‹ Des Arthrites InfectieusesChapitre 38 sur 55 · BAR LT PAU · texte numérisé non relu

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ficile, de prévoir en aucune façon qu'il s’agit de la forme rhumatismale de la dysenterie avant l'apparition des arthrites. En outre, comme le plus souvent l’inflammation de l'articulation est consécutive aux phénomènes dysentériques et non concomitante, il nous paraît mal fondé d’établir une forme dans une maladie, par le fait seul de l’apparition d'un accident aussi tardif. On n’a point créé une forme albuminurique de la scarlatine pour les cas d’albuminurie survenant au début de la convalescence de cette fièvre éruptive.

La nature rhumatismale de ces accidents ne nous semble rien moins que prouvée. En effet l’inmmense majorité des malades de Huette, de Quinquaud, de Tétu, de Fialho, de Fradet n'avaient pas directement, ou par leurs ascendants, d’antécédents rhumatismaux. Il a été en outre nombre de fois constaté que, chez des sujets ayant eu des attaques antérieures, ce rhumatisme n'avait point reparu à l’occasion de la dysentérie.

Le froid ou la saison ont paru sans influence, plusieurs malades n'avaient pas encore quitté leur lit, et les observations ont été prises aux époques les plus variées. Enfin, en se reportant au paragraphe que nous avons consacré au diagnostic de l’arthrite dysentérique et de l’arthrite rhumatismale, on sera facilement convaincu de leur indépendance d’origine. Leur symptomatologie, loin d’être identique, offre seulement quelques analogies, analogies de peu de durée et qu’un examen sérieux laissera rarement subsister.

Nous arrivons à la théorie moderne, nous pourrions dire contemporaine ; elle repose sur l'admission de la dysentérie au nombre des maladies infectieuses. Sans contredit la dysentérie endémique ou épidémique se comporte comme une maladie générale infectieuse ; les complications, et nous employons ce mot dans le sens où l’emploie M. Quinquaud, les complications que l’on rencontre dans le cours de cette maladie, viennent à l’appui de cette opi-

nion. L'endocarde, le péricarde, la foie, la plèvre et peut

être aussi les méinnges, sont le siège d'accidents qui rappellent ce qui se passe dans les maladies de même ordre. Les recherches bactériologiques, quoique encore imparfaites tendent à confirmer cette origine parasitaire. Ziegeer, Prior, Cornil et Babèsont fait, à cet égard, des observations concordantes. | PNA

Le microbe spécifique de la dysenterte est encore à découvrir : à plus forte raïson n’a-t-on pas rencontré de microorganisme caractéristique dans le liquide articulaire, cependant 1! est permis d ‘assimiler © ces ArtREMeS aux

manifestations des état infectieux.

Ici, plus que dans toute autre affection, il est facile d aisés l'hypothèse de rhumatisme pyohémique de Lasègue, puisque jamais où presque jamais cette arthrite ne suppure; elle n’en est pas moins infectieuse. On pensera enéore moins à à Ja vicille théorie de la sympathie, rajeunie dans ces derniers temps par Fradet; eneore moins à la théorie sympathique de Huette. « Il existe une affinité morbide, qui, les muqueuses étant malades, détermine des effets pathologiques réflexes sur d’autres tissus de lPéconomie, » disait Huette. « Il est rationel d'admettre que les muqueuses malades provoquent des actions réflexes amenant des effets pathologiques sur certains tissus de Féconomie, » dit M. Fradet. Nous avouons pour notre part, étant données les connaissances actuelles sur le rôle des bactéries dans les maladies infec— tieuses, parmi lesquelles il faut à bon droit ranger la dysenterte, nous avouons trouver beaucoup plus rationel de conelure à une manifestation d’une maladie générale infectieuse.

IT. — CHOoLÉRA

En raison del’évolution rapide des symptômes du choléra, on ne doit pas s'attendre à rencontrer dans les articula-

tions des modifications de structure très profonde, ni des manifestations bien appréciables pendant la vie. Au milieu du cortège des symptômes généraux qui dominent la senèe, quelques douleurs articulaires peuvent passer ina perçues, ou se confondre avec les douleurs très vives produites par les crampes.

Il n'est pas douteux cependant qu'il y? ait, du côté des articulations des manifestations assez spéciales. Pendant la dernière épidémie, M. Poulet, professeur agrégé du Valde-Grâce, a eu plusieurs fois, dans des autopsies de:cholériques, l’occasion de rencontrer des lésions articulaires et osseuses. il a eu l’obligeance de nous communiquer la note suivante qu'on lira avec le plus grand intérêt:

« Les recherches ont plus spécialment porté sur l’articulation du genou. En ouvrant cette jointure, on y trouve un épanchement de synovie qui ne ressemble en rien à ceux qui accompagnent les arthropathies communes. La synovie plus abondante qu'a l’état normal présente des caractères propres; elle est concrète, visqueuse, file comme de la mélasse; sa coloration est blanchâtre, quelquefois rosée. Entre les doigts, elle est onctueuse, sayonneuse comme tous les autres liquides de l’économie dans cette maladie. Au lieu de s’accumuler dans les culs-de-sac, comme dans les épanchements séreux, cette synovie gelatineuse, présentant quelque analogie avec le baume Opodeldoch, reste adhérente aux surfaces des condvyles et y forme une couche de plusieurs ill mètres.

L'examen histologique, pratiqué immédiatement, permet de constater que cette matière est presque exclusivement constituée par des leucocytes altérés, en suspension dans un liquide séro-fibreux.

Du côté de la synoviale, les désordres apparents sont peu marqués ; il existe un léger gonflement des franges synoviales qui sont uniformément tapissées par le même

enduit que nous avons analysé précédemment. Ça et là, la synoviale offre une rougeur assez prononcée, en particulier dans la zone qui entoure la rotule.

Les coupes de la synoviale nous ont montré qu'il existe une desquamation épithéliale dans la plus grande partie de la séreuse. L’épithélium est remplacé par une couche de leucocytes genéralement peu épaisse, sauf en certains points ou existent des amas qui offrent le même aspect que le liquide épanché; les leucocytes y sont mêlés à des débris granuleux. Dans les couches sous-jacentes, de même que dans la capsule il n’y a pas autre chose à signaler que des lésions vasculaires. Les plus gros vaisseaux sont remplis par des thrombus d’aspects différents ; les uns sont formés par une masse fibreuse au sein de laquelle se trouvent des amas vitreux, qui se présentent sur la coupe sous la forme de petits globes ronds vivement colorés par le picrocarmin ; dans les autres la paroi vasculaire est altérée, les éléments constituants n’en sont plus distincts et des globules rouges conglomérés en obturent la lumière. Ces modifications semblent se continuer jusque dans les anses vasculaires des franges synoviales.

Les cartilages n’offrent aucune lésion apparente. A leur limite, au point ou la synoviale se réfléchit sur los les mêmes thromboses sont faciles à constater.

En résumé, les altérations des jointures consistent dans une desquamation de l’épithelium de la synoviale, l’exsudation des globules blancs à la surface et la thrombose des vaisseaux ambiants. Ce sont des altérations diffuses mais très superficielles sous la dépendance des lésions vasculaires périphériques qui semblent appartenir au choléra. »

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