‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 72 sur 184 · ACCIDENTS. — EMPHYSÈME · texte numérisé non relu

ACCIDENTS. — EMPHYSÈME

paraître à la surface de la peau autour de chaque aiguille , pendant la durée de la galvanisation. Cela s'observe surtout autour de l'aiguille positive.

Quelquefois , le dégagement des gaz à l'extérieur est beaucoup plus considérable. Cliez le second malade de M. Bossé les gaz fiu-ent si abondants qu'ils s'échappèrent en sifflant à travers la peau au moment où on retira les aiguilles. Il est bon de noter qu'il s'agissait d'un anévrysme de l'aorte , et que la tumeur, bien que solidifiée en partie, était encore très-perméable au sang (1). Je pense donc que l'accumulation des gaz s'était faite dans le tissu cellulaire plutôt que dans l'intérieur môme du sac. 11 y a peu d'exemples analogues à celui-là ; mais il arrive quelquefois que les gaz, épanchés en moindre quantité, donnent lieu à un petit emphysème ; alors , une légère pression fait sortir par les piqûres d'aiguilles quelques bulles crépitantes. C'est ce qu'on observa sur un malade ti'aité par M. Ciniselh pour un anévrysme carotidien, en présence des commissaires du Congrès scientifique de Gênes (2).

Un phénomène curieux , qui a été noté plusieurs fois , c'est l'augmentation presque subite de la tumeur pendant la durée de la galvano-puncture. L'accroissement fut peu prononcé dans le €as de M. Vial, et ne se montra qu'une seule fois sur quatre séances galvaniques (3) ; mais, chez le malade de M. Giraldès, la tumeur doubla de volume (4), et elle devint quadruple chez celui de M. Hamilton (5). A quoi faut-il attribuer cet accident, qui peut devenir redoutable ? On ne peut songer à l'accumulation des gaz. Dans le cas de M. Gh-aldès, la tumeur n'avait pas cessé de communiquer librement avec la cavité de l'artère, puisque le sang artériel s'élança à l'extérieur lorsqu'oji retira les aiguilles ; les gaz ne pouvaient donc pas s'accumuler dans le sac. S'agissait-il d'un emphysème du tissu cellulaire péri-anévrysmal ? Mais cette lésion aurait été facilement reconnue , et M. Hamilton dit expressément (6) que la région , examinée avec soin , ne présentait pas la

(1) Gazelle médicale, 1850, p. 011.

(2) Annales de ihérapeulique de Rogneita, ï. IV, p. 201.

(3) Mémoires de la Soc, de chirurgie, T. III , p. 70. (û) Bull, de la Soc. de cliir., T. I, p. 1/|7.

(5) Dublin Quwlerly Journal y 1846, vol, II, p. 539. (0) loc, cil,, p, 5W,

•'^^ GALVANO-PUNCTURE.

sensation gazeuse; d'ailleurs, la tumeur, parfaitement circonscrile, conserva le môme volume les jours suivants. Y avait-il eu rupture delà poche et extravasation du sang? L'autopsie démontra que cette supposition était inexacte; le sac était intact, et aucune extravasation n'avait eu lieu. M. Hamilton pense que le galvanisme avait condensé et coagulé les fluides du tissu cellulaire environnant ; mais il oublie qu'au moment de l'autopsie ou ne trouva rien de semblable, quoique la tumeur eût conservé son grand volume. Disons donc que nous ignorons la cause qui produit l'accroissement brusque de certains anévrysmes pendant l'application de l'électricité. Cet accident, au reste, paraît assez rare.

Il est très -commun, au contraire, de voir des escbares se former autour des aiguilles, surtout, dit-on, autour de l'aiguille positive. Ces escbares, d'une largeur et d'une épaisseur variables, ont été attril3uées à la chaleur que produit l'électricité. C'est une profonde erreur qu'il me semble nécessaire de réfuter.

Les courants galvaniques, comme on sait, dégagent de la chaleur, et les résultats obtenus au moyen de la cautérisation électrique le prouvent suffisamment (1) ; mais pour élever la température des aiguilles jusqu'au point de compromettre la vitalité de la peau, il faudrait un ensemble de conditions qui ne se trouvent jamais réunies lorsqu'on applique la galvano-puncture.

La question de la chaleur électrique est fort complexe, et elle a une assez grande importance pratique pour que je sois obligé de m'y arrêter quelques instants.

Toute pile possède une certaine tension et une certaine intensité.

L'intensité, c'est-à-dire la quantité d'électricité qu'une pile est susceptible de fournir dans un temps donné, est proportionnelle à la surface de chacun des couples ou éléments ; la tension, c'està-dire la force qui sollicite l'électricité à se dégager à chaque pôle, est proportionnelle au nombre des éléments.

Lorsque les deux pôles sont unis par un circuit complet, les deux électricités contraires se précipitent l'une vers l'autre sous

(1) MiDDELDonr. Galvanocaustilf , çin Bcilrag ziir opcratwc Mcdicin. Brcsiau, 1854 1 iii-8'.

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