J CAUSE DES ESCIIARES GALVANIQUES
veau du point d'enlrée des aiguilles, et parce que la peau conduit l'électricité mieux que les tissus subjacents;
2" Les aiguilles les plus volumineuses sont celles qui , toutes c hoses égales d'ailleurs , produisent les eschares avec le plus de facilité. C'est parce que, d'une part, l'intensité du courant est proportionnelle au diamètre de l'aiguille , et que , d'une autre 1 part , la diffusion de l'électricité dans les tissus est proportionnelle à la surface de contact;
3" Lorsqu'on dissémine le courant sur plusieurs aiguilles , la [production des eschares est rendue très-difficile ou impossible, : suivant le degré de tension ou d'intensité de la pile. C'est parce que la quantité d'électricité qui traverse chaque aiguille est beaucoup moindre que si on employait un seul conducteur;
h° Lorsqu'on recouvre les aiguilles d'On vernis isolant, on dimimue beaucoup les chances de l'escharification. C'est parce que la ( couche isolante empêche l'électricité de se disséminer dans les ! tissus.
Ces deux dernières propositions demandent quelques dévelopipements. Pour ce qui regarde la multiplicité des aiguilles, j'ai re- ( cueilli deux observations qui me semblent très-concluantes. La ^première de ces observations a déjà été mentionnée : j'avais introiduit quatre aiguilles d'acier non vernies dans une varice volumineuse du genou; trois aiguilles furent mises en communication avec le pôle positif, une seule avec le pôle négatif. A la fin de la :séance, il y avait une large eschare autour de l'aiguille négative; une deuxième eschare, beaucoup plus petite, existait autour de l'aiguille -t- la plus voisine. Autour des deux autres aiguilles + la peau était rouge, mais n'était pas eschariflée. Ces particularités s'exphquent d'une manière bien simple: l'immersion du fluide négatif se faisait tout entière en un seul point; le fluide positif, idisséminé entre trois aiguilles, pénétrait au contraire en trois points différents. Le courant était donc beaucoup plus fort dans l'aiguille négative, et ce fut cette aiguille qui produisit la plus large eschare. Quant aux aiguilles positives, l'intensité du courant .qui les traversait était d'autant plus considérable que chacune '.d'elles était séparée du pôle négatif par une moindre résistance, c'est-à-dire par une moindre distance. L'une de ces aiguilles, celle qui était la plus rapprochée de l'aiguille négalive unique,
3/lO CtALVANO-PUNCTURE.
était donc traversée par le principal courant ; et l'intensité de ce courant fut assez forte pour produire une petite eschare. Les deux autres aiguilles positives, étant le siège d'un courant moins énergique, ne donnèrent lieu à aucune mortification.
Dans le deuxième fait que j'ai observé, la galvano-puncture fui pratiquée de la même manière sur une tumeur érectile de la lèvre supérieure. J'employai encore trois aiguilles positives et une seule aiguille négative. L'eschariûcation ne se produisit qu'au niveau de cette dernière.
Ces faits me semblent de nature à démontrer que , pour éviter la formation des eschares, il importe de disséminer le couranti entre plusieurs aiguilles tant négatives que positives.
Quelques mots maintenant sur le rôle du vernis isolant.
Les aiguilles isolées pat une couche de laque, de résine, ou dei toute autre substance non conductrice, respectent beaucoup) mieux que les autres la vitalité des tissus qu'elles traversent. M. Pétrequin insiste avec raison sur ce principe ; mais il est juste; de dire que déjà, en IS^iS, M. O'Shaugnessy avait pratiqué! l'électro-puncture avec des aiguilles vernies (1) , et que même,, selon toutes probabilités , ce procédé avait déjà été indiqué par Pravaz (2).
Le vernis ne doit occuper que le corps des aiguilles ; il faut que; la pointe, plongée dans l'anévrysme, conserve toute sa conductibilité, pour que le circuit puisse se fermer. La mince couche; protectrice qui sépare l'aiguille des tissus suffit le plus souvent! pour empêcher la cautérisation lorsqu'il s'agit d'un anévrysme;; mais, quand la galvano-puncture est pratiquée sur une tumeun érectile, l'escharification a beaucoup de tendance à se produire au niveau des pointes. Dans le cas de tumeur érectile de la lèvre supérieure dont je viens de parler, je m'étais servi de quatre aiguilles vernies. La pointe de l'aiguille négative unique, après: avoir traversé presque toute la tumeur, arrivait jusqu'à une très-t petite distance de la peau. Il n'y eut aucune escbariûcation au niveau de l'entrée de celte aiguille ; mais une eschare se forma autour de la pointe.
(1) Voy. plus haui, p. 305.
(2) Annales (te thérapeutique de Rognetta", T. IV, p. 201.