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CAILLOTS PASSIFS. — INFLAMMATION ET RUPTURE DU SAC

nulles avant le cinquième jour, atteignent leur maximum entre le cinquième et le quinzième jour, puis deviennent très-faibles pendant les dix jours suivants, pour s'élever de nouveau à partir du vingt-cinquième. Passé le trentième elles baissent rapidement, sans toutefois disparaître d'une manière complète , puisqu'on a vu les accidents inflammatoires et la suppuration survenir au bout de huit mois (1), de 10 mois (2), d'un an (3), et même de quatorze mois {U).

L'inflammation consécutive du sac s'annonce par des symptômes que j'ai déjà étudiés d'une manière générale, en décrivant les conséquences de l'oblitération par des caillots passifs (5), et que je me bornerai à rappeler ici. Quelques jours, quelques semaines, ou quelques mois après la ligature, la tumeur, ramollie ou non à l'avance, devient douloureuse et chaude ; puis elle s'accroît, en soulevant la peau qui s'amincit, prend une teinte violacée et menace de se rompre. Quelquefois la tumeur, avant de se ramollir, commence par devenir plus ferme qu'auparavant; elle acquiert la consistance des tumeurs phlegmoneuses, dont elle revêt d'ailleurs les autres caractères. D'autres fois l'inflammation marche avec une moindre rapidité, et le contenu du sac devient fluctuant avant que la région ne soit chaude et douloureuse. Quels que soient du reste le début et la marche de l'inflammation consécutive du sac, elle donne lieu tôt ou tard aune fluctuation manifeste, et aboutit presque infailliblement à la rupture, à l'ulcération ou à la gangrène des téguments. L'air alors pénètre dans le foyer sanguin, et si on n'y porte remède par des incisions convenables, le

(1) Cas (le POST, (le New-York ( anév. de la camtidc; ouverlure spontanée prfes de huit mois après l'opcîraiion ; guérison ). Amej^ican Journal of Med, Se, 18W , vol, XIV , p. Ift , n" 5, et p. 2ti,

(2) Cas de Salomon (anév. iliaque traité par la ligature de l'iliaque primitive; ouverlure spontanée au bout de dix mois; mort j. Americ. Journal of Med. 5f., 1847, vol. Xlll , p. 2ti.

(3) Cas du DuPUYTREN (ani'V. axillaire ; suiipuration un an après la ligature ; incision ; gui'rlson ; dans Dici. de méd. cl de cidr. pral. en 15 vol., art. Aaêvrysme, T. H, p. W'i ). — Cas de Lawrence (anév. poplité ; ligature de la fémorale en oct. 1813. Le malade rentre à l'hôpital dans l'automne de 181^1, avec un abcès au niveau de la tumeur; incision; il s'écoule une pinte de pus mêlé de caillots décomposés ; guérison). Med. Chirurg. Transactions , vol. VI, p. 203, 2ud. cd. Lond., 1819.

(li) Cas de Peac.e (anév. inguino-iliaque ; ligature de l'iliaque primitive , en aoi-it 1812) — En nov. 18ii3, la tumeur s'accroit ; fluctuation sans battements; ouverture spontanée.— Quelques jours plus tard, liémorrhagie, suivie de plusieurs autres; mort). American Journal ofMed. Se, 18M, vol. XIII , p. 25.

(5) Voy. plus haut , p, 173.

5^ MÉTHODE D'ANEt.

pus et le sang contenus dans cette cavité se décomposent, se putréfient et peuvent donner lieu aux plus terribles accidents.

L'ouverture spontanée de la poche peut survenir de trois manières différentes. Tantôt les caillots ramollis provoquent une inflammation peu intense qui n'aboutit pas d'emblée à la suppuration. Le sac sécrète simplement de la sérosité qui se mêle aux caillots passifs et les dissout en partie ; la tumeur s'accroît sans signes bien manifestes d'inflammation. Puis la peau qui la recouvre s'amincit, devient violette, et il se fait en un point une petite rupture à travers laquelle s'écoule une sérosité sanglante. La tumeur cependant ne s'affaisse pas. Jusqu'alors le malade n'a presque point souffert ; mais bientôt l'air pénètre dans le foyer, le sang s'y putréfie et une violente inflammation ne tarde pas à éclater. Ainsi le sac peut se rompre avant la suppuration. C'est ce qui eut lieu, par exemple, sur le nommé Vegrini à qui Scarpa avait lié, trente-six jours auparavant, l'artère fémorale pour le guérir d'un anévrysme poplité (1).

L'ouverture, dans les cas qui précèdent, est la conséquence d'une sorte de rupture ; elle survient lentement et semble due à la distension croissante de la poche, dont les parois sont du reste ramollies par l'inflammation. Il est plus commun de voir la tumeur se comporter à la manière d'un abcès sanguin ordinaire. Une inflammation phlegmoneuse s'allume autour des caillots; le sac sécrète du pus en abondance et, au bout d'un petit nombre de jours, la tumeur s'ouvre comme un abcès, laissant écouler à l'extérieur im mélange de pus sanguinolent et de caillots passifs plus ou moins dissociés. Ce mélange offre quelquefois l'aspect d'une bouillie de couleur chocolat ou lie de vin , et on y trouve fréquemment les caractères d'une putréfaction avancée. Des gaz fétides s'échappèrent d'un anévrysme inguinal ouvert par M. Lawrence trente -trois jours après la ligature (2), et dans un cas semblable d'Abernethy les caillots étaient dans un tel état de putréfaction qu'ils colorèrent en noir les instruments d'argent avec lesquels on les mit en contact (3).

(1) Scarpa. De l'anévrysme , trad. fr. par Delpech. Paris , 1809 , in-8°, p. h%!\ , obs. II.

(2) Med. CInrurg. Tramactions, vol. VI , p. 205 ( 2* éd. Lond., 1819, in-S" ).

(3) Abernethy. Surgirai Observât, on (lie Local Diseases and on Aneurism, Lond., 1826 , in-8", 8lh. edit., p. 500.

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