‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 136 sur 217 · ACTION SUR LA TUMEUR · texte numérisé non relu

ACTION SUR LA TUMEUR

A côté de ces cas relativement heureux il y en a d'autres où rapplication de la métliode deBrasdor a pour eiïet immédiat, ou presque immédiat, de faire accroître l'anévrysme. C'est ce qui eut lieu sur le malade de Descbamps, et on n'a pas oublié que l'accroissement de la tumeur continua les jours suivants, de sorte que le chirurgien se crut obligé, au bout de quatre jours, de pratiquer l'opération par l'ouverture du sac. Dans le cas de Roux, le petit ancvrysme inguinal augmenta un peu de volume immédiatement après la ligature de la fémorale (1) , et se rompit sous les téguments environ cinquante jours plus tard. Le malade déjà cité de M. Evans et celui de M. Morrisson, de Buenos-Ayres (2), furent plus heureux. La tumeur, qui, dans les deux cas, occupait à la fois le tronc innominé et l'origine delà carotide, commença, il est vrai , par s'accroître, mais au bout de quelques jours elle devint plus ferme, plus pulsatile et moins volumineuse; enfin, il y a quelques malades chez lesquels la méthode de Brasdor ne produit dans la tumeur aucun cbangement immédiat. L'opéré de M. Valentine Molt resta ainsi dans le statu quo pendant six jours après la ligature de la carotide. L'anévrysme, qui occupait le tronc innominé, commença alors à décroître, et le vingtième jour les pulsations avaient presque disparu (3).

Somme toute , il arrive le plus souvent que l'application d'une ligature entre l'anévrysme et les capillaires est suivie immédiatement, ou au bout de quelques heures, d'une diminution notable de la tumeur, et il y a ceci de remarquable que les pulsations conservent néanmoins une grande énergie. Ce n'est en général qu'au bout de quelques jours que les battements s'affaiblissent à leur tour.

Comment expliquer l'affaissement immédiat des anévrysmes traités par la méthode de Brasdor? Et comment concilier ce résultat avec celui qu'on constate dans les cas moins communs où la tumeur s'accroît au contraire? Cela dépendrait-il du siège de l'anévrysme? Non, car on a observé ces deux phénomènes contradictoires dans des cas où les tumeurs occupaient exactement la

(1) Bull. Soc. anal., tSti5, p. 215.

(2) Cas (le MoRP.issoN, dans American Journal ofMcd. Se, febr. 1857, toI. 19, p. 329. (3j Cas de Val. Mott, i\m\s American Journal of Med. Se., 1830, vol. V, p. 297, et vol. VJ,

p. 632 pour laljii de robseivalion,

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même partie du système artériel. — Cela dépendrait-il du procédé employé, et le procédé de Wardrop différerait-il sous ce rapport de celui de Brasdor? Cette explication est aussi bien que l'autre en opposition avec les faits. Il y a donc là quelque chose qui nous échappe. — Des observations ultérieures permettront peut-être de résoudre ce curieux problème de physiologie pathologique. Les faits publés jusqu'ici ne sont pas assez nombreux, et beaucoup d'entre eux , du reste , manquent de détails suffisamment précis sur l'état des tumeurs immédiatement après l'opération et pendant les premiers jours.

Avant les travaux de M. Wardrop , on pensait que la colonne sanguine, arrêtée par la ligature, devait refluer dansl'anévrysme avec plus de force , et exercer sur les parois du sac une pression plus énergique qu'auparavant : c'est ce qui faisait dire à AUan Burns que la méthode de Brasdor était absurde en théorie. M. Wardrop répondit que cet accroissement d'impulsion ne pouvait être que de très-courte durée , attendu que le sang se frayait promptement un passage à travers les collatérales. Les liquides, détournés de leur direction primitive, devaient se porter aussitôt vers les nouvelles voies et affluer dans l'anévrysme avec moins de violence (1). Je reconnais, en effet, que, la circulation collatérale une fois librement établie , l'explication de M. Wardrop n'est pas dénuée de fondement ; mais M. Wardrop lui-même avoue que la dilatation des collatérales ne devient suffisante qu'au bout de quelques heures {in a feiv hours), tandis que la tumeur s'affaisse déjà au bout de quelques minutes {in a feiv minutes). L'explication de M. Wardrop ne saurait donc être acceptée, et je dois annoncer que je ne connais aucune théorie capable d'expliquer pourquoi la méthode de Brasdor a pour effet immédiat, tantôt de faire accroître , tantôt de faire diminuer le volume de l'anévrysme.

Les effets consécutifs de la méthode de Brasdor sont tout aussi variables. Quelquefois la tumeur, affaissée au moment de l'opération , recommence de nouveau à s'accroître au bout de trois à quatre jours; d'autres fois, au contraire, après s'être accrue pendant les premières heures ou pendant les premiers jours, elle rétro- Ci) WARDROP. On Aneurism.,elc. Loiid., 1828, in-S", p. 19-20.

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