‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 150 sur 217 · PÉRIODE FRANÇAISE. — TODD. 7U · texte numérisé non relu

PÉRIODE FRANÇAISE. — TODD. 7U

Surgical Hospilal, pour un anévrysme du jarret droit, datant de cinq semaines, gros comme un œuf, et entièrement réductible. On se décide à essayer la compression de la fémorale.

Todd voulait d'abord se servir d'un tourniquet ordinaire; mais, craignant de comprimer les petits vaisseaux par l'action des courroies il fit faire un appareil analogue au bandage herniaire crural, mais avec un ressort beaucoup plus fort et une pelote plus compliquée. La pelote se composait de deux plaques susceptibles de s'écarter ou de se rapprocher comme les deux valves d'un soufflet {fig. 19).

On appliquait d'abord l'appareil comme un bandage herniaire, et on le fixait à l'aide de ses deux courroies; il ne s'agissait plus, pour comprimer

Fig. 19.

Appareil de Cli. Todd ^ tourniquet truss).

Oette figure est copiée dans le mémoire de Todd , p. 123.

l'artère , que de tourner une vis disposée de telle sorte qu'elle ouvrait le soufflet et poussait par conséquent du côté des chairs la face profonde de la pelote.

« Le mécanisme et le but de l'instrument furent expliqués au malade qui « les comprit aisément et qui put, d'après les sensations qu'il éprouvait, tt régler lui-même le degré de pression employé. Toutefois , après un essai de « plusieurs semaines , on ne put le convaincre de l'utilité de ce traitement, « La tumeur avait évidemment diminué, et était devenue plus ferme; mais « le malade prétendit que l'instrument le faisait souffrir et que l'isolement et « le régime sévère altéraient sa santé et son courage. »

C'est pourquoi le 1'^'' septembre 1820, Todd pratiqua la ligature de la fémorale. Le malade guérit.

36« Observation (I). — Anévrtjsme poplité. — Compression inefficace. — Ligature. — Guérison.

James M'Owen, ouvrier, âgé de 27 ans, entré le 27 juillet 1820, à Richmond Hospital. C'est un individu athlétique , jouissant d'une santé de fer. Anévrysme du jarret gauche, datant de neuf à dix semaines , consécutif à un mouvement d'extension forcée de la jambe. La tumeur est plus grosse qu'un œuf de dinde, très-pulsatile , tres-douloureuse, on y sent un frémissement

(l) Loc. cit., p. 132,

semblable à celui de la varice anévrysmale. La peau est amincie , la jambe est gonflée et ne peut supporter la position verticale.

On essaya la compression de la fémorale exactement comme sur le malade précédent. Au bout de quelques semaines il n'y avait dans la tumeur aucun changement appréciable. Le malade s'impatientait. A la fin d'août la tumeur s'accrut beaucoup, devint conique ; la peau s'amincit au sommet de la partie la plus saillante. Le frémissement redoubla d'intensité.

Todd se décida alors à pratiquer la ligature de la fémorale. Guérison.

Ces deux insuccès s'expliquent très-bien par le trop grand volume de la pelote ; d'ailleurs le résullat obtenu sur le premier malade est digne d'attention. La tumeur était déjcà devenue plus ferme , elle avait diminué d'une manière notable (ohvioushj) , et je pense, comme M. Wilde, que la compression fut abandonnée , précisément au moment où la guérison allait s'effectuer (1).

Cela posé , il importe de préciser la part qui revient à Ch. Todd dans la question qui nous occupe. D'une part, en effet, M. Wilde, dans son Histoire de la compression appliquée au traitement des anévrysmes , lui attribue tout le mérite de la méthode compressive; et d'autre part, M. Bellingham, plaidant pro domo sua, lui refuse jusqu'à l'idée, jusqu'au projet, de guérir ainsi l'anévrysme.

M. Bellingham s'appuie sur un passage fort clair , d'où il résulte effectivement que Todd fut conduit à appliquer la compression par l'intention de faire dilater les collatérales avant d'en venir à la ligature (2) ; mais il perd entièrement de vue le passage suivant de la première observation de Todd, passage que M. Wilde avait pourtant mis en relief dans un article antérieur à la publication de M. Bellingham (3) :

« La tumeur, dit Todd, était si bien maîtrisée par la compression exercée « sur le pli de l'aine, que je ne désespérais pas à'obietiir la guérison sans « opération, en diminuant le passage du sdng dans le tronc de l'artère, de « manière à favoriser la coagulation du contenu du sac. En tout cas, il était

(1) The Dublin Quarterly Journal. Aiig. 18^16, vol. II, p. 110 [History of tlie Cure of Popliteal Anevii^ism by Compression). L'article n'est pas signé, mais on trouve, p. 380 tin même volume, la preuve que M. Wilde en est l'auteur.

(2) Bellingham. Obscri: on Ancurism,éd\t. cit., p. 50. — Todd, dans /)»t//H Ilospital Reports , vol. III , p. 93.

(3) Tlieniiblin Quarterly Journal, 18'iG, vol. H, p. 108.

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