TRAITEMENT CONSÉCUTIF
conséquent, rendre complète et définitive une oblitération qui n'était d'abord que partielle, et qui, très-probablement, n'aurait été que passagère : c'est ce que démontre l'observation de M. Voillemier (1). En tout cas, cette compression directe doit être trèsmodérée. On l'exécutera avec des compresses graduées et de simples tours de bande.
Telles sont les circonstances diverses qui peuvent réclamer l'emploi de la compression directe ou de la compression indirecte, à la suite de la galvano-puncture.
Les moyens qui précèdent ont pour but d'assurer l'oblitération et d'empêcher la destruction des caillots. Mais la récidive n'est pas ce qu'on doit le plus redouter à la suite de la galvano-puncture; on doit surtout se préoccuper de la possibilité de l'inflammation.
Lorsque l'oblitération est complète, cette inflammation ne peut être que nuisible ; il faut par conséquent la combattre, et surtout la prévenir. Le meilleur moyen consiste à appliquer pendant plusieurs jours sur la tumeur solidifiée une vessie pleine de glace. Le même traitement , qui se concilie très-bien avec l'emploi de la compression directe, convient lorsque la coagulation n'est que partielle ; mais lorsque le galvanisme n'a fait déposer aucun caillot dans le sac , il y a lieu de se demander s'il faut prévenir une inflammation qui est susceptible de devenir l'agent de la guérison.
Cette question est assez embarrassante, car à côté des avantages qu'on peut attendre de l'inflammation il y a les dangers qui peuvent en résulter. La prudence indique donc ici encore les applications de glace. Ce moyen n'empêche pas toujoiu-s l'inflammation, mais il la modère et la maintient dans de justes limites; il s'oppose à la suppuration, et peut-être même ne diminue-t-il pas les chances de la coagulation consécutive. La réfrigération est surtout nécessaire lorsque l'action du galvanisme a cautérisé les tissus et produit autour des aiguilles de petites eschares linéaires.
Je suppose maintenant que la galvano-puncture ait complètement échoué, qu'elle n'ait produit ni coagulation immédiate ni
(I) Voy. plus haut, p. 311.
368 GALVANO-PUNCTURE.
coagulation consécutive, ou qu'elle n'ait procuré que des caillots passagers, promptement entraînés et remplacés par des couches de sang liquide. L'anévrysme ne tarderait pas à reprendre sa marche envahissante, et il est nécessaire que l'art intervienne de nouveau. Est-il permis de recourir encore à un moyen qui a déjà échoué une première fois ? L'expérience a répondu affirmativement. Il y a des anévrysmes qui , après avoir résisté à une première séance de galvano-puncture, se laissent oblitérer par une deuxième, une troisième et même une quatrième séance. Il ne s'agit plus que de savoir à quels intervalles doivent être exécutées ces opérations successives.
D'une manière générale , je pense que lorsqu'une première galvanisation a été infructueuse et suivie néanmoins d'accidents sérieux, on doit renoncer à ce moyen, de peur de provoquer une nouvelle série d'accidents auxquels le malade ne résisterait peutêtre pas aussi bien que la première fois. Il ne serait permis de recommencer que si les premiers accidents avaient été dus manifestement à la faute du chirurgien plutôt qu'à la susceptibilité du malade. En prenant des précautions jusqu'alors négligées on pourrait espérer de rendre à la galvano-puncture une plus grande innocuité.
Il faut se garder de trop rapprocher les séances galvaniques. On a vu plus haut que M. Niccoli, de Livourne, avait eu à se repentir d'avoir appliqué la galvano-puncture sept fois dans une semaine (1). M. Vial fit sans accident quatre séances en douze jours (2) , mais je ne conseille pas d'imiter cet exeiuple. En général , on laisse écouler une ou deux semaines entre deux séances. Il est impossible de donner à cet égard des préceptes précis , parce que les indications varient, pour ainsi dire, à chaque cas particulier. Voici cependant quelques données qui ne seront peut-être pas sans utilité.
Les chirurgiens qui donnent la prélerence aux séances rapprochées ont pour but de ne pas laisser perdre à leurs malades le bénéfice des galvanisations antérieures. Ils oublient que la galvano-puncture peut agir de deux manières. Lorsque la coagula-
(1) Voy. plu» liaui, p. 3a2.
(2) ifém. Soc. de chirurgie, T. ni , p. 75.