GS
dans des hôpitaux, sur des sujets qui avaient été longtemps découverts pendant un cathétérisme, ou bien qui s'étaient rofroidis dans un bain de siège administré peu de temps après. » Le refroidissement, en somme, serait la cause principale de cette complication.
La théorie infectieuse est venue elle-même jeter son dévolu sur ce point de pathologie, et l’analogie qui existe entre l’arthrite uréthrale et l’arthrite blennorrhagique autorisait bien cette hypothèse. Malheureusement les faits ne sont pas venus la corroborer. On n’a pas trouvé, dans les liquidesuréthraux, pas plus que dans les liquides extraits des articulations d'organismes particuliers.
On n’a rencontré, dans le pus de ces articulations, que les organismes vulgaires de la suppuration. Cette théorie de l’origine infectieuse de ces arthrites doit être bien distinguée de la théorie pyohémique dont nous avons parlé en premier lieu.
Il nous reste à discuter ces différentes hypothèses.
IL est incontestable que les opérations pratiquées sur les voies urinaires aussi bien que les lésions spontanées peuvent donner lieu à la pyohémie ; témoins les suppurations des corps caverneux et spongieux et les suppurations prostatiques. On peut donc observer en pareille circonstance des arthrites pyohémiques au même titre, qu'à la suite des autres lésions portant sur des tissus ou des organes différents. Ces faits sont d'ordre commun. Nous voulons parler plutôt de ces arthrites survenant à la suite d'un simple cathétérisme pratiqué avec douceur et méthode, avec le minimum de traumatisme sans qu'il soit possible d’incriminer une lésion des voies urinaires, ou déterminant une lésion à peine appréciable. La question étant ainsi limitée, on pourra se demander quelle est la nature et la signification de ces arthrites. Nous croyons que l'hypothèse de la prédisposition rhumatismale ou de la nature rhumatismale de ces lésions ne peut être sérieu— sement admise. Les arthrites se présentent avec des carac-
Et
tères qui sont tout à fait distinets de l’arthrite rhumatismale qu'elles soient ou non suppurées.
Est-ce à la résorption de l'urine, est-ce à un élément infectieux particulier qu’elles sont dues? La question est difficile à résoudre, d'autant qu’on n’observe ces arthrites que chez les individus présentant de la suppuration en un point quelconque de leurs voies urinaires. Voici ce qu’en dit Velpeau (Leçons orales de Clinique Chirurgicale, 1840, T. IT p. 324 et suivantes) :
« L'urine est un des liquides le plus dangereux de l'économie et qui produit les ravages les plus affreux quand il est sorti de ses canaux naturels, quand il est épanché dans la cavité séreuse, infiltré dans le tissu cellulaire. Serait-il donc étonnant qu’un de ses principes, forcé on ne sait comment de rentrer dans le torrent de la circulation, par suite de l'opération du cathétérisme, pratiqué dans certaines e inditions, peu ou mal connues, ne devienne la cause le tous ces phénoménes? Je n’insisterai pas plus longtemps sur ce point, car il serait trop facile de s’égarer dans le champ des hypothèses. »
L'urine par elle-même, injectée dans les veines des animaux, que cette urine vienne d’un individu bien portant ou malade (fièvre typhoïde, pneumonie, etc.), produit des accidents variables, même mortels ; (Feltz et Ritter, Bouchard), mais n’a jamais produit d’arthrites et surtout d’arthrites suppurées. Il est donc probable que ce n’est pas à la résorption des éléments constituants de l'urine qu’on doit attribuer l’arthrite, mais à un élément qui peut être mélangé à l’urine; nous sommes forcé de revenir à l’idée soit de la suppuration, soit d’un élément infectieux, en d’autres termes de voir dans ces arthrites des arthrites infectieuses.
Si, d'autre part, nous réfléchissons à la fréquence des manifestations du côté des séreuses viscérales chez les brightiqueset chez les individus atteintsde lésions secon—
me VE mn
daïres des reins (Bazy) nous aurons peut-être l'explication de ces arthrites chez les urinaires.
Ces arthrites se montrent, comme mous l'avons indiqué, à la suite du cathétérisme où d'opérations pratiquées sur les voies urinaires, mais à travers l’urèthre. On n'a pas cité croyons nous, d'observation d’arthrite suppurée, à la suite des tailles, que l’on ait faitdes tailles hypogastriques où périnéales.
C’est donc en résumé le cathétérisme qui a été l’occasion sinon la cause de cette complication. Un autre point important et qui souffre peu d’exceptions, c’est que les malades atteints d’arthrite avaient un point quelconque de leurs organes génito-urinaires en voie de suppuration. Telles sont les conditions de développement des lésions articulaires.
Les lésions se développent dans un laps de temps plus ou moins long après la manœuvre opératoire; tantôt, 1l s’écoule seulement quelques heures, d’autre fois un jour, deux, trois jours et même davantage. Il serait intéressant de rechercher les causes de cette différence dans la rapidité d'apparition des accidents. On ne peut se borner qu’à des hypothèses et admettre si on le veut bien que la durée de cette espèce de période d’incubation est ‘en raison in— verse de l’intensité du poison.
Quoi qu’il en soit l'apparition de l’arthrite est annoncée, comme du reste un grand nombre de manifestations sep tiques, par un frisson d'habitude assez violent et dont la violence paraît être en rapport avec le signe d'intensité de l’arthrite. Quand plusieurs articulations sont atteintes sûr lemême sujet, chacune des attaques est annoncée de même par un frisson. On voit en somme se produire ici, les mêmes phénomènes que dans l’infection purulente, proprement dite, et on conçoit très bien que certains auteurs n'aient vu là que des manifestations déla pyohémie, mais d’une pyohémie atténuée, d’une pyohémie bornant ses ravages non seulement aux articulations, mais quelqte-
ÆNDe
fois même à une seule articulation. On peut du reste observer le même accident isolé, comme manifestation de la pyohémie la plus nette, la moins indiscutable, se développant à la suite d’une opération pratiquéé sur une région quelconque du corps en dehors des organes urinaires.
Dans les cas graves, les tissus fibreux qui entourent l'article, participent à l’inflammation et l'issue de la maladie, est l’ankylose fibreuse le plus souvent mais très serrée.
= Les articulations le plus souvent atteintes, sont le genou, le poignet, le cou-de-pied, le coude, lépaule (Marke): même l'articulation acromio-claviculaire(Bazy). Nous n’ayons pas à suivre les différentes arthrites dans leur marche qui ne différe pas de la marche des arthrites semblables que l’on peut observer dans le cours de la blennorrhagie ou d’autres maladies infectieuses : elles peuvent causer la mort, où au contraïre permettre la survie : elles ont une marche plus ou moins lente suivant la lésion dont elles s’accompagnent ; en général elles sont d'une ténacité remarquable.
TEE. — PuerpéraLiTÉ, (1)
Quelle que soit la signification que l’on donne à l'expression d'état puérpéral, de puerpéralité, de puerpérisme,
(4) On a essayé d’assimiler aux arthrites puerpérales les manifestations articulaires que l’on rencontre quelquefois au cours de la gros- “sesse ou de l'allaitement. 11 me s'agit pas ici d’arthrites infectieuses mais plutôt de vices de nutrition qui prédisposent les femmes aux atteintes rhumatismales. M. Bouchard a montré que l'allaitement réalise certaines conditions de la nutrition générale et de composition * chimique des humeurs, qui rapproche la nourrice du diabétique et --des malades à dyscrasie acide, et l'on sait que chez ceux-ci les attaques rhumatismales sont fréquentes.