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ACTION DU GALVANISME SUR LE SANG

La coagulation de l'albumine ne fait jamais défaut. La coagulation do la fibrine, au contraire, est essentiellement variable ; elle peut ôtre très-prononcée ; eUe peut manquer tout à fait.

Lorsque la coagulation fibrineuse ne se produit pas , les effets immédiats de la galvano-puncture sont à peine appréciables. Le petit caillot albumino-sanguin qui se forme autour de l'aiguille positive n'est ni assez volumineux pour oblitérer la tumeur, ni assez dur pour en augmenter notablement la consistance , ni assez résistant pour supporter le choc du sang. L'anévrysme peut sembler, à la fin de la séance , un peu plus pâteux et un peu moins réductible qu'auparavant; mais quelques heures suffisent pour remettre les choses dans leur état primitif.

Lorsque, au contraire, le sang est très-apte à subir la coagulation fibrineuse, l'anévrysme peut se soUdifler entièrement en une seule séance. Le caillot, formé à la fois de globules, de fibrine et d'albumine,, ne résiste pas toujours à l'effort du sang; il peut •se laisser dissocier et entraîner au bout de quelques jours, comme aussi il peut persister et amener une guérison définitive; mais quoi qu'il doive arriver ultérieurement, on trouve à la fin de la séance que la tumeur est devenue ferme, irréductible, sans Bouffle et sans pulsations.

Enfin, dans les cas intermédiaires, le caillot galvanique, à la fois fibrineux , albumineux et sanguin , ne remplit cfu'une partie ■du sac, et on trouve, en terminant l'opération, que la tumeur est devenue plus ferme, moins réductible et moins pulsatile; après quoi , les jours suivants, le caillot peut persister ou disparaître.

A quoi tiennent ces différences ? Elles ne dépendent ni du volume de l'anévrysme, ni de la durée de la galvanisation, ni de la nature de la pile ou des aiguilles qu'on emploie. La lecture des observations prouve que dans des conditions en apparence identiques on obtient les résultats les plus disparates, et cela ne peut être attribué qu'à la constitution individuelle du sang.

Je pense donc que l'action chimique de la pile sur l'albumine nest que l'une des causes de la coagulation galvanique, et que la cause prmcipalc est la solidification de la fibrine. Comment et pourquoi cette solidification se produit-elle? L'action chimique

la pile y est-elle pour quelque chose ? ou tout dépend-il d'une action physique particulière, de la chaleur développée par le cou-

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]-ant, de l'espûce de battage que fait subir au sang le dégagement incessant des bulles gazeuses ? Je l'ignore ; mais ce que je puis afûrmer, c'est que la cause qui fait précipiter la fibrine diffère de celle qui fait coaguler l'albumine. En voici la preuve : on a vu plus haut que, dans le sang défibriné, il ne se produit aucune coagulation au niveau de l'aiguille négative. Eh bien! quoi qu'on en ait dit , l'observation faite sur le vivant prouve que l'aiguille négative s'entoure aussi d'un caillot. Ce phénomène n'est pas facile à constater sur les anévrysmes ; il est même impossible le plus souvent de savoir si les caillots qui occupent le sac se sont formés autour de l'un ou l'autre pôle. Mais la galvano-puncture des varices permet d'étudier isolément les effets produits par chaque aiguille, et de reconnaître que, quelquefois au moins (je n'ose pas dire toujours , n'ayant pas observé par moi-même un nombre suffisant de faits ), la coagulation s'effectue autour de l'aiguille négative tout aussi bien qu'autour de l'aiguille positive. Au mois de septembre dernier, pendant mon intérim à l'hôpital des; Cliniques , j'ai enfoncé quatre aiguilles d'acier dans une trèsgrosse varice située au niveau du genou, chez une femme atteinte d'ulcère variqueux. Les aiguilles étaient séparées les unes des autres par des intervalles de 3 à 4 centimètres. Les trois aiguilles supérieures furent mises en communication avec le pôle positif d'une pile de Volta (75 couples de 43 millimètres) ; l'aiguille inférieure seule fut mise en rapport avec le pôle négatif. La séance dura douze minutes. Quand je retirai les aiguilles , je reconnus que chacune des trois aiguilles positives avait produit un caillot cylindrique long d'environ 1 centimètre ; un caillot exactement semblable par sa consistance et son diamètre, mais presque deuc^ fois plus long que les précédents, s'était formé autour de l'aiguiU négative. Entre ces quatre bouchons , le sang de la veme était resté liquide, mais le lendemain il était coagulé ; de sorte que 1 veine, dans tout l'intervalle compris entre les deux aiguilles extrêmes, était transformée en un cordon solide renflé au niveau de chaque piqûre. Tous ces caillots persistèrent pendant trob semaines , après quoi ils commencèrent à se dissoudre : un mol^ après la galvanisation, les varices avaient récidivé, et le cailloi né.c^atif n'avait résisté ni plus ni moins que les autres. Au reste, il fut évident pour moi et pour les personnes qui sui-

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