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CAUSE DES ESCHARES GALVANIQUES

forme d'un double courant continu. La tension et l'ëleclricilé iniluent, chacune à sa manière, sur la force de ce courant.

Toutes choses égales d'ailleurs, les propriétés électro-chimiques et électro-motrices du courant sont proportionnelles à l'intensité de la pile, c'est-à-dire h la surface de chaque couple. Mais la facilité avec laquelle l'électricité traverse les conducteurs est proportionnelle à la tension de la pile, c'est-à-dire au nombre des éléments.

Lorsque le circuit est formé par des corps mauvais conducteurs, le courant électrique est obligé de surmonter une grande résistance. Avec un pareil circuit, une pile dont les éléments sont peu nombreux, quelque intense qu'elle soit d'ailleurs, ne fournira qu'un courant sans énergie ; mais si on double le nombre des éléments, la tension devient deux fois plus forte, la résistance des conducteurs est surmontée , et le courant acquiert une énergie égale à celle qu'il aurait acquise, si, au lieu de doubler le nombre des éléments , on avait remplacé le premier circuit par un circuit d'une conductibilité double.

A proprement parler , les phénomènes chimiques , physiques ou dynamiques de la pile dépendent de l'intensité. Mais dans les expériences faites sm* les hquides, et en général sur tous les corps qui conduisent très-mal l'électricité, les courants rencontrent une résistance très-considérable, et, pour obtenir des actions chimiques puissantes , on est obligé de multiplier les couples , c'est-à-dire d'augmenter la tension. C'est dans ce sens qu'on peut dire que l'action chimique d'une pile est proportionnelle à la tension.

Cela posé , ce sont les piles les plus intenses qui dégagent le plus de chaleur. Ce principe est connu de tout le monde , et lorsqu'on veut produire une cautérisation électrique, on choisit toujours une pile dont les éléments, considérés isolément, présentent une grande surface; en cela on a parfaitement raison. Mais on en a conclu que, pour éviter sûrement la formation des cschares dans la galvano-puncturc , il suffisait de prendre des piles à petite intensité, et en cela on a commis une méprise fort grave. J'ose dire que les piles à forte tension exposent tout autant aux escharcs que les piles à forte intensité.

Mais revenons aux conditions qui favorisent la production de

•^^^ OALVANO-PUNCTURE.

la Chaleur électrique. On vient de voir que la première condition est l'étendue des surfaces de chaque élément ou, si on veut, de chaque couple. La deuxième condition, tout aussi importante est le degré de résistance que les conducteurs opposent au passage de l'électricité. La chaleur dégagée est d'autant plus considérable que les corps à travers lesquels le courant s'effectue sont moins bons conducteurs. Ainsi, en unissant les deux pôles avec un m de platine, on obtient plus de chaleur que si on se sert d'un fil de cuivre ou de fer. C'est parce que le platine est de tous les métaux celui qui offre le plus de résistance au passage des courants électriques.

De ce principe découlent plusieurs conséquences importantes.

Lorsqu'un fil métalHque , parfaitement homogène, est mis en communication par ses deux extrémités avec les deux pôles de la pile, la chaleur se manifeste également dans toute l'étendue du circuit Mais si , par une cause quelconque , une partie du fil vient à offrir plus de résistance que les autres, c'est en ce point surtout que la température s'élèvera (1). , Qu'un fil de platine (le platine est le plus mauvais conducteur de tous les métaux) soit interposé entre deux rhéophores de cuivre ou de fer, ceux-ci s'échaufferont à peine; la température s'élèvera prescjue exclusivement au niveau du fil de platine.

Ou encore, qu'on unisse les extrémités des deux rhéophores au moyen d'un fil de même substance qu'eux, mais plus mince, et c'est sur cette partie amincie que le calorique se manifestera. C'est parce que la résistance s'accroît à mesure que le diamètre du conducteur diminue. On a même démontré que le dégagement de la chaleur s'accroît en raison inverse de la quatrième puissance du diamètre du fil conducteur. Ainsi un fil d'un demi-millimètre de diamètre s'échauffe seize fois plus, toutes choses égales d'ailleurs , qu'un fil de 1 millimètre (loi de Riess). Voilà pourquoi un mince fil de platine, interposé entre deux rhéophores de

(1) Il suffit mêmu (le diminuer la résistance dans une partie du circuit pour produire une élévation de température dans le reste du circuit. Ainsi s'explique cette étonnante expérience de Davy: On ferme le circuit avec un ni de phuiiie. L'initnsiiiS de la pile n'est pas sudlsanle pour faire rougir ce fil. Alors on applique de la glace sur une partie du (il. Or, la réfrigération augmente la conductibilité des raéiaux. I^a résistance se trouve donc diminuée au niveau de la glace. Aussitôt le reste du fil j'échauffe et devient incandescent,

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