanique diffère moins qu'on n'a pu le croire des caillots passifs ordinaires. Dès maintenant, par conséquent, nous pouvons assimiler la galvanopuncture aux méthodes qui oblitèrent les anévrysmes à la faveur d'une coagulation passive. Il m'a paru utile aussi d'établir que l'état du sang des divers individus exerce une influence considérable sur les résultats de la galvanisation , et enfin que la coagulation ne s'effectue pas exclusivement autour de l'aiguille positive, ainsi que tendraient à le faire croire les expériences insuffisantes faites sur le sang défibriné.

Je viens d'étudier les effets que produit la galvano-puncture lorsqu'elle provoque la coagulation immédiate du sang. Celle-ci , comme on l'a vu, manque dans un grand nombre de cas ; mais la méthode ne perd pas pour cela toute chance de succès ; il peut se faire qu'ultérieurement des caillots se déposent dans le sac et finissent par l'oblitérer tout à fait.

2" Coac/ulalion consécutive. — Prouvons d'abord, par quelques exemples, que l'oblitération des anévrysmes peut s'effectuer seulement quelque temps après l'emploi de la galvano-puncture :

326 GALVANO-PUNCTUllli.

Anévrysme traumatiqiie du coude gros comme un œuf de pigeon. Galvano-punclure appliquée par M. Debout, en présence de M. Laugier. La séance dure onze minutes : la tumeur n'éprouve aucun changement immédiat. Le septième jour, les pulsations sont encore très- manifestes ; le huitième jour, on trouve la tumeur dure et à peine pulsatile. Compression directe. Les battements disparaissent tout à fait douze jours plus tard (1). — Anévrysme traumatique du coude, gros comme un œuf de poule, traité par M. Vial , de Saint-Étienne. Trois séances galvaniques en dix jours, sans aucun résultat. Quatrième séance le 20 août, douze jours après la première : môme insuccès immédiat. Le malade se refuse à de nouvelles tentatives. Quelques jours après, la tmiieur devient plus ferme; et le 18 septembre, vingt-huit jours après la dernière galvano-puncture , les battements s'éteignent tout à fait. Ils reparaissent le 6 octobre, et disparaissent définitivement le 22 décembre. La tumeur est réduite au volume d'une noix. Le malade mem^t d'autre chose le 12 janvier. On trouve, à l'autopsie, que l'humérale est perméable. La sm'face interne du sac est lisse et blanche ; sa cavité est remplie d'une matière d'un gris rougeàtre, non adhérente, ayant la consistance d'un hachis (caillots passifs) (2). — M. Hamilton applique la galvano-puncture sm- un anévrysme de la carotide : les battements disparaissent aussitôt; mais, deux jours après, les caillots sont entraînés par le cours du sang ; l'anévrysme recouvre ses pulsations. Cependant , la tumeur s'oblitère de nouveau quinze jours adirés ; puis le malade succombe promptement, et à l'autopsie on trouve, an centre de l'anévrysme, un caillot noir ayant la consistance de la gelée de groseille (3). On peut rapprocher de; ces faits l'observation d'anévrysme poplité que j'ai empruntée plus haut à M. CiniseUi. Ici encore on commença par croire que la galvanopuncture avait échoué ; malgré cela, la tumeur s'oblitéra le lendemain (h).

(1) Bullelin de thérapeutique, 18/17 , T. XXXII , p. 123. Cette observation ayant élé citiie à PAcadémie par M. Laugier, quelques personnes ont dédoublé ce fait unique , et ont publié de front le succès de M. Debout et celui de M. Laugier. Autre exemple de génération fissipare.

(2) Rapport de Boinet , Mém. Soc. de cliirurgie, Paris; 1853 , ia-W, T, lU , p. 10,

(3) Dublin Quartcrly Journal, 18î|G, vol. II, p. 539. (ft) Voy, plus haut, p. 300-307.

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