‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 135 sur 217 · ACCIDENTS CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

ACCIDENTS CÉRÉBRAUX

oblitération se produise conséculivement au niveau de l'ané- Yrysme; il faut alors qu'une deuxième circulation collatérale s'établisse , comme cela a lieu dans le procédé huntérien de la méthode d'Anel; mais cette deuxième circulation est située au-dessus, et non au-dessous de la première, et le sang qui est appelé à dilater de nouvelles collatérales possède encore toute sa force d'impulsion. La cause qui rend la gangrène si fréquente à la suite du procédé de Hunter, n'existe donc pas ici.

Rappelons pourtant que la vitalité du membre thoracique a été menacée dans le cas de M. Evans. L'anévrysme occupait la partie inférieure de la carotide et le tronc de l'innominée. On lia la carotide , et le huitième jour le sang cessa de traverser la sousclavière. Le membre supérieur continua à vivre, mais d'une vie imparfaite, et neuf ans plus tard il n'avait pas encore recouvré toute sa force (1).

La ligature de la carotide , appliquée suivant la méthode de Brasdor, compromet quelquefois la circulation cérébrale à un haut degré , parce que l'affection pour laquelle on la pratique est souvent compliquée d'une lésion plus ou moins grave de l'autre carotide et de l'une des vertébrales. Par exemple, l'opéré de M. Rossi succomba le sixième jour. L'anévrysme occupait le tronc innominé , et on avait lié à la fois la carotide et la sous-clavière à leur origine. A l'autopsie , on trouva que la carotide gauche était oblitérée aussi à son origine, de sorte que la vertébrale gauche restait seule chargée de la circulation cérébrale (2). M. Key fut plus malheureux encore. Sa malade avait un anévrysme de l'innominée. Les deux vertébrales étaient très-rétrécies, et la carotide gauche était presque complètement obUtérée; M. Key lia la carotide droite; une heure et demie après, l'.opérée tomba dans le coma, et mourut sans se réveiller quelques heures plus tard (3).

Lorsque la carotide et la vertébrale du côté opposé sont saines, les chances d'accidents cérébraux sont beaucoup moins grandes; mais elles sont loin de disparaître complètement; elles deviennent égales à celles qui accompagnent la ligature de la carotide prati-

(1) Tlie Cydopedia ofPractical Surgery, Lond., 1841, iii-S", art. Ameorish, vol. I, p. 238,

(2) Cas de hossi, dans Gazette médicale de Paris, 18'4'4, p. 58.

(3) Cas de Key, dans la thèse de Vilardebo. Paris, 1831, p. 12-15,

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quée suivant la mélliode d'Anel (1). Par exemple, M. Dohlhoff lia la carolide primitive droite, le 13 juin 1837, pour guérir un anévrysme du tronc bracliio-céphallque ; la tumeur s'améliora rapidement , et s'oblitéra en grande partie par des caillots flbrineux ; mais de graves accidents cérébraux débutèrent le 16 juin, et le malade succomba deux jours plus tard (2).

Voyons maintenant quel est le mode d'action de la méthode de Brasdor sur les tumeurs anévrysmales.

On est porté à croire au premier abord que l'application d'une ligature entre l'anévrysme et les capillaires doit forcer le sang à s'accumuler dans le sac, et faire accroître à la fois le volume de la tumeur et la force des pulsations. Cette idée préconçue parut confirmée par la première opération de Deschamps et ne contribua pas peu à retarder les progrès de la méthode de Brasdor.

Mais des faits nombreux , recueillis depuis cette époque , ont démontré que le plus souvent la tumeur s'affaisse , soit immédiatement après l'opération, soit au bout de quelques heures ou de quelques jours. L'affaissement immédiat a été constaté entre autres sur les deux malades de M. Wardrop, sur ceux de MM. Lambert, Bush et Key, dont il a été question plus haut. M. Wickham ayant , à l'exemple de M. Fearn , lié successivement la carotide et la sous-clavière pour un anévrysme de l'innominée, vit, après chaque opération, la tumeur diminuer immédiatement de volume (3) , et le même phénomène se produisit dans deux anévrysmes du tronc innominé que MM. Hutton et Fergusson traitèrent par la ligature de la carotide primitive (h).

D'autres fois , la diminution de la tumeur ne se manifeste que plusieurs heures après l'opération : quatre heures dans le cas de James (5), quelques heures dans le cas de M. Montgomery, le lendemain chez les opérés de Dupuytren et de M. Laugier, etc.

(1) yoy. plus haut, p. 50fi.

(2) Cas de Dohlhoff , dans Riist's Magaziii fur die gcsammte Hcilkundc , Bd. 51 , s. 529-536. Berlin , 1838 , in-8°.

(3) Cas de Wickham. Tlie Lancel, 1839-î»0, vol. II, p. 378, et pour l'observ. complète dans Med. Chirurg, Transactions, ser. II, vol. V, p. ùOtt (1840).

[ti) Cas de IIutton dans Dublin JournaU vol. 25, p. /i99 [Patltol. Soc. o( Dublin, lOlli. Aie. 18îi2). — Cas de P'ERGUSSON dans Lond. and Edinburgh Montidy Journal, ISfil, vol. 1, p. 786.

(5) Cas de James, d'Exeler (anév. iliaque, ligature de la fémorale, la tumeur diminue pendant dix jours, puis s'accroît de nouveau. Ligature de l'aorte le vingt-troisième jour, mort trois heures et demie après), dans 3Icd, Chirurg. Transact, 1830, vol. XVI, p. 1.

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