ANÊVRYSMES DE LA TÊTE
carotides. Si ces tentatives échouaient, il faudrait en venir à la méthode d'Anel, et je pense qu'alors on devrait donner la préférence à la ligature de la carotide interne.
Les anévrysmes des artères frontales, branches de l'ophthalmique, réclament le même traitement que ceux des autres artères de la voûte du crâne ; j'y reviendrai tout à l'heure.
Les anévrysmes des branches de la cai^otide externe peuvent être divisés en deux catégories : ceux qui occupent la face et la partie supérieure du cou, et ceux qui sont situés sur le trajet de l'une des artères du cuir chevelu. Parlons d'abord des premiers. Lorsqu'ils sont peu volumineux, on peut, sans inconvénient, les ti-aiter par les injections coagulantes ou par la galvano-puncture; mais pour peu qu'ils aient un certain volume on no doit coinpler ([ue sur la méthode d'Anel. Sur quelle artère faut-il alors appliquer la ligature ? La fréquence et la gravité des accidents cérébraux consécutifs à l'oblitération de la carotide primitive doivent faire préférer la ligature de la carotide externe (p. 506). Je pense même que si l'anévrysme occupait la faciale ou la linguale, à quelque distance de leur origine, on devrait se contenter de lier ces artères en deçà de la tumeur.
Passons aux anévrysmes de la voûte du crâne. Exception faile de ceux qui appartiennent aux artères frontales, tous ces anévrysmes sont sous la dépendance de l'artère carotide externe. Ils sont en général peu volumineux et situés sur le trajet d'un vaisseau d'assez petit cahbre; en outre, ils sont à la fois très-superficiels et tres-rapprochés d'une surface osseuse résistante sur laquelle il est aisé de les comprimer. Ces conditions sont trèsfavorables, et il en résulte que beaucoup de méthodes peuvent être appliquées sans inconvénients sérieux. La méthode ancienne elle-même, c'est-à-dire l'incision suivie d'une double ligature, on plus simplement d'un tamponnement au perchlorure de fer, donnerait selon toutes probabilités des succès à peu près constants (1). La méthode d'Anel, la galvano-puncture, les injections coagulantes, la suture entortillée, ont tour à tour réussi, et j'ai lieu de croire que la méthode endermique réussirait également. On n'a pour ainsi dire ici que l'embarras du choix. 11 est bien
(1) M. Ficslel ;i exlii pé avec succès un a»é\ rysme de la loiupor;.!", Uoiu h' Uias'.ioslic ctuil douteux { r>ei', viùU.-cliininj., 1850, T. VII, p. 108).
entendu que la mëlliode d'Anel s'appliquerait sur le tronc de l'artère malade, à une petite dislance de l'anévrj sme. Les battements du vaisseau, toujours faciles à sentir à travers les téguments, guideraient le chirurgien. Il ne serait même pas nécessaire de procéder à une ligature méthodique. Il suffirait de couper d'un seul coup la petite artère en travers comme si on pratiquait l'opération de l'artériotomie; un bandage compressif, ou plus simplement un petit tampon de charpie imbibé de perchloriu'e de fer empêcherait toute hémorrhagie. On pourrait encore, sans diviser la peau, soulever l'artère sur une épingle et l'oblitérer au moyen de la suture entortillée. En tout cas , la méthode d'Anel devrait être appliquée très-près de l'anévrysme, parce que sans cela les très-larges et très-nombreuses anastomoses artérielles du cuir chevelu pourraient empêcher l'oblitération de la tumeur.
Toutes ces méthodes me paraissent également inoffensives. Dans un cas de ce genre, je commencerais par une apphcation de perchlorure de fer, faite suivant la méthode endermique; si cela ne réussissait pas, j'injecterais le perchlorure dans le sac. D'auti'es préféreront la galvano-puncture ou la méthode d'Anel. Ces diverses méthodes ont des avantages et des inconvénients qui se balancent , et le choix est à peu près indiûerent.
J'arrive aux anévrysmes des artères des membres thoraciques.
Les anévrysmes de la sous-clavière ne se prêtent pas à l'application de la méthode d'Anel. Il faudrait lier, soit le tronc brachiocéphalique, soit l'artère sous-clavière en dedans des scalènes, opérations que la présence de la tumeur rend souvent impraticables, et qui, lorsqu'on parvient à les exécuter, sont constamment suivies de mort. Il est donc sage de rejeter tout à fait la méthode d'Anel. La méthode de Brasdor a été appUquée deux fois. Dupuytren a lié l'axillaire au-dessous de la clavicule, et M. Pétrequin la sous-clavière en dehors des scalènes. Les deux malades ont succombé (p. 6^8). Cela suffit-il pour faire proscrire la méthode de Brasdor? Je ne le pense pas. La ligatm'e de l'axillaire, celle de la sous-clavière en dehors des scalènes, ne sont pas mortelles par elles-mêmes , comme le sont la ligature du tronc brachio-céphalique et celle de la sous-clavière à son origine. L'expérience a prouvé, au contraire, qu'elles réussissent très-