‹ Des applications de la micrographie et de la bacteriologie a la precision du diagnostic chirurgicalChapitre 3 sur 3 · ÉLÉMENTS DU DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DU DIAGNOSTIC

Les éléments du diagnostic sont formés par :

1» Les altérations des globules rouges.

i Augmentation (hypercrinie , pléthore).

Diminution (aglobulie, anémie).

— (Cachexie, hémorrhag-ies) .

- „ , PoikilocYtose,Microcythémie (Ané

— de forme ^ j

mie pernicieuse, anémies graves).

— de diamètre

Globules nains, globules géants.

(Chlorose).

, , . { Chlorocytes, (acromacytes).

— de coloration ...,.< ^/

( Id. id.

de consistance

Dégénérescence pigmentaire des globules rouges

Apparition dans le sang des globules rouges à noyaux

Sang visqueux, sang dissous.

(Ictère. Cancer du foie, maladies infectieuses).

Fièvre intermittente.

Anémie extrême, sang embryonnaire, cancer, leucocythémie, empoisonnements.

2"^ Les altérations des hématoblastes .

Augmentation Grise hématique.

Diminution Jeûne prolongé, inanition.

Disparition Hémophilie, hypoplasie.

Etc.. etc.

3° Les modifications des globules blancs.

(a) Augmentation totale ou proportionnelle

Leucocvtoses.

{b) Augmentation des leucocytes polynucléaires

Leucocytose aiguë ou chronique.

(c) Augmentation des lymphocytes

Lymphocytose.Leucocythémie lymphatique. Lympho-sarcôme généralisé. Lympho-dermie pernicieuse de Kaposi.

ÎEosinophilie. Asthme, pemphygus, polypes , arthritisme , cancer, kyste de l'ovaire, leucocythémie myélogène et liénale, ostéomalacie.

(e) Apparition dans le sang de gros f

leucocytes mononuclaires sans l Leucocythémie amygdalienne. granulations '

( /) Apparition dans le sang de gros /

leucocytes mononuclaires à ) Leucocythémie myélogène. granules neutrophiles . . . . l

ig) Apparition dans le sang de leu- i

cocytes à granulations baso- | Maladies de la peau, philes (Mast-Zellen) '

(A) Surabondance des granulations j Certaines localisations de l'arthrineutrophiles ( tisme.

{i) Diminution de granulations ^ Hypoplasie, hémophilie, anémie neutrophiles '( intestinale.

(/) Agglomération des granula- . , .

. . , -, Suppurations chroniques, ascite.

tions neutrophiles ( ^

(/c) Déformations des granu^lations l Malformations, arrêts de dévelopéosinophiles / pement, atavisme.

(t) Apparition des granulations pig-- / mentaires dans les noyaux j des leucocytes polynucléaires. '

(m) Apparition des g-ranulations pig-- r mentaires dans le protoplasma des leucocytes polynucléaires, v

(n) Apparition de l'hémog-lobine ^ dans les leucocytes et dans le ] plasma v

Arthritisme, tumeurs solides.

Malaria, mélanose.

Maladies infectieuses, cachexies, anémies g-raves d'orig-ine intestitinale, sang- dissous.

4" Les modifications du processus de la coagulation fibrineùse.

Variétés du réticulum dans les ^ Pneumonie, rhumatisme, influenza,

phlegmasies . . ( etc., etc.

Variétés des modes de coag-ulation. Thromboses variées.

5° L'apparition des éléments figurés des tissus (cellules, fibres), du mucus entraînant ou non des microbes, de certains pigments, des cristaux d'hématoïdine, des cristaux octoédriques de Gharcot. (Voir les fig-ures.)

6' L'apparition de diverses variétés des microbes, y compris ceux de la tuberculose et de la syphilis.

Tels sont les principaux éléments de hi diagnose par l'examen du sang ; nous ne pouvons dans ce travail succinct établir le diagnostic de chaque cas particulier, mais nous donnerons comme conclusion quelques exemples.

On verra que la combinaison des diverses altérations observées permet, non seulement de reconnaître la maladie, mais aussi son degré d'intensité et quelquefois son siège.

Exemple Premier. — Homme de quarante ans, soigné dans un service de médecine, pour une affection présentant tous les symptômes de la péricardite avec épanchement (angoisse, dyspnée, matité précordiale, refoulement du cœur, affaiblissement des battements, etc.).

Examen hystologique et bactériologique du sang.

Lymphocytose très prononcée, nombre de leucocytes polynucléaires normal. Nombre de cellules éosinophiles augmenté. Pas de globules rouges à noyaux. Pas de réticulum fibrineux. Pas de microbes.

L'absence de leucocytose et de réticulum fibrineux, l'augmentation des cellules éosinophiles permettent d'écarter l'idée d'une phlegmasie. 11 ne s'agit donc pas d'une péricardite.

La présence d'une quantité normale de leucocytes polynucléaires, l'âge du sujet permettent d'écarter l'idée d'une leucocythémie lymphatique.

En effet, la leucocythémie lymphatique s'observe presque exclusivement chez des sujets de dix-huit à vingt-quatre ans, et les leucocytes polynucléaires participant à l'hypoplasie générale chez ces sujets, sont par conséquent, moins nombreux.

Au contraire, la surabondance des lymphocytes, l'augmentation des cellules éosinophiles correspondant à un nombre normal de leucocytes polynucléaires sont caractéristiques du lymphosarcôme. Nous portons donc le diagnostic : Lymphosarcôme du médiastin antérieur.

Deux jours après, apparition d'un ganglion dans la région susclaviculaire gauche.

Le lendemain, tuméfaction de la rate qui augmente rapidement ; le jour suivant, apparition de ganglions inguinaux.

Au bout de quinze jours mort.

A l'autopsie on trouve un lymphosarcôme du péricarde avec tuméfaction de la rate (3 kilos). Ganglions mésentériques, lymphosarcôme généralisé.

Exemple II. — Homme de soixante-huit ans, tumeur du testicule droit, de volume d'une noix de coco, solide, de consistance uniforme sarcomateuse, vaguement lobée, sans altération.

Douleurs lancinantes, engorgement des ganglions inguinaux droits, anémie extrême, aspect cachectique. Pas de maladie viscérale.

Examen micrographique et bactériologique du sang.

Globules rouges : 2.300.000 par millimètre cube, au lieu de 5.000.000. Hémoglobine 60 0/0 au lieu de 100 0/0. Chlorocytose, microcythose légère, pas de poikilocytose.

Pas de globules rouges à noyaux.

Hêmatoblastes. — Nombre normal.

GlohtUes blancs polynucléaires légèrement augmentés. (Leucocytose légère).

Lymphocytes. — Leur nombre est très augmenté, on compte 10 lymphocytes par champ visuel au lieu de i pour 4 champs visuels (Ocul. de Zeiss, n'^ 3. Immersion 1/12).

La proportion des lymphocytes est de 60 pour 100 globules blancs, au lieu de 17 pour 100.

Eosinophiles. — Nombre normal.

Diagnostic hématologique. — Lymphosarcôme. L'anémie constatée par l'examen du sang coloré à l'aide de la méthode d'Erlich nous surprend, étant donné que le malade s'alimente suffisamment. Nous sommes alors conduit à faire un nouvel examen de sang au point de vue bactériologique. La coloration de Koch-Ziehl nous relève la présence de nombreuses zooglœés rouges et de bâtonnets.

Castration et ablation des ganglions inguinaux. — La coupe et l'examen histologique de la tumeur démontrent qu'il s'agit bien d'un lymphosarcôme du testicule. En outre il existe une portion de la glande non envahie par le sarcome, mais infiltrée de petits noyaux caséeux.

L'examen bactériologique de ces noyaux fait aussitôt après l'opération, montre qu'ils contiennent au centre du caséum et des zooglœés tuberculeuses, à la périphérie quelques rares bacilles de Koch.

Exemple III. — Femme de 38 ans. Robuste et bien portante avant décembre 1893. Fait un voyage à Cannes et y tombe malade. Fièvre à exacerbation vespérale, sueur, courbature générale, ano-

rexie complète. Revient en mai à Paris et en présente à notre consultation le 8 juin avec une tumeur de l'amygdale droite du volume d'une noix, un énorme paquet de ganglions indurés dans l'aisselle droite et de ganglions moins volumineux dans les aines. Aucun symptôme de lésion viscérale quelconque. Les ganglions axillaires gauches provoquent de telles douleurs que la malade demande avec prière à en être débarrassée.

Résumé de l'examen du sang. — Globules roitges. Nombre : 3.000.000. Pas de mycrocytes. Pas de poikilocytose. Pas de rouges à noyaux.

Hématohlastes normaux.

Leucocytes polynucléaires, 3 à 4 par champ visuel, augmentation légère (Leucocytose).

Lymphocites augmentés, 2 par champ visuel au lieu de i par 4 champs visuels.

Eosinophiles normaux.

Préparation bactériologique. — Méthode de Koch-Ziehl : Filaments de 20 y. avec espaces clairs et points colorés (endo-spores) (forme d'involution de Marpmann de Leipzig). Bacilles granulés. Zooglœés abondantes.

Diagnostic. — Tuberculose à marche rapide, à localisation ganglionnaire.

I î juin. — Ablation de l'amygdale droite et du paquet de ganglions axillaires gauches.

Les ganglions renferment de gros noyaux caséeux.

L'examen bactériologique de l'amygdale et des ganglions démontrent l'existence de nombreux micro-organismes de la tuberculose (zooglœés en particulier).

Réunion par première intention de la plaie axillaire.

Le 2^ juin. — Les douleurs ont disparu aussitôt après l'opération.

Le 2 juillet. — La malade commence à tousser, phtisie galopante, ramollissement caséeux des ganglions de l'aine droite.

Morte de tuberculose généralisée le 1 5 juillet.

Exemple IV. — Homme de 53 ans. Constitution herculéenne; appelle son médecin en octobre 1892 pour phénomènes d'occlusion intestinale et dysurie.

Sous l'influence d'un purgatif, violents efforts de défécation, débâcle et diarrhée consécutive.

Appelé huit jours après, nous trouvons dans le bassin une tumeur du volume d'une tête d'adulte, globuleuse, solide, située dans l'écartement des iliaques primitives, entre la vessie et le rectum et sans communication avec ces organes. L'occlusion intestinale et la dysurie étaient dues à la compression.

Nous revoyons le malade quatre jours après, il a évacué la veille par le rectum du pus légèrement coloré par du sang. La tumeur a diminué de moitié, elle s'est évacuée en partie par l'intestin.

Nous recueillons des urines ; disons, pour n'y plus revenir, qu'elles sont normales.

Dans les garde-robes nous apercevons des débris de tissu blanchâtre ou rosé, nous les recueillons avec soin, espérant qu'ils proviennent de la tumeur et nous aideront à en reconnaître la nature.

L'examen microscopique nous démontre qu'il s'agit de cellules épithéliales de l'intestin, de globules de pus et de globules rouges.

Ces renseignements n'éclairant pas beaucoup le diagnostic, nous recueillons du sang à l'oreille.

Examen du sang. — Anémie légère et leucocytose.

Nous faisons plusieurs préparations bactériologiques.

La préparation colorée par la méthode Koch-Ziehl nous révèle la présence de filaments de 15 à 20 a, avec espaces clairs et points colorés. (Forme d'involution de Marpmann) et de nombreuses zooglœés.

Nous examinons alors à nouveau les garde-robes fraîches par la même méthode, et nous trouvons des zooglœés et quelques rares filaments colorés en rouge ; mais comme les spores qu'on trouve fréquemment dans l'intestin peuvent prendre la même coloration, nous sommes obligés, pour conclure à la tuberculose, de chercher jusqu'à ce que nous trouvions le bacille de Koch. Ces recherches sont d'ailleurs rapidement couronnées de succès.

Nous portons donc le diagnostic : Ganglions mésentériques tuberculeux, suppurés, venant de s'ouvrir dans l'intestin.

Trois semaines après, il ne reste plus trace de la tumeur, la diarrhée a cessé, tous les accidents ont disparu, et le malade recouvre peu à peu la santé sous l'influence du traitement arsenical, créosoté, phosphaté.

Dans deux cas analogues, il nous a suffi depuis d'examiner les garde-robes.

Exemple V. — H. 50 ans. Robuste, bien constitué, jamais malade, est pris subitement de douleurs abdominales du côté droit avec constipation opiniâtre. Comme il est riche, on appelle successivement, puis simultanément six médecins. L'un diagnostique : coliques néphrétiques, l'autre : cancer de l'intestin, le troisième : rhumatisme intestinal, le quatrième : occlusion intestinale, le cinquième : péritonite, le sixième : typhlite.

Examen du sang. — Leucocytes très abondants, riche réticulum fibrineux, absence de cellules éosinophiles, bâtonnets courts, faiblement colorés par le bleu de méthylène ne prenant pas là coloration Koch-Ziehl.

Diagnostic. — Phlegmasie suppurée d'origine microbienne intestinale.

L'examen attentif du malade permet de localiser le foyer dans la fosse iliaque droite. Laparotomie. Pêrityphlite suppurée.

Exemple VI. — H. 35 ans. Opéré par nous une première fois en 1890, pour une ostéo-périostite suppurée du cinquième métatarsien droit, incision, évidement de l'os malade, pansement iodoformé et au sublimé, cicatrisation lente, guérison au bout de trois mois. Revient nous voir en décembre 1893. De nouveaux abcès se sont ouverts spontanément dans les derniers temps sur le bord externe du pied et ont laissé des trajets fistuleux, œdème énorme de tout le pied ; les trajets fistuleux se perdent au milieu des parties molles.

Avant de nous décider à une nouvelle intervention chirurgicale, nous voulons savoir si les accidents ne sont pas liés à une maladie constitutionnelle «tuberculose ou syphilis ».

Cliniquement le malade ne présente aucune trace de tuberculose viscérale.

Interrogé au point de vue de la syphilis, il déclare n'avoir jamais eu d'accidents manifestement imputables à cette maladie.

Examen du sang. — Les caractères des éléments figurés du sang sont normaux; il existe toutefois une augmentation notable des hématoblastes et une augmentation légère des cellules éosinophiles.

préparation bactériologique. — La coloration de Koch-Ziehl ne donne aucun résultat. 11 n'existe donc pas de tuberculose.

2"" préparation bactériologique. — La coloration de Golasz montre des bâtonnets renflés aux deux extrémités de loi^. de longueur et des spores en forme de gros diplocoques, les formes sont caractéristiques du cladothrix que nous avons l'habitude de rencontrer dans la syphilis, surtout dans les accidents secondaires et tertiaires.

Diagnostic. — Lésion ostéo-periostique d'origine syploilitique.

Nous prescrivons l'iodure de potassium à la dose de 4 grammes par jour et des injections dans les trajets fistuleux avec une solution de sublimé. ^

Au bout de huit jours l'œdème du pied a diminué de moitié, les trajets fistuleux ne laissent plus suinter que quelques gouttes de liquide.

En présence de cette amélioration remarquable, nous rejetons toute idée d'opération, et nous conseillons de poursuivre le traitement. L'amélioration s'accentue progressivement, mais rapidement; au bout de cinq semaines, le pied a repris sa forme normale, et les trajets fistuleux sont complètement fermés.

Exemple VII. — F. 62 ans. Névralgie rebelle des muscles de la nuque traitée sans succès par les calmants (belladone, mor" phine), les révulsifs (teinture d'iode, vésicatoire, pointes de feu)' le salicylate de soude, la quinine, l'antipyrine et finalement par la section des fibres du trapèze.

Elle nie tout antécédent syphilitique.

Examen du sang. — Anémie intense sans leucocytose, augmentation des hématoblastes et des cellules éosinophiles.

La coloration par la méthode Golasz révèle la présence de spores ovoïdes plus ou moins allongés avec deux grains chromatiques. Quelques rares bacilles avec des espaces clairs, formes de Lustgarten.

Ces micro-organismes sont caractéristiques du cladothrix que nous trouvons habituellement dans la syploilis.

Nous prescrivons le protoiodure de mercure et l'iodure de potassium.

Les crises névralgiques s'espacent et s'atténuent dès le second jour. Elles disparaissent complètement après 30 jours de traitement.

Exemple VIII. — Nous avons pu préciser le mécanisme de certains troubles cardiaques d'une interprétation difficile. Nos préparations présentent sur ce point un intérêt de premier ordre.

Nous citerons d'abord le cas d'un malade qui se présentait avec des phénomènes de dyspnée et d'angoisse précordiale.

M. Golasz fit plusieurs préparations du sang, nous trouvâmes des spores du bactérium de la syphilis, du pigment de la malaria, des plasmodies et des lambeaux d'endothélium.

M. Piogey examina ensuite le malade avec grand soin et posa le diagnostic d'aortite. Un peu plus tard, nous arrivâmes à retrouver dans les antécédents du malade la syphilis et la malaria.

Nous avons observé et suivi avec le D^' Golasz plusieurs cas de malaria dans lesquels les malades présentaient des troubles cardiaques revêtant le caractère intermittent et les allures de l'angine de poitrine avec syncope prolongée, phénomènes asphyxiques et même hémoptysie dans certains cas. Le sang recueilli au moment de l'accès d'angor pectoris charriait des quantités incroyables de pigment, formant par place de volumineux thrombus, de sorte que nous étions conduits à attribuer les accès à des thromboses plus ou moins prolongées des branches de l'artère coronaire. Nous publierons plus tard ces cas /// extenso.

Dans l'endocardite gonorrhéique nous trouvons dans le sang, outre les débris d'endothélium, des formes de diplocoques présentant les mêmes caractères et les mêmes réactions que les gonocoques tels que M. Golasz les a décrits le premier dans le sang au cours d'une endométrite blennorrhagique.

Nous avons, en outre, acquis, par des observations répétées, la certitude que les formes graves de la malaria, s'accompagnant de la présence d'un grand nombre de plasmodies et d'une abondante dégénérescence pigmentaire des globules rouges, réalisent un état de déchéance nutritive profonde et capable de retentir sur les traumatismes accidentels ou chirurgicaux, en empêchant ou en retardant la réparation des tissus, en favorisant les associations microbiennes et en accélérant leur généralisation (généralisation rapide de la tuberculose chez certains malariques, par exemple).

Le chirurgien doit compter avec cette maladie microbienne comme il compte avec la tuberculose, la syphilis, le diabète, l'albuminurie, l'alcoolisme, etc., etc.

Dans un organisme malarique, comme dans un organisme syphilitique, les micro-parasites envahissent le foyer traumatique (locus minoris resistentiœ, rappel de diathèse, Verneuil).

Nous citerons seulement deux cas bien édifiants observés chez des malades de l'Amérique du Sud.

Exemple IX. — Une Femme de 26 ans, atteinte de fistule vésico-vaginale, nous arrive, après avoir été opérée quatre fois, sans succès, par un très habile chirurgien.

L'examen du sang, pratiqué avant la cinquième opération, ayant démontré que les globules rouges sont littéralement infectés de plasmodies et que le plasma charrie du pigment, en telle quantité que les lacs plasmatiques n'existent plus, nous prescrivons le sulfate de quinine et l'arséniate de soude à haute dose.

Examen du sang tous les huit jours.

Nous voyons le liquide nourricier se nettoyer peu à peu. Au bout de six semaines, il est sensiblement normal.

Nous conseillons alors l'opération. Elle est suivie d'un plein succès.

Exemple X, — Femme de 20 ans. Opérée d'un fibrome utérin par hystérectomie vaginale, n'avait jamais eu d'accès francs de fièvre intermittente. Le lendemain de l'opération, sans qu'il fut possible de découvrir la moindre complication, elle est prise, vers midi, d'un accès de fièvre (41" centigrade) qui dure trois heures. Le soir, la température ne s'élève pas au-dessus de 38".

Le frère de la malade, qui est un de nos confrères étrangers des plus distingués, et qui a eu connaissance de nos recherches hématologiques, vient nous supplier d'aller visiter la malade.

L'évolution des phénomènes fébriles que rien n'explique et qui revêtent une allure si singulière, nous fait penser, en raison même de l'origine de la malade, aux formes frustes de la malaria. Le lendemain, à onze heures du matin, nous examinons le sang. — Il contient des corps de Laveran en croissant et des corps ronds remplis de granulations pigmentaires animées de mouvements rapides. Les globules rouges en voie de dégénérescence sont incolores et ne contiennent plus d'émoglobine.

Le DIAGNOSTIC malaria se trouve confirmé. Nous pouvons dès lors rassurer notre confrère en lui disant que ce n'est pas la

première fois que nous observons de tels accès chez les malariques à la suite des opérations, et en lui affirmant que le sulfate de quinine et l'arséniate de soude ont toujours raison de ces accidents.

Nous pouvons en même temps lui prouver qu'il ne s'agit pas, comme il le craignait, de complications péritonéales, parce que la leucocytose est très légère et sans rapport avec un état phlegmasique à tendance suppurative.

L'événement confirma pleinement notre pronostic, et la malade guérit rapidement.

Nous pourrions multiplier les exemples, mais ceux qui précèdent nous semblent actuellement suffisants pour la démonstration de la grande loi pathologique que nous formulions au début et pour prouver L'IMPORTANCE DES RECHERCHES HÉMATOLO- GIQUES COMME ÉLÉMENTS DE DIAGNOSTIC.

Nous nous contenterons de faire suivre ce court aperçu d'une série de 24 photo-micrographies de sang recueilli à l'oreille.

Paris. — Imprimerie CERF-LÉVY, 194, Rue Eafayette.

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du AU BEAU

j^RÉPAR. DU P' pOLASZ.

f HOTOG. p. j3ERTEAUX LT f-AUDET

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D-- AUBEAU

Sang Fig. I.

Globules rouges a noyaux. — Dans l'empoisonnement par le chlorate de potasse.

pRÉPAR, DU p'' pOLASZ.

fHOTOG. p, pEF^rZAVX ET A U D E T ,

J-'répar. du P' Colasz,

PHOTOG p, f>ERTEAUX ET * U D E T .

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du AUBEAU

j^RÉPAR. DU P'' GOLASZ,

J^HOTOGR. p, BeI^TEAUX ET J^AUDET

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D' AUBEAU

Sang Fiçi. IV

Mucus ET MICROBES DANS LE SANG. — Tumeur adénoïde du pharynx nasaL

RÉPAÎ^. DU P' Poi A^Z.

pHOTOG. p. ^3eI\^TEAUX ET [.AUDET

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D-" AUBEAU

fRÉPAR. DU p' pOLASZ,

J^HOTOG p, ^ERTEAUX ET f-AUDET

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du AUBEAU

P«ÉPAR, DU P' COLASZ,

Photogr, p, Beî^teaux et Daudet

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D-- AUBEAU

Fig. i/ll.

Spirilles de la fièvre recl-rrexte dans le sang

ÈPAR. DU P' POLASZ. fHOTOGR. p, ^EE^TEAUX ET p

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D"" AUBEAU

PrÉPAR. ou P' poLASZ,

PHOTOG. p. ^ES^TEAOX ET ),AUr>ET

POLYCLIXIQUE l)]- L'IIOPITAI. INTi: UXATIOXAL Sekvice du AUBEAU Sang Ficj. IX.

TUP.KRCULOSE DANS LE SANG. — ZoO^lœCS. —

Tuber. de l'intestin .

H. 40 ans.

pREPAR, DU p' C0LA.S2,

fHOTOG p, jrÎERTEAUX ET ) A U D t T

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du AUBEAU

Sang Fig. IX bis

Tuberculose zooglœe. — Tuberculose du colon descendant.

F. de 42 ans.

PrÉPAR. du P' pOLASZ. f HOTOG. p. ;PERrEAUX ET ^AUDET

POLYCLINIQUE DL L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D-" AUBEAU

Sang Fig. X.

TUBERCULOSE. — Bacille. — Mal de Pott sous-occipital

F. de 53 ans.

RÉPAR. DU p' COLAEZ.

f HOTOG. p, ;^ERTEAUX ET f-AUD

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D*^ AUBEAU

Sang Fig. X bis.

Tuberculose. — Forme d'involution .

Tuberculose génitale mammaire et des ganglions axillaires.

F. de 27 ans.

fRÉPAR. DU P"" pOLASZ pHOTOG. p. ^ERTEAUX ET j:.AUDKT

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D-- AUBEAU

fRÉPAP,. DU P' POUASZ.

^HOTOG. p. )3Ef^TEAlJX ET f-AUDET.

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D-" AUBEAU

Sang . Ficj. XII

Tuberculose dans le sang. — Forme d'involution . — Tuber. des garglions mésenlériques.

H. 37 ans.

^REPAt^. DU P' POLASZ.

^HOTOG, p, ^EI\TEAUX ET | A U D E T ,

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D"^ AUBEAU

Sang Fig. XII bis.

Syphilis dans lk sang. — Filament, zooglœes, bâtonnets et spores.

j-'RÉPAR. DU P'' pOLASZ

^UOTOG, p, jBERTEAUX ET |.AUUET

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du AUBEAU

Sang Fig. XII ter.

Sï'PiiiLis DAiNS LE SANG. — GoiTime de l'esiomac. — Filaments et détritus provenant de la g-omme.

F. de 60 ans.

PrEPAR. du P' pOLASZ

^HOTOG. p. PeRTEAUX ET J,AUDET

POLYCLIMQUP: de L'HOPITAL INTERNx\TIONAL Service du AUBEAU

Sang Fig. XIII.

Syphilis dans li; sang. — Bâtonnets. — Quelques spores forme de ^^-ros diplocoques. — Métrite post-puerpérale.

F. 25 ans.

fnÉPAR. DU p" pOLASZ

pHûrooR. p, Bei^teaux et )audet.

POLYCLINIQUE DE L'HOPLrxVL INTERNATIONAL Service du AUBEAU

Sang Fig. X!V.

Syphilis. — Filament, zooglœes, spores

F. 35 ans.

fRÉPAR. DU P' POLASZ.

Photogr, g,

Bep^teaux et |audet.

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D'^ AUBEAU

Sang Fig.XIVbis.

Syphilis dans le sang. — xMétrite post- puerpérale, six semclines après l'accouchement.

F. de 25 ans

PrÉPAR. du P' pOUASZ

PHOTOG. p.^ERTEAUX ET |-AUDST

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D'- AUBEAU

Morvf; chronique ciîez l'homme. — Zooglœe dans le sani?

H. de 65 an*.-

pREPAR. DU p' pOLASZ. J^HOTOG. p. j3 E f^r E * U X ET |,AUnET

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL IXTERXATIOXAL Service du D-" AUBEAU Sang ' Fig. Ai//.

f RÉPAR. DU p' pOLASZ.

J=HOTOG. p. ^Et^TEAUX ET [.AUDET

POLYCLINIQUE DE L'HOPITAL INTERNATIONAL Service du D-^ AUBEAU Sperme Ficj.

Tuberculose. — Bacille dans le sperme, sans lésions cliniques appréciables, constitution herculéenne, deux enfants tuberculeux'.

H. 33 ans.

fRÉPAR. DU P' POLASZ.

fHOTOG. p. ^ERTEAUX SX ^.AUDET.

POLYCLINIQUE DE L'HOPEFAL INTERNATIONAL Service du D-- AUBEAU

Sperme Fig. Xl^lll.

Tuberculose. — Bacille dans le sperme, sans lésions cliniques des org-anes génitaux . — Tuberculose de l'estomac .

PrÉPAR. du P» POLASZ,

fHOTOG. p. ^ERTEAUX ET J AUDET.

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