‹ Des Appendicites: Contribution à l'étudeChapitre 19 sur 21 · EN 7 LS · texte numérisé non relu

EN 7 LS

On envoya chercher un médecin qui conseilla le repos absolu et ordonna au malade de prendre le lendemain matin une cuillerée à bouche d'huile de ricin. La température du soir était normale.

Le reste de la semaine se passa relativement bien, mais le malade ne put reprendre son service ; la température exactement prise malin et soir ne dépassa jamais 38°, Seules une constipation qui ne cédait qu'aux purgatifs et la présence de la tumeur douloureuse à la pression indiquaient que cet état n’était qu'une rémission.

Le 29 mai.— Mêmes symptômes que 7 jours auparavant, c'està-dire douleurs vives s'irradiant vers les cuisseset l’épigastre ; le malade ne vomit toujours pas, mais souffre beaucoup. On lui conseille alors d’entrer à l'hôpital.

Etat Actuel. —Homme vigoureux, n'ayant pas lestraits tirés, ni le faciès abdominal : la température est de 37°,5. Laquantité d’urines rendue est normale. |

On trouve une tumeur du volume d’une petite orange, siégeant dans la fosse iliaque, tumeur d'une dureté ligneuse, faisant corps avec les parties profondes, sonore à la percussion, presque indolente, peu de douleurs spontanées. Opération le 2 juin.

Incision suivant le trajet de la ligne de l’iliaque primitive, ouverture du péritoine ; découverte d’une masse du volume d’une petite orange, constituée par l'intestin et l’épiploon intimement unis. Décortication progressive de ces adhérences au milieu desquelles se trouve un appendice que M. Tuffier libère et qui le conduit sur une perforation siégeant à son insertion au cœcum. L'appendice mesure 18 cent. de long. Il est dur, scléreux. Suture de la perte de substance (suture bord à bord, et suturede Lambert). Tamponnement iodoformé.

Au 5° jour, quelques matières stercorales se sont écoulées par la plaie, puis il n’est plus veru que du pus et le 10 la plaie était en bonne voie de guérison. On le remet à la nourriture commune

Benoit 9

Le 16 juin. — La guérison que l’on croyait devoir être complète est entravée; une fistule se reforme, donnant passage à du pus non mélangé à des matières fécales. Le malade jouit d'un étal général excellent ; il ne souffre pas.

: Le 20 juin. — Il n'ya plus qu'une pelite fistule ne donnant lieu qu'à une suppuralion des plus minimes.

Le 25. — 11 n'existe plus trace de la fistule.

Le 8 juillet, — Le malade peut être considéré comme guéri ; il commence à se lever et ne ressent plus qu’une faible douleur à la pression au niveau de l'incision. |

OBservarTiON V, de M. Tuffier (inédite).

Pérityphlite suppurée simulant une obstruction intestinale. Opéra- tion. Guérison.

- A... Louis, âgé de 29 ans, domestique, entré à l'hôpital de:la Charité, salle Velpeau, n° 4, le 16 janvier 1890.

Homme vigoureux, bien constitué, cet homme. n’a jamais été

malade.

Il raconte qu'il n'a rendu par l'anus ni matières, ni gaz depuis le 10 janvier, et qu’il souffre depuis le 12 dans le flanc droit. Il n’a pas eu de vomissements, et nous dit que dès le 10 janvier il ressentait une douleur assez vive dans le flanc droit et au niveau de l'estomac.

Lorsque nous le voyons il a les traits tirés, le faciès abdomipal ; sa température est de 38°,5 ; il éprouve une soif vive, mais un profond dégoût pour les aliments. î

La quantité d’urines rendue est normale.

Le ventre est ballonné, les anses intestinales ne se dessinent

pas sous la paroi abdominale. La pression n'est douloureuse que

Le

dans la région cœæcale, encore assez peu, puisqu'il est possible de pratiquer une percussion minutieuse ; celle-ci donne de la sonorité hydroaérique le matin, et de la matité le soir.

La palpation indique une forte tension des muscles droits : on arrive par elle à limiter un gâteau dur, un peu plus étendu que la paume de la main el situé exactement en avant du cœcum.

On lui donne un lavement, puis on introduit une grosse sonde rectale ; ni l’un ni l’autre de ces moyens n’amène d'issue de gaz ou de matières fécales.

17 janvier. — Même élat, même constipation absolue, même absence de vomissements, même élévation thermique (38°).

‘Opération. — Chloroforme.

Incision courbe de 12 centimètres, commençant un peu au-dessus et en avant de l’épine illiaque, et aboutissant au milieu de arcade crurale environ.

Les muscles de la paroi sont œdématiés, ë

Le doigt introduit dans l’incision ne trouvé rien nulle part, excepté en haut où il parait serré entre la paroïet quelque chose de résistant.

L’incision est prolongée en haut d'un coup de ciseaux et le doigt de nouveau introduit.

Au cours de ces manœuvres il sort un flot de pus couleur chocolat et très fétide évalué à 150 ou 200 grammes, qui se fait Jour par la partie supérieure de l'incision..

Après son évacuätion, on reconnaît qu'il a passé par une ouverture circulaire, pratiquée dans ce que l’on est autorisé à prendré pour le péritoine pariétal, lequel aurait été, non pas incisé, mais pris pour le cœæcum et repoussé avec le doigt.

Par cette ouverture de la poche péritonéale (poche de l’abcès) on reconnaît le cœcum rouge, violacé, avec un point grisâtre qui paraît en imminence de sphacèle.

Lavage de la plaie ; on ne porte ni la canule de l'irrigateur, ni

ESGARSE

le doigt dans l'ouverture péritonéale, car on ignore s'il existe là une poche parfaitement close et si d'ailleurs semblables manœuvres ne risqueraient pas de la faire céder en un point.

La partie supérieure de la plaie est bourrée de gage iodoformée, médiocrement tassée; la partie inférieure est réunie par quatre points-de suture au fil d'argent, car elle a porté trop bas, ouvrant la paroi antérieure du canal inguinal et mettant le cœcum à découvert.

Bandage de corps ; durée 40 minutes, pansement compris.

18 janvier. — Pansement renouvelé: la gaze .est tachée de pus, sans traces de matières fécales.

État général stationnaire, pas de fièvre (37°,) mais constipation toujours opiniâtre.

19 janvier. — Pansement renouvelé ; pus, sans matières fécales. Etat général un peu meilleur, a rendu un gaz.

20 janvier. — Le malade a eu dans la nuit une véritable débâcle qui l’a beaucoup soulagé ; la figure est meilleure, pas de fièvre, pas de douleurs. Le pansement est renouvelé, pas de matières fécales, pus en abondance.

21 janvier. — L'état général est en progrès, la douleur est nulle, la fièvre nulle aussi. Le doigt retire de l'angle inférieur de la plaie un noyau de fruit (reconnu tel au laboratoire). {

Pas de matières stercorales dans la plaie, pas de fistule apparente sur le cœcum dont le point grisâtre persiste.

23. — Mêmes remarques ; les selles sont maintenant régulières.

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