‹ Des Appendicites Pseudo NéoplasiquesChapitre 19 sur 22 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Mme V. P.. entre à l’hôpital dans le service de M. le Professeur FERRARI, salle Bichat, pour crises abdominales sous-hépatiques.

Cette malade aurait déjà présenté deux crises abdominales frustes, étiquetées crises appendiculaires.

Les accidents actuels ont débuté, il y a quelques jours, par des douieurs violentes sous-hépatiques, avec irradation en bretelles de l’épaule droite, vomissements contracture abdominale, léger subictère et température à 40°.

La palpation de l’abdomen, en effet, montre un abdomen souple dans toute son étendue, sauf dans le cadran sus-ombilical droit, où toute la paroi abdominale est contracturée, douloureuse à la palpation. Cette

sol

douleur est également retrouvée dans la région lombaire ; la première impression clinique laisse un diagnostic en suspens, entre cholécystite, infection rénale d'origine indéterminée et appendicite sous-hépatique.

On institue sous une surveillance étroite, le traitement médical classique : poche de glace sur le ventre, diète hydrique.

Très rapidement, sous l'effet de cette thérapeutique, le tableau clinique s’amende, la douleur disparaît progressivement, ainsi que la contracture abdominale ; et au bout d'une dizaine de jours, la palpation révèle, dans la région sous-hépatique, l'existence d’une masse de la dimention de deux poings. Cette masse est duré, immobile, douloureuse à la pression et présente un contact lombaire. Les urines sont claires et l’examen du rein droit est négatif. C’est alors qu’on pratique un examen radiographique du gros intestin par lavement bartyté donné à faible pression. Cet examen est fait suivant la technique de Sauvé. La radiographie indique alors l’existence d’un gros cœcum en position soushépatique. Les contours de l’organe coïncident avec l'ombre du fil métallique de sorte qu’on se demande s’il ne s’agit pas d’une appendicite coïncidant avec un volulus chronique du cœcum. La partie droite du transverse est tout près du cœco ascendant et la palpation dissocie facilement les deux ansks l’une de Pautre. #1

Intervention le 2 février 1935 sous anesthésie générale. (Professeur FERRARI, Docteur VERGOzZ).

Laparotomie médiane sus et sous-ombilicales. Le cœcum est en position haute sous-hépatique et la partie

: serie

droite du tranverse fixée à lui par des adhérences. On

dégage au doigt cette zone d’acolement colique, la face supérieure du foie, la vésicule biliaire sont saines ; rien au canal duodéno-pylorique. Le cœcum est immobilisé, fixé à la paroi lombaire par de nombreuses adhérences et sa palpation dénote l’existence d’une zone tumorale rétro-cœcale. Le décollement au doigt du fond cœcal, qui est particulièrement difficile, découvre une zone de granulations inflammatoires, granulations rosâtres éparpiilées sur l’étendue d’une petite paume de main, au milieu desquelles on découvre un calcul stercoral de la {dimension et de la forme d’un noyau d'olive. Pas la moindre trace de pus. Malgré une recherche minu- \ieuse, l’appendice n’est pas retrouvé. On croit donc qu'il s’agit d’une dégénérescence inflammatoire spontanée de l’organe. La région rétro-cœcale est drainée à l’aide de trois mêches. La paroi est fermée en un seul plan.

Les suites opératoires se sont passées sans incidents. La malade quitte l'hôpital au bout d’un délai normal ; revue ces jours derniers (mars 1936), elle ne présente plus trace de sa lésion.

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