‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 75 sur 217 · RÉSULTATS CLINIQUES. 3Z · texte numérisé non relu

RÉSULTATS CLINIQUES. 3Z

ne doivent pas non plus être portés au passif de la galvano-puncture; car, quelle est la méthode qui eût donné de meilleurs résultats? D'ailleurs, la position du malade de M. Ciniselli ne fut pas aggravée (1), et celle du malade de M. Bossé fut améliorée (2). C'est déjà quelque chose, assurément.

Pour montrer à quelles erreurs on s'expose lorsqu'on fait une statistique avec des faits aussi dissemblables, il me suffira, par exemple, de prendre dans le mémoire, si important du reste, de M. Boinet, les faits relatifs aux anévrysmes traumatiques du pli du bras. J'en trouve neuf; ce sont les 1", 6% 8% 11% 17% 20% 21% 24* et 27' observations de ce travail. La 1" observation est celle de M. Vial ; M. Boinet y voit un insuccès , sous prétexte que le mal aurait pu récidiver. Personne n'en sait rien ; et plusieurs autres faits semblables indiquent au contraire que cette guérison avait toute chance d'être définitive. La 21* observation est encore un insuccès pour M. Boinet : il s'agit du malade de M. Capelletti , qui eut, il est vrai, des accidents graves, mais qui finit cependant par guérir. La 11* observation est relative à l'aumônier traité par M. Pétrequin : M. Boinet prétend que le résultat est inconnu, et en conclut que c'est plutôt un insuccès qu'un succès (3). Je hs cependant, dans une thèse hostile à la galvano-puncture en général , et à M. Pétrequin en particulier, que ce malade arriva à la guérison (4). De toutes ces observations d'anévrysmes traumatiques du coude, il n'y en a qu'une seule où la galvano-puncture ait complètement échoué ; c'est la 6* observation , qui précisément ne devrait pas entrer en ligne de compte , puisque les aiguilles furent à tort laissées à demeure après la galvanisation. J'ai déjà parlé de ce fait. Il ne survint du reste aucun accident, et la position du malade resta la même qu'avant l'opération. Quoi qu'il en soit, il y a ceci de remarquable : neuf anévrysmes traités par la galvanisation ; huit guérisons , un insuccès, et pas un seul cas de mort. Ce résultat est très-encourageant et ne s'accorde pas avec le jugement défavorable que M. Boinet a émis sur la galvano-puncture. Je ne donne pas ceci comme une mesure de

(1) J/érn. Soc, chirurg., T. III , p. 87 , in-a*.

(2) Gaz. médicale de Paris , 1850 , p. 610.

(3) Mém. Soc. cliifurg., T. III, p. 106.

(li) Thèse de Constant Roux. Paris, 1858, n" 168, p. 12.

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la valeur de cette méthode; je suis le premier à reconnaître que les échecs les plus graves sont ceux qu'on publie le moins, surtout lorsqu'il s'agit d'un traitement nouveau. J'ai d'ailleurs reproduit, d'après M. Constant Roux, l'histoire d'un malade qui dut subir l'amputation par suite de la gangrène de l'avant-bras, et qui parut peu convaincu des bienfaits de la galvano-puncture. En tout cas, il me semble que l'analyse précédente prouve qu'on se trompe aisément lorsqu'on opère sur des chiffres peu élevés , et c'est ce qui me fait dire que le moment de faire la statistique de la galvano-puncture n'est pas encore venu.

En attendant, cette m.éthode se présente sous des auspices qui ne sont nullement défavorables, et je crois utile d'en étudier avec soin le manuel opératoire.

Il s'agit d'abord de choisir l'appareil qui doit fournir l'électricité.

\J électricité statique, dégagée par le frottement et manifestée sous forme de chocs ou d'étincelles, doit être complètement abandonnée dans le traitement des anévrysmes. Elle est très-douloureuse, elle peut être nuisible et ne possède presque aucune propriété coagulante. Le phénomène de la coagulation ne peut être instantané; il ne se produit que sous l'influence d'une action continue; et celle-ci ne peut être obtenue qu'au moyen de Vélectricité dynamique qui se manifeste sous la forme de courants.

Or, on sait qu'il y a deux sortes de courants, les courants galvaniques proprement dits et les courants d'induction. Les premiers s'obtiennent en mettant en communication les deux pôles d'une pile ; les autres s'obtiennent en faisant agir par voisinage, sur un conducteur métallique contourné en spirale, soit un aimant naturel, soit un électro-aimant.

Les machines électro-médicales , telles que les appareils de Lebreton, de Duclienne, de Legendre, etc., ne fournissent que des courants d'induction. Toutes se composent d'une petite pile construite sur les principes de la pile de Bunsen. Les fils de cette pile sont entourés d'une gaîne de soie et vont s'enrouler autour d'un cylindre , qui devient ainsi susceptible de se transformer en électro-aimant. Un second fil métallique , entouré également d'une gaine de soie , slenroule avec le précédent autour de Té-

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