‹ Des Arthrites InfectieusesChapitre 24 sur 55 · COTES · texte numérisé non relu

COTES

il n’est pas douteux que l’on rencontre fréquemment des manifestations articulaires après l'accouchement. Mais les auteurs sont loin de s'entendre sur la cause intime de ces arthropathies. Dans quelques cas assez rares on assiste à une véritable attaque de rhumatisme, appelé, ou modifié du moins, par l’état physiologique dans lequel se trouve la nouvelle accouchée, Comme toutes les causes débilitantes, l’état perpuéral expose les articulations à subir l'influence du froid, surtout lorsqu'il y a une disposition rhumatismale, héréditaire ou acquise (Ollier). Ces observations, douteuses pour les auteurs les plus récents, doivent être rares. |

Le plus souvent on se trouve en présence de manifestations qui n’ont de commum avec le rhumatisme que le siège, et on à affaire à de véritables arthrites infectieuses. Ces arthropathies de l’état puerpéral sont-elles toujours produites par le même agent infectieux ? c’est ce qu'il se rait fort difficile de dire.

Les notions bactériologiques ne nous donnent que fort peu de renseignements à ce sujet. Les recherches de Pasteur et Doléris, de Chauveau, d’Arloing, montrent que dans le sang et dans les différents liquides examinés on trouve toujours soit des microcoques isolés ou en chainettes, des streptococci, en un mot des microbes vulgaires de la suppuration. Les cultures n’ont pas donné de meilleurs résultats, et Arloing comme Cornil et Babès, coneluent que les accidents sont produits par un seul microbe, mais qu’il n’est pas prouvé qu’il soit spécial à l’état puerpéral.

Étant données les différences symptomatiques, on peut se demander si le puerpérisme n’est pas l'expression d’infections diverses. Dans le plus grand nombre de cas, on trouve toutes les manifestations de la pyohémie ordinaire. C’est particulièrement à la fin de la métrite ou de la péritonite puerpérale que l’on peut constater des épanchements purulents articulaires, aussi bien que des infarctus

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viscéraux. Qu'il s'agisse d’ailleurs comme point de départ d'une phlébite ou d’une lymphangite périutérine.

À côté de cette manifestation commune, n’existe-il pas un état infectieux tout spécial qui relève tout directement de la puerpéralité? Beaucoup d’auteurs tendent à l’admettre (Coulson, Quinquaud, Bourcy). Il y aurait quelque chose d’analogue à ce que l’on observe dans les exanthèmes fébriles, la blennorrhagie, l’érysipèle, L'essence même de la

maladie est loin d'être connue et l’on sait quelles relations

on à cherché à établir entre le puerpérisme et l’érysipèle par exemple, Ce sont là des questions qui ne pourront être tranchées que par des études plus approfondies, et que nous ne pouvons que signaler ici.

Ce qui frappe dans cette étude, nous le répétons, c’est non-seulement la variété clinique, mais encore la différence dans le mode de début des accidents’'articulaires. Dans l’observation que nous rapportons et qui représente à la vérité une évolution rare de ces complications, on voit les douleurs articulaires commencer quatre heures seulement après l’accouchement, se généraliser très vite, puis l’arthrite aiguë suppurée apparaître seulement dans quelques articulations et enfin la maladie se terminer par la guérison.

Ozs. X. — (Communiquée par M Nivet, externe des hôpitaux.)

M... femme, 27 ans, entre le {1° septembre 1885 à Cochin, dans le service de M. Dujardin-Beaumetz, suppléé par M. Faisans. Cette femme, d’une bonne santé habituelle, sans antécédents rhumatismaux, accouche le 30 août d’un enfant bien portant.

Quatre heures après, elle ressent une douleur assez vive dans l'épaule droite, puis au poignet du même côté, sans douleurs de ventre, sans frissons.

A son entrée, le 4° septembre, les mouvements de l'épaule droite sont très douloureux, pas de rougeur ni de tuméfaction. Point douloureux à la pression à la partie antérieure de la jointure. Le poignet droit est plus tuméfié et rouge. Léger ballonnement du ventre; lochies un peu fétides. 1 gr. sulfate de quinine, injections intra-utérines au sublimé.

4 septembre. L’articulation inétatarso-phalangienne est doulou-

ca se

reuse à la pression et par les mouvements. Un peu. de rougeur à ce niveau. Rien au cœur ni au poumon. 4 gr. de salicylate de soude:

A 2'heures, frissons violents:

Le 6. Quelques frottements à la: base du, poumon. droit. sans matité nisouffle. À la partie moyenne de. la jambe gauche, nodosité souscutanée du. volume d’une noix. L

Le9. Nodosité sur la jambe gauche, même état des jpintures. On prescrit de nouveau: 1! gr. de; quinine:.

Le 11. Incision au, niveau de l'articulation tarso-phalangienne et de la nodosité de la jambe, Drain, pansement.antiseptique.

Le 12. Incision au niveau de l’articulatiom scapulo-humérale et du poignet droit. Issue: d'une assez grande quantité de pus, le drain pénètre:à6 ow 8& cent. de profondeur pour l'épaule droite.

Le 13. Ouverture de l'abcès du bras gauche..

Le 18 Double épanchement pleural peu abondant.

Le 28. Disparition complète. de l’épanchement pleural: Cicatrisation des différentes incisions excepté-pour l'épaule droite. qui. a donné lieu à une suppuration: beaucoup, plus abondante, La malade ne perd plus.

20 octobre. La malade sort complètement: guérie.

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S'il nous était possible de conclure, nous dirions que le rhumatisme polyarticulaire aigu ou subaigu peut se présenter exceptionnellement après l'accouchement. Dans la grande majorité des. cas, les arthrites, suppurées relèvent de la pyohémie. Enfin, il peut exister des manifesta-— tions. articulaires, dépendant directement de l'infection puerpérale dont. la nature: est encore douteuse, Celles-ci sont généralement précoces, peuvent où nom suppurer et guérir mème sans complications.

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