‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 183 sur 217 · COMPRESSION ÉLASTIQUE. — L'ÉCROU MOBILE · texte numérisé non relu

COMPRESSION ÉLASTIQUE. — L'ÉCROU MOBILE

înconTënient. Le fait de ce genre qui mérite le plus d'attention est celui qu'on doit à M. Robinson. Un malade (n° 131) fut traité, en 1851, à l'aide des tourniquets ordinaires, pour un anévrysme du jarret gauche. Cet individu, rebelle et impatient, dérangeait sans cesse ses appareils. La compression fut très-irrégulière et échoua complètement. On fit la ligature. L'année suivante, le même malade rentra à l'hôpital pour un anévrysme de la cuisse droite (n° 132). Il fut soumis à la compression élastique : contre toute attente , il la supporta sans se plaindre un seul instant , et guérit cette lois sans opération.

La compression élastique a un autre avantage : c'est qu'elle permet de reconnaître au premier coup d'œil quel est le degré de compression exercé sur l'artère. Chaque pulsation artérielle , en elfet , soulève légèrement la pelote et agite la poignée de la vis. L'amplitude de ces petites oscillations donne la mesure de l'obstacle opposé au cours du sang, ainsi que je le montrerai plus tard.

11 m'a paru que cet ingénieux mécanisme laissait quelque chose à désirer; la plaque supérieure, qui seule supporte et fixe la vis, n'est pas seulement mobile dans le sens vertical; n'étant rehée à

l'armature que par deux bandes de caoutchouc vulcanisé , elle peut s'inchner dans toutes les directions , et permet ainsi à la vis de se déplacer.

J'ai pensé qu'on pourrait corriger ce défaut , et en même temps simplifier l'appareil. Je dois des éloges à M. Charrière fils, pour l'habileté avec laquelle il a rempU ces deux indications. La tige horizontale de l'armature se termine par une plaque ronde A {fig-. 35), percée à son centre d'un trou pour le passage de la vis. Deux petites baguettes cylindriques et verticales BB se fixent sur cette plaque. L'écrou mobile C olfre deux trous latéraux qui reçoivent ces deux baguettes. Un cylindre creux de caoutchouc vulcanisé D, inséré circulairement

Fig. 35.

Nouvelle modification de Via-ou mobile.

sur cet écrou , en dedans des deux trous précédents , va d'autre part s'insérer sur le pourtour de la plaque inférieure. La grande vis , cachée dans l'intérieur de ce cylindre élastique , ne reparaît qu'au-dessous de l'armature. L'appareil atteint exactement le même but que celui de Carte , mais il est beaucoup plus simple , et de plus l'écrou mobile, retenu par les deux baguettes BB, ne peut subir aucun déplacement dans le sens latéral. La vis agit. par conséquent, avec la même précision que si elle traversait un écrou ordinaire.

M. Matthieu a tout récemment fait- subir à l'écrou mobile une dernière modification. En conservant les baguettes latérales , il a supprimé le cylindre en caoutchouc et l'a remplacé par deux

Fig. 36.

Appareil de .Matthieu pour l'artère fémorale.

A. Ressorts à boudins destinés à exercer la compression élastique.

D. Vis de pression et de rappel destinée à relever ou à abaisser l'arc de l'armature.

C. Double douille supportant l'écrou mobile et permettant a la peloie de se mouvoir ea quatre sens ditTérents.

petits ressorts à boudin disposés autour des baguettes. M. Matthieu espère que ces ressorts s'useront moins vite que le caoutchouc {fig. 36).

Quelle que soit l'armature à laquelle on donne la préférence , on doit toujours la sm-monter d'un écrou mobile, qui est devenu ainsi très-facile à construire.

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