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ANOMALIES DE L' ARTÈRE AXILLAIRS ET DES BRANCHES QUI EN NAISSENT

(Planche VI, figure i.)

Les limites conventionnelles assignées à la fin de l'artère sous-clavière me dispensent d'indiquer le point initial de Taxillaire, dont la terminaison a lieu vers le bord inférieur du grand pectoi'al , là où commence la brachiale. Malgré les riches anastomoses artérielles existant au pourtour de Tépaule ; malgré la célèbre observation de Van-Swiéten (i), dans ses commentaires sur Boerhaave {de vulnere m génère)^ observation relative à un paysan dont Taxillaire fut ouverte et qui guérit sans secours ; malgré le fait cité par Halle, à l'occasion d'un homme qui eut l'artère de l'aisselle blessée par un coup de faux, artère liée avec succès dans la plaie faite par cet instrument, il s'écoula un certain temps avant que la ligature du vaisseau prît rang parmi les actes opératoires soumis à des principes. On semblait avoir oublié qu'en 1681 Morel, mentionné par Saviard, lia heureusement l'axillaire.

La cause de ce tardif retour à l'opération s'explique

(1) Pour qu'un semblable exemple ne fut point perdu et vînt en« couraçer les chirurgiens, le commentateur du professeur de Leyde ajoute : Si ergo in tafn magna artètia et cordi adeo viàina, potuii fieri consoiidatio^ apparet non tant facile deiperanJufn esse ètiafik in periculosissimis vulneribus arteriarum^

DE l'artère AXILLAIRE. 12?

par la difficulté même de la ligature^ pratiquée à la uaissance de lartère; et par plus d'un insuccès qui rappelle les noms d'hommes haut placés dans la science.

L axillaire traverse en diagonale le creux de Faisselle , se coudant au niveau du col de Thuméruâ. Elle peut se rupturer dans Tabduction forcée du bras» à là suite de violents efforts poUr réduire d'uncienues luxations de rhumérus (i). L*axtllaii*e parcourt son trajet sans présenter d'incurvations; toutefois, si elles existent, ce qui est rare , elles ne sont pas toujours Tieffet de Tâge. Naguère des élèves appelèrent mon attention sur le cadavre d'une femme de plus de soixante ans ; les bras étaient remarquables par leur forme contournée et plus encore par leur brièveté; lefe hu* mérus , de consistance éburnée , à canal médullaire rétréci, témoignaient d'une affection rathitique guérie; laxillaire gauche se distinguait par plusieurs courbures alternes, faciles à effacer au moyen d'une ex-^ tension graduelle de Tartère. Il n'y avait point, et ceci des deux côtés , rapport de longueur entre Tarière et

(i) MM. Flaubert et Gibson ont fait connaître des cas lîe ce genre ; t*on né saurait objèctei* ici le peti de méthode dans les iha> nœuvres de réddctian on Tintempestive intisiaitcé des bf^^fntëUh». Les noms des clilrur^iens de Rouen et de Dublin répondraient à une telle assertion.

Je lis dans des notes rédigées d^ancienne date que, sur le corpli d'un homme de peine âgé dé soikant6-deux ans et mort d'af)oplexie, j*ai trouvé une ancienne luxation dit bras (^ut^é en ba^. Une partie de Taxillaire adhérait à la tété de rhumérus. L'exantea de cette pièce, que je démontrai publiquement, ne laissait aucun doute sur la déchirure possible de Tartère dans le cas de violentei tractions exercées pour réduire la luxation.

le membre. Ne semble-t-il pas qu'en cette circonstance la compression de 1 axillaire sur la première côte devenait insuffisante pour arrêter le cours du sang, taudis que, d'autre part, rallongement subit et forcé du bras pouvait la soustraire aux causes traumatiques capables d'entraîner la rupture de Fartère ou de produire lanévrisme ?

Une importante anomalie de Taxillaire consiste dans sa dualité, qui s'accomplit très rarement au lieu oïl elle succède à la sous-clavière , mais plutôt vers la partie inférieure de Taisselle (i), disposition défavorable pour rhémostasie artérielle, plus assurée quand la compression ne porte que sur un tronc unique, alors qu'elle serait peut-être éludée si elle devait s'exercer sur deux vaisseaux à la fois. Quoique j'aie connaissance d'un plus grand nombre de faits analogues , j'ai le regret de n'en avoir noté exactement que sept, dont quatre à gauche et les autres h droite. Jamais je n'ai vu la duplicité dii vaisseau bilaté* raie.

La division de l'axillaire me parait se rapporter à deux catégories : ainsi elle donne en réalité deux artères brachiales , se continuant à l'avanl-bras, où elles forment la radiale et la cubitale, qui, ici, loin d'être régulières, varient quant à leur situation et aux branches qui en émanent ; dans une autre circonstance, et bien que deux vaisseaux occupent l'aisselle , on peut dii-e qu'il n'y a qu'une artère axillaire ; l'autre est un vaisseau aberrant, multipliant les voies anastomotiques principalement au pourtour de l'articulation huméro-'

(i) Voir pi. VI, fi{(, f.

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cubitale. L'un des vaisseaux est plus profdndément placé que l'autre : leur calibre diffère ; celui dont la capacité est supérieure n'excède guère 5 millimètres, tandis que Ton sait que la dimension en largeur de laxillaire prise à sa partie terminale est communément de 8 millimètres, et qu'on en compte lo à sa naissance. Quand Taxillaire est bifide, le nerf médian se trouve dans l'intervalle de deux vaisseaux.

Après avoir signalé la division prématurée de l'axillaire, Harrison ajoute que la plus volumineuse, la plus profonde des branches représente l'axillaire, à laquelle succède la brachiale , assertion par trop absolue , puisque la conséquence résultant de quelques faits bien observés démontre que celle des artères qui donne le tronc interosseux est profonde, sans qu'on puisse pourtant la considérer comme le vaisseau normal.

J'ai rencontré deux fois, ce qui a été mentionné par d'autres, et en particulier par E.-A. Lauth, savoir : le tronc interosseux se détachant de l'axillaire , pi. VI, fig. I ; dans cette aberration un phénomène assez constant a lieu : c'est que l'interosseuse égale en volume, si elle ne le surpasse, le tronc commun de la radiale et de la cubitale , et alors l'interosseuse a coutume de donner les collatérales du bras ainsi que les récurrente*. Les déductions pratiques qui se rattachent à la dualité de l'axillaire sont faciles à saisir : que si on se propose, d'après la méthode d'Anel , de découvrir le vaisseau pour le lier, n'embrassera-t-on point celui étranger à la branche anévrismatique, ou à celle d'où provient l'hémorrhagie? Mais la petitesse du vaisseau mis à nu, la possibilité de percevoir les pulsations de

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celui qui est ^atell^te, 1^ counexité insolite du nerf luédiaD, sont autant de moyens propres à préserver de 1 erreur* J'appliquerai ici un précepte que plus d'une fois j ai élé conduit à reproduire dan^ ce travail» c'est qu'il importe de n'étreindre déinitivement l'artère que quand une compression préalable a feit cesser les battements de la tumeur anévriamak ou mis fin à I écoulement du sang. Je prévois néanmoins une objection : elle est à mes yeux d'autant plus fondée que j ai vu deux ou troi^ artères anastomo tiques, à dit'C^tioQ transversale, établir une libre cominunic%X\w entre les deux axillaires. Qui n a compris que loir^ui\ e^ est ^ins^i, Vapévrisme continue à |;)attre, rbéiQorrhagie persiste, quoique la compression at- X^flfffie directement le vaisseau sur lequel elle agirait av^ efficacité s'il était isolé? Il n'y a point si hésitei; la seul parti rationnel à prendre consiste à lier les deux artères. Harri^on, après avoir indiqué des voies anastomotiques entre deux axillaires, se sert de ce foit comme d'un argument^ et conseille, pour les artères des extrémités supérieures atteintes, })ar exemple, d'anévrisme traumatique, d'employer Tancienne çiétbode opératoire. l.e conseil est sage ; et ne met-il pas en garde contre toute «léprise qui poiu*rait avoir Ueu, ainsi que dans le cas précédent, oest-à-dire celui d'une sorte de solidarité dans la division anormale d'une artère, solidarité due à la présence de collatérales?

Examinons les variétés que présentent les organes confrontant; avec l'axillaire et venant modifier ainsi ses rapports naturels. L'artère apparaît superficielle par l'absence complète des in$ertic»is cl;avicukiires du

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muscle grand pectoral, anomalie rapportée par le professeur Cruveilhler, et qu'il reconnut pendant la vie sur une vieille femme de la Salpétrière. Le vaisseau , il s'agissait du droit, n était recouvert que par les téguments , le fescia thoracicjue et par le petit pectoral ,* on distinguait à la vue les pulsations de Tarière, moins protégée contre latteinte des corps extérieurs. Le défaut de fibres clavieulaires rendait la compression et la ligature de facile exécution.

11 n'y a rien de bien fixe, quant h l'intervalle qui dépare la poirtion claviculaire du grand pectoral de la sternale ; parfois il existe un grand vide entre elles, tandis que, chez quelques sujets, il n y aucune ouverture. Je rappelle ces variétés pour détourner de lier le vaisseau dans un lieu regardé comme d^élection (i).

Quelques uns de nos élèves se livraient à des études anatomiques , sur le cadavre d'un homme taillé en athlète, mort dans la force de Tâge , d*une fracture à la base du crâne, avec déchirure du cerveau, quand ils rencontrèrent un feisceau charnu , épais , se détachant de la piartre externe du grand dorsal droit, croissant Faisselle, pour venir, par une expansion fibreuse , s'instrer sur le tendon du grand pectoral. M. Malgaigne mentionne un fait semblable (2). Dans Texemple que je publie, les fibres charnues suniuméraires furent regardées par quelques uns comme dépendant du coraco-brarhial , dont le bord interne

(1) Dans la inélhode défectueuse qui a pour objet de découvrir raxïUaire entre les fibres clavieulaires et sternales du çiand pectoral, on a une plaie qui ne conduit pas directement à l'artère, uiaii bien à b veine.

(2) Traité d*anatomie chirurgicale et (U chirurgie expérimentale.

Paris, i838.

sert de guide quand on procède à la recherche de Vaxillaire ; le muscle reconnu , on aperçoit aussitôt le nerf médian ; c'est en dedans et en dessous qu'est placé le vaisseau. Prévenu de Texistence du muscle indiqué, si on le trouve en opérant , sa section en travers suffira pour restituer Tétat normal des rapports.

C'est en dessous du petit pectoral qu'on a découvert un autre muscle qui constitue, par sa présence, trois pectoraux. Décrit par plusieurs anatomistes, il vient s attacher à Tapophyse coracoïde , de manière à recouvrir Taxillaire dans une certaine étendue et à gêner si Ion fait la ligature en dessus du petit pectoral , opération qui n'est guère pratiquée ; ici encore l'anomalie musculaire appréciée , il faut couper l'attache coracoïdienne du pectoral surnuméraire. M.P.Robert, dans un mémoire que j'ai souvent cité et auquel j'ai fait plusieurs emprunts, recommande de ne point se diriger sur le muscle sous-clavier pour arriver à l'axillaire , ce muscle étant parfois double. Le surnuméraire nait de Tapophyse coracoïde ou de l'acromion, et s'insère à la première côte ; il en résulte que l'artère, au lieu de n'être recouverte que dans l'espace de i3 millimètres, comme quand le sous-clavier est unique , le devient dans l'étendue de ^27 millimètres. Le tronc veineux axillaire peut varier même sous le rapport numérique; je l'ai vu double (i), on l'a dit triple, ou, en d'autres termes , il était représenté par deux ou trois vaisseaux , formant ime sorte de

(i) Cette dualité de la teine axiUaire pro?ient de la non-réunion des veines bradiiales.

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gaine à 1 artère, dont les connexions veineuses, plus nombreuses , rendaient difficile Tisolement de Tartère en multipliant les chances des lésions des veines.

La veine axdlaire n'offre que peu de modifications importantes, dans ses relations avec Tartère ; si sur le cadavre la première est placée en dedans, dans Tétat de vie , elle est antérieure à lartère , qu'elle cache presque entièrement : par Teffet d'une dilatation variqueuse énorme , j'ai vu la veine axillaire droite envelopper, pour ainsi dire, l'artère et le nerf médian. Dans une ligature de ce vaisseau , à laquelle j'assistai, et dont le résultat fut fècheux^ j'ai observé une disposition qui déjà m'avait frappé sur le cadavre et qui ne doit point être passée sous silence : les veines brachiales et la basilique s'ouvraient dans Faisselle plus haut que d'ordinaire, l'artère était alors entourée d'un plexus veineux qui eût rendu la ligature pénible et même dangereuse.

Bien que, dans le triangle clavi-pectoral, l'axillaire confronte avec la plupart des cordons nerveux émanés du plexus brachial , cependant ses rapports les plus directs sont ceux qu'elle affecte avec le nerf médian qui l'enlace dans sa double origine. Sur cinq sujets, j'ai vérifié l'absence du nerf musculo-cutané, ou mieux , peut-être, sa coalescence cm fusion complète avec le médian; alors le volume de ce dernier, à son point d'émergence , est accru , parce que , au lieu de donner le musculo^utané , il reste indivis, circonstance dans laquelle l'axillaire est placée derrière le médian, qui, contrairement à son état normal, fournit au bras un filet toujours grêle pénétrant dans le coraco-brachial, où il se consume. Ainsi donc dans

ïlk ANOMALIES

ce cas, pour prévenir toute méprise, il ne faut point oublier que le médian est, dans une plus grande étendue, en rapport avec Faxillaire, qui semble accolée à deux nerfs réunis ( i )

Les branches naissant de laxiUaire offrent d'assez nombreuses variétés , quant au point d origine et mode de distribution , pour qu il soit difficile d'assigner les conditions du type normal; ainsi, par exemple , les uns ne comptent que deux artères tboraciques, considérant Tacromiale comme branche iaol^; d autres la regardent comme venant d un tronc commun avec la thoracique supérieure ; c'est Tartère açramiù ^ thoraciifue ; il en est enfin qui admettait trois thoraciques ; Sœmmerring eo décrit jusqu'à quatre. N est-ce pas les multiplier arbitrairement? Lon sait que la thoracique lopgue ou mammaire eailerse émane presque aussi fréquemment de la soua<*9Qapulaire que de Taxillaire. Il imparte, quand une ligature doit embrasser ce vaisseau, de sasaorer si les branches qui en viennent sont voisinas ou éloignées du lieu où Ton veut obtenir son oUitératiOB^ Un guide qui mérite confiance et qui a été préccHiùsé par d'habiles chirurgiens, M. Velpeau Q«lr« autres, est celui tiré de la situation de la veine céphn-

(i) Quelle artère, autre que Taxillaire, est environnée de nerfs aussi nombreux et aussi gros, disposition anatomique qui peut néair- «•ins doreaîr fiidiooset l'ai m qu«f^ef»fe prati<fuer ht figatore et raiillaire d«»fl des «as cU irMMMnif ais^ «I la §anfpr^nt tia n^aar ««•• sitôt après l'opëcation. Cet accident ne doit pas toujours être attribue à l'insuffisance de la vascutarité; c'est plutôt dans 1« commotioB, Fébranfement des nerfs, qu'il faut en chercber la cause. La dissec- Ikm deti parties m^aotorise à peMer que fe sprbacèVe a phitôt été le réétiHat 4 aHe iésiom d« l'ùmervftti^a cjue d^ U oiroiècttoo.

DE l'aATÈRB AXILLAIRE. 1S5

lique : la ligatul*e située immédiatement au-dessous i(è trbute entre la thoracique supérieure et Imférieuré ; toais il ne feut pàê perdre de vUe que cette veine n'est point exempte de variétés , puisqu'elle peut s'ouvrir delrière la clavicule plus haut que de coutume , à la naissance de la sous-clavière. Oh Yà même vue remontant vers la clavicule pour Èe terliiinet' comhle elle le fait comtnutiément.

Laiith fils a publié un fait curieux dans lequel cer* taines brailches de la sous-cla^ière étaient dotitiéèS par Faxillâire, comme k thyroïdienne inférieure ; les cervicales tràiisverse et profonde, toutes insérées sur uri tronc unique : raxillaîfè fournissait, de pltis, dëtix cervicales ascendantes : du côté oppfosé à Tanomalie; qui se montrait à droite, Faxillâire n'émettait auôune branche appartenant à la sous-clavière , sî ce n'est la mammâlt*e ifcterne.

Grand serait Fetobafras du praticien , sî un dé^ vaisseaux venu anormalement de l'axillai^è , ouvert ou atteint d'anévrisme, nécessitait la ligature du tronc dont il étûanè. Comment reconnaître cette aberration d'origine? La situation plus inférieure de l'artère lésée serait le seul indice. L'anomalie précédente intéresse eftôofe en ce sens , qu'elle vient en exception à la f ègfe en verttf de laquelle le nombre de branches dé Faxitlaire est plutôt diminué qu'augmenté, alors qu'il est assez ordinaire qu'une ou deux des branches infërieares soient fournies par la brachiale o* ses vaisseaux collatéraux.

Sur le cadavre d'un jeune homme injecté pour mes leçon»/ Fartère acromiale droite , née isolément dé Faxillâire , près de Fextrémité supérieure dti petiî

pectoral, la branche qui se rend aux muscles pecto^ raux était rudimentaire et se consumait dans le grand pectoral; l'artère qui, avec la veine céphalique, occupe l'intervalle séparant le deltoïde du grand pectoral , était grêle , tandis que la branche appelée transverse, à cause de sa direction , avait acquis un volume considérable et représentait la continuation de Facromiale; celle-ci , parvenue dans la portion claviculaire du deltoïde, émettait deux rameaux, un pour le grand pectoral ; Fautre , plus volumineux , contournait la partie antérieure du col de Thumérus , s'inosculant largement avec la circonflexe postérieure et remplaçant Fantérieure. En opposition à cette singulière aberration , Facromiale et la circonflexe antérieure du côté opposé étaient régulières.

Chez quelques sujets , c'est au voisinage du muscle sous-clavier que Facromiale sort de Faxillaire, quoique généralement sa naissance soit voisine du petit pectoral , et de là le précepte d appliquer la ligature de Faxillaire plus haut que plus bas (i).

La $ouS'Scapulatre ou la scapulaire commune ^ la plus considérable des branches de Faxillaire , qu'elle peut même égaler en grosseur, présente un volume variable , suivant son origine plus ou moins élevée. Elle naît en communauté avec la thoracique inférieure, la circonflexe postérieure, et même parfois

(i) Les cas d'anévrisme de l'acromiale sont rares. Pelletao, dans sa Clinique chirurgicale^ en cite un exemple. Le célèbre chirurgien de rH6tel-Diea n'assista point à la nécropsie du sujet, qui mourut d une maladie étrangère à celle qui nous occupe. J*ai lu et relu Tobservation; Texistence de l'anéyrisnte de Tai^oimaie me semble fort douteuse.

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avec rhumërale profonde. On a vu la scapulaire inférieure donnée par la brachiale. Monro affirme que la scapulaire qui nous occupe était fournie par la thyroïdienne inférieure; mais il est probable » comme Tavance Meckel, que cette bizarre anomalie n'atteignait que la partie supérieure du vaisseau. Un examen comparatif entrepris sur plusieurs sujets, quant au développement de Fartère scapulaire commune et de la scapulaire supérieure, branches de la sous-clavière, porte à admettre un véritable antagonisme enlre elles. La dernière est-elle volumineuse, la portion de la scapulaire commune , dite dorsale de Tomoplate , distribue moins de rameaux dans la fosse sous-épineuse. En Tabsence de la sus-scapulaire , Finférieure s'étend à toute la fosse sus-épineuse , envoie un rameau long et ténu , sorte de satellite du nerf sus-scapulaire. J'ai été à trois reprises témoin de cette variété, qui se manifesta deux fois à droite. Oa observe la scapulaire commune émettant la collatérale interne supérieure du bras : un exemple semblable a été reproduit par MM. Bourgery et Jacob (i). Le fait suivant, dont j'ai été témoin, mérite d'être connu: un ouvrier du port de Brest reçut, dans une rixe et d'un miUtaire ivre, un coup de sabre qui pénétra profondément entre le côté gauche de la poitrine et le scapulum. Le sang jaillit avec force , sans pouvoir être arrêté par les tentatives des assistants. Une heure après levénement, le blessé fut transporté à l'hôpital principal de la marine, dont j'étais prévôt de chirurgie ; le malheureux expira quelques minutes après son entrée. Chargé de la ré-

(i) Traite (Tanatotnie de Vhomme^ t. IV, artçiiulogie, pL ixiii.

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dactîon du rapport médico-légal , je m'assurai que la scapulaire commune avait été divisée obliquement, dans les trois quarts de sa circonférence , au}t envireas du bord inférieur du muscle soiis-scapulaire, entamé lui-même par la pointe du sabre. Une artère provenant de la scapulaire était la collatérale interne snpérieure, émergeant beaucoup plus haut qu à l'ordinaire. Je me demandai à cette époque et me demande encore aujourd'hui quelle était la conduite à tenir^ si on avait été appelé à l'instant de la blessure. Impossible de lier le vaisseau dans la solution dé continuité profonde et oblique , quoique sa direction rendit probable l'ouverture de la scapulaire commune: il n était qu'une ressource offrant quelque t^hance dé salut, je veux parler de la ligature de l'axillaire.

Le docteur Alquié a soumis à mon etamen et a eu l'obligeance de dessiner pour moi une pièce sèche injectée qu'il possède, et dont je donne la description , quant à l'axilliaire et à ses branches. La plupart de celles fournies normalement par ce vaisseau viennent ici de la scapulaire commune, ainsi que la collaléhilé humérale externe (côté droit). Sur Un sujet portant une telle anomalie^ l'action d'uninstrt<mëi](t viilné^nl on iHie esquille détachée pair «ne ftHctme de l'irtldéftis à son tiers mpértetJtf pouvait eiitfattter l'o^verlôW» êë la coHatérale exte^e ^ et con^oire le «^hifrwgiM k lier Thumérale au-des^sde la plagie, opératkm qtii ,' très rationnelle d'ailleurs , ne mettait psfs fin à l'k^ morrhagîe réclamant la ligature de Fs^rlkiire. I0 collatérale externe du bras, la thoi-acîque longue, les circonflexes naissant de la scapulaire commune , la circafation tie se létabHiait-etlé pas d'une manière

DE L ARTÈRE ÂXILLAIRË. DQ

plufl soudaine dans le bras et layani-bras , si on portait un fil sur rhumérale , au-dessus de Torigine (Mrdinaire de la collatérale externe » celle-ci venant au-dessus de la ligature^ d'une artère en communication avec trois autres, avec des branches de la sousdavière et des intercostales aortiques?A loccasion d une lésion de la brachiale ou d'un anévrisme , il deviendrait indispensable de lier les deux bouts du tronc, artériel ,' peut-être aussi Faxillaire non loin de la clavicule. Les divisions de c«tte artère et dé rhumérale s'accomplissant d*après le mode naturel , un lien placé sur lorigine de Thumérale ralentit, sndpend-le cours du sang et permet la formation d'un caillot dans les plaies artérielles ou de masses fibri* neus^ dans une poche anëvrismale ^ tandis que par Fetiet de la variëlé que je rapporte, la ligature de la fin de Taxillaire ou du comnÉencement de Thumérale ne saurait suffire pour sopposer à l'impulsion sanguine. L'anomi^ qui nous occupe n'apporterait aucune modification au traitement des blessures ou anévrismes de l'axillaire : c'est toujours la sous-dlavière qu'il conviendrait de lier.

L'observation que je cite, jcÂnle à bêaucomp d'aiUres cas plus oii moins analogues , tend à justifier le conseil donné par Guthrie , celui de rechercher les vaisseaux dans la f^ie pour enlourer d'un lien chacun dea bouts de la division.

La circonflexe antérieure manque ou est double. J'ai observé la première variété sur trois sujets , et deux fois à droite. Le vaisseau était suppléé par deux artérioles de Faxillaire et de Facromiale. L'origine de la circonflexe antérieure varie : tantôt elle provient

laO ANOMALIES

d'un tronc commun avec la circonflexe postéii^ire; mais , communément, elle naît isolée et au-dessus de la postérieure. J ai longtemps conservé un membre supérieur gauche dont la circonflexe antérieure, d'un petit calibre, émergeait de la partie supérieure et interne de rhumérale profonde , anomalie rare , mentionnée par Meyer, et que n'a point rencontrée Meckel dans ses nombreuses recherches.

La circonflexe postérieure vient-elle directement de Taxillaire,' sa situation est plus basse, Tartère ellemême devient une véritable récurrente. J'avoue ne pas avoir noté tous les cas assez nombreux dans lesquels cette disposition existait. Lauth fils a publié neuf exemples semblables; il ajoute que le tronc commun émanait cinq fois de laxillaire au-dessus du tendon du grand rond, et que c'était bien la circonflexe qui donnait la profonde, proposition vraie dans la majorité des circonstances ; mais quelques faits exceptionnels observés avec soin me portent à admettre qu'à son tour l'humérale profonde fournit la circonflexe postérieure , sans considérer avec Murray et Sœmmerring ce cas comme le plus commun. Enfin, quand la circonflexe postérieure natt de la collatérale externe , son origine se remarque très bas au-dessous des tendons du grand dorsal et du grand rond, tandis que, naissant de la sous-scapulaire , ou la voit placée très haut au voisinage du col de l'humérus.

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