‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 83 sur 184 · TRAITEMENT CONSÉCUTIF · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CONSÉCUTIF

tion immédiate fait défaut, il ne faut pas désespérer de la guérison ; il faut attendre la coagulation consécutive qui a peut-être guéri plus d'anévrysmes que l'autre. Or, cette coagulation consécutive se fait quelquefois attendre assez longtemps. Sur le malade de M. Debout, elle ne commença à se produire que le huilième jour; on avait déjà pris le parti de réitérer l'application de la galvano-puncture , lorsqu'on reconnut que la tumeur devenait plus dure, moins pulsatile; on attendit, et la gaérison fut bientôt complète (1). Après avoir pratiqué quatre fois en douze jours la galvano-puncture sur un anévrysme du coude, M. Vial proposa à son malade une cinquième séance , qui ne fut pas acceptée, et , malgré ce refus, la tumeur s'oblitéra vingt-huit jours après. Ainsi l'oblitération consécutive peut ne survenir qu'un m'ois environ après la galvanisation, mais cette dernière limite est exceptionnelle.

' D'ailleurs, dans le cas de M. Vial, la coagulation avait commencé à s'eifectuer quelque temps avant l'oblitération complète. — Je pense donc qu'il ne sera pas nécessaire de laisser écouler un mois entre deux séances. Lorsque quinze jours après la galvanopuncture , la tumeur est exactement dans le même état qu'avant l'opération, lorsqu'on n'y découvre aucune trace d'inflammation, lorsqu'elle n'est le siège d'aucun travail appréciable de coagulation , alors il est indiqué de faire une nouvelle tentative. En agis-

^ sant plus tôt, on s'exposerait souvent à pratiquer une opération inutile et à provoquer par suite des accidents qu'on aurait pu éviter.

La première galvanisation, comme je l'ai dit, doit toujours être faite avec des courants faibles. Dans les séances suivantes, on augmentera graduellement la force des courants. Lorsqu'au bout de quatre ou cinq séances, on s'aperçoit que l'anévrysme reste impassible, je crois qu'il ne faut pas persévérer plus longtemps, et qu'on doit songer à quelque autre méthode.

Tels sont les préceptes qui, dans l'état actuel de la science, doivent diriger le chirurgien qui se décide à traiter un anévrysme par la galvano-puncture. Je suis le premier à reconnaître que cette méthode n'est pas encore régularisée; mais j'espère qu'en prenant les précautions que j'ai indiquées, on diminuera beau-

(») Bull. Ue tliérapeiniquc, 18/i7, ï. XXXll, p. 123.

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coup les chances d'accidents, sans diminuer nolablemenl les chances de guéri son.

Dire quel est l'avenir réservé ix la galvano-punclure me semble : bien difficile. Elle a fourni de beaux résultats dans le traitement des anévrysmes traumaliques du coude ; mais il faut dire aussi i que, d'une manière générale, ces anévrysmes cèdent facilement ; à beaucoup d'autres méthodes. La galvauo-puncturc est appU- • cable à plusieurs anévrysmes que leur siège spécial soustrait à la i compression indirecte et même à la ligature. C'est là un avantage : incontestable qui suffit à lui seul pour lui assigner un rang houo- • rable.

Mais nous ne devons pas oublier que cette méthode est sour • vent très -"douloureuse; qu'elle expose à plusieurs accidents; sérieux; et, surtout, qu'elle a l'inconvénient de procurer une obUtération défectueuse, puisque les caillots galvaniques se com- ■ portent exactement de la même manière que les caillots passifs > ordinaires.

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