‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 149 sur 217 · PÉRIODE FRANÇAISE. — DUPUYTREN · texte numérisé non relu

PÉRIODE FRANÇAISE. — DUPUYTREN

en quatre ans , obtenu la guérison de trois anévrysmes poplilés ou fémoraux par la compression , et certes , les deux ou trois échecs publiés ne seraient pas de nature à contre-balancer un pareil résultai. Pour que Dupuytren, à partir de cette époque, ait complètement renoncé à la compression indirecte et au plaisir d'appliquer le compresseur auquel il avait imposé son nom, il faut que ce moyen ait échoué entre ses mains un plus grand nombre de fois. Du reste, ce détail n'est qu'accessoire; l'essentiel, pour nous, est de constater le progrès réalisé par Dupuytren. Je ne parle pas de sa machine compressive, qui ressemble de point en point à celle qu'employait A. Dubois, et à celle que James Moore avait depuis longtemps imaginée (voy. fig. 18, p. 694). Dupuytren a laissé , dans cette question de la compression indirecte, quelque chose de beaucoup plus sérieux que son tourniquet prétendu. Il a démontré que Blizard, Hodgson, Scarpa, Viricel et plusieurs autres, avaient méconnu le mode de guérison des anévrysmes traités par la compression , que l'artère comprimée ne s'oblitérait ni par adhésion, ni par coagulation du sang, et que, dès lors, il n'était pas indispensable de juxtaposer étroitement, et sans aucune interruption , les parois opposées de ce vaisseau. On était ainsi ramené vers l'idée ancienne du ralentissement simple de la circulation dans l'artère malade ; et, en efïet, on y revint promptement, comme on va le voir. Mais on y revint avec un élément de succès qui avait manqué aux premiers chirurgiens. En poursuivant le but impossible de l'oblitération directe du vaisseau, on avait été conduit à imaginer des appareils de compression bien supérieurs aux tourniquets primitifs. On avait substitué des pelotes petites et dures aux pelotes larges et molles dont on se servait autrefois. L'emploi des arcs métalliques, comme moyen de support des pelotes et des contre-pelotes permettait de n'exercer la compression que sur deux points opposés delà circonférence du membre, sans porter aucune atteinte à la circulation collatérale. Telle est la marche de l'esprit humain qu'il progresse même en courant après l'erreur. La théorie de l'oblitération directe avait eu du moins cet avantage de forcer les chirurgiens à apprendre comment on comprime exactement un vaisseau, La théorie était tombée; mais les procédés qu'elle avait enfantés devaient survivre. Pour établir définitivement les bases

de la méthode compressive, il ne s'agissait plus que de mettre à exécution l'idée ancienne à l'aide des procédés nouveaux. Todd, de Dublin, fit, dans ce sens, une tentative intéressante. Mais le mérite principal de cette dernière et capitale innovation revient incontestablement à un chirurgien français, dont la doctrine fut publiée, en 1825, dans la thèse de Guillier Latouche.

Les deux observations que Charles Todd publia , en 1822 , dans The Dublin Hospital Reports , ont acquis une grande importance depuis quelques années, à cause des discussions de priorité auxquelles elles ont donné heu. Il est d'autant plus nécessaire de les reproduire, que le recueil où elles ont paru est rare aujourd'hui, surtout en France.

Le mémoire de Todd, principalement destiné à vulgariser le traitement des anévrysmes par la ligature , ne traite de la compression indirecte que d'une manière tout à fait accessoire. Après avoir relaté deux cas de ligature de l'iliaque externe , et avant de parler d'une malade à laquehe il lia l'artère humérale , l'auteur rapporte deux observations d' anévrysmes poplités guéris l'un et l'autre par la ligature après quelques tentatives infructueuses de compression. Il paraît ignorer les travaux de ses nombreux prédécesseurs sur le même sujet , ou peut-être son silence à cet égard vient-il seulement de ce que le traitement des anévrysmes par la compression indirecte était alors pour tous les chirurgiens une notion vulgaire. Dès la première phrase , il annonce que son mémoire est écrit pour les praticiens peu expérimentés ; quant aux chirurgiens habiles , ajoufe-t-il , ils n'y trouveront pas grand'chose de nouveau {but Utile novelty). Ce n'est pas ainsi que parlent les novateurs. Ce préambule n'était pas de nature à flatter l'amour- propre du lecteur, et voilà pourquoi peut-être le travail de Todd passa presque inaperçu et resta ensuite oublié pendant vingt ans.

Voici d'abord le résumé des deux observations du chirurgien irlandais :

35^ Observation (Todd) (1). — Anévrysme poplUé. — Compression essayée, puis ahandonnée . — Ligature. — Guérison.

Will. Macliay, fermier, âgé de 30 ans, entié le 30 juin 1820 à Richmond

(1) Tlic Dublin Hospital Uepoi-tx cnid Comnumiralioiis in Meclicine ami Surgery. Dublin, 1822, vol. m, p. 121.

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