‹ Des Arthrites Sacro-Iliaques Dans La PuerpéralitéChapitre 16 sur 22 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Diagnostic et Traitement

Dans les chapitres précédents, nous avons formulé en passant le diagnostic entre les formes diverses de l’arthrite sacro-iliaque qui peuvent se produire dans la puerpéralité. C'est à dessein que nous avons oublié la sacro-coxaleie : nous allons y revenir ici. Nous établirons ensuite le diagnostic entre les arthrites de l'articulation ilio-sacrée et les affections qui frappent les articulations ou les organes voisins.

L'ostéo-arthrite sacro-iliaque, quand elle n’est pas fistulisée, se rapproche de l’arthrite de la même Jointure par certains symptômes : mêmes douleurs provoquées, même impotence fonctionnelle, mêmes irradiations, mais ici linspection démontre la présence de la tumeur froide avec sa faible réaction sur les parties avoisinantes. De plus, son évolution à début torpide, sa marche lente et progressive si elle n’est pas traitée, la coexistence fréquente de tubercules dans les viscères, sont des caractères propres à la sacrocoxalgie.

L'arthrite sacro-coccyqienne est caractérisée par une douleur siégeant sur la ligne médiane ; la pression du doigt la réveille, soit à la base, soit à la pointe du coceyx; elle est plus marquée encore lorsqu'on pratique le toucher et le palper combinés, la main externe étant mise à plat sur le siège. Dans la symphysite sacro-iliaque, au contraire, la douleur siège sur les parties latérales de l’excavation,

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L'arthrite coxo-fémorale débute par une douleur souvent localisée en un point éloigné de la jointure malade, au genou, au talon. Plus tard, apparaissent les signes caractéristiques : empâtement de l'articulation, engorgement des ganglions du triangle de Scarpa, contracture musculaire et attitudes vicieuses du membre.

Dans les affections utérines ou péri-utérines, la douleur provoquée par le toucher vaginal siège au centre de l’excavation ; elle est excentrique dans les affections de l’articulalion qui nous occupe.

L'inflammation du psoas est facile à différencier. En effet, le membre du côté malade se met bientôt en flexion et rotation externe, et les douleurs se localisent Le long de la colonne vertébrale et dans la fosse iliaque.

Dans la sciatique, le point d’émergence du nerf est douloureux, mais ce point n’est pas le seul : on peut en trouver d’autres au niveau du grand trochanter, du creux poplité, de la tête du péroné et de la malléole externe. Et ce point d’émergence même est en dehors et en bas par rapport à la symphyse. Enfin, dans la névralgie sciatique, la douleur est intermittente, elle s'irradie le long du membre et s’accompagne parfois de troubles sensitifs cutanés et d’atrophie musculaire. |

L'arthrite sacro-iliaque ne sera pas confondue avec cette affection que Budin appelle vaginisme profond et dont il donne la description suivante : «Il est des femmes, dit-il, qui accusent des douleurs continuelles dans le bassin ; elles souffrent quand elles marchent, lorsqu'elles s’assoient. Si on pratique le toucher vaginal, on exagère cette douleur, surtout lorsqu'on imprime à la main des mouvements pour explorer l'utérus et se$ annexes. L'exploration des parois pelviennes exaspère encore la douleur, mais elle diminue et disparaît si on relire en partie la main, si on touche seule-

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ment avec le bout de l'index : c’est en réalité le plancher du bassin qui est sensible ; le releveur de l'anus est contracturé, on sent qu'il forme comme un diaphragme, comme une sangle transversale et tendue dont on peut suivre avec le doigt les insertions périphériques, et c'est la pression exercée pendant le toucher par la saillie convexe des deux ou trois premiers doigts qui exaspérerait la douleur.

La névrite du plexus sacré entraîne des douleurs dont le siège est fort voisin de l'articulation sacro-iliaque et une certaine parésie des membres inférieurs qui peut aller jusqu à la paraplégie ; si on ajoute qu'elle est due en général à une infection des suites de couches, on se rend compte des analogies frappantes avec l'arthrite. Mais dans la névrite, les irradiations vers la cuisse sont plus fréquentes, il n’y a jamais de tuméfaction articulaire, la pression extérieure de l’article ne provoque pas de douleur; enfin, dans les cas de névrite ancienne, le membre à perdu de sa force, quelquefois même il est paralysé. Ce n'est pas seulement la douleur qui limite les mouvements.

Les parapléqies dues à une affection de la moëlle ou causées par l’hystérie s'accompagnent dans le premier cas de contracture, de troubles des sphincters, d’atrophie, et, dans le deuxième, d’anesthésie, ce qui rendra toute confusion impossible.

La névralqie lombo-abdominale peut simuler l’arthrite sacroiliaque, mais, en recherchant soigneusement les points douloureux caractéristiques de chaque affection, on voit qu'ils ne coïncident pas. Ceux qui sont causés par la névralgie siè: gent au niveau des trous de conjugaison, vers le milieu de la crêle iliaque, au niveau de l’orifice interne du canal inguinal. De plus, la marche n’exagère pas les douleurs de la névralgie comme celles de l’arthrite.

Matthews Duncan a signalé deux cas d'endolorissement

rhunatismal des ligaments sacro-sciatiques ; la douleur se

rencontre alors à leur niveau et non sur l’interligne articu-

laire.

La {yphlite, la salpingite et l'appendicite sont des affections facilement reconnaissables, aussi nous ne les signalons que pour mémoire.

La constipation peut causer des douleurs localisées au côté gauche, au niveau de 8 iliaque, mais cet état est facilement reconnaissable, il suffit d'y penser.

Le traitement des arthrités puerpérales varie suivant leur nature. On ne saurait traiter de la même façon une arthrite rhumatismale et une arthrite blennorrhagique, une arthrite aiguë et une arthrite chronique; il varie aussi suivant l’époque de Ia puerpéralité considérée, la femme grosse exigeant plus de ménagements que la femme qui allaite, par exemple.

Mais ilest une partie du traitement qui est commune à toutes les formes et qu'on ne saurait trop exiger des malades, c'est le repos absolu. Il fait plus à lui seul pour l’apaisement des douleurs etle soulagement des malades que toutes les médications. D'ailleurs, pour peu que les souffrances soient vives, les malades s’y résolvent elles-mêmes.

Dans le cas de rhumatisme polyarticulaire, on ne doit pas employer le salieylate de soude à haute dose pendant la grossesse, parce que, d’une part, il irrite le rein dont le bon fonctionnement importe à un si haut point, parce que, d’autre part, il est capable de provoquer les contractions utérines.

L’anlipvyrine, au contraire, sera indiquée pendant la grossesse el contre-indiquée pendant l'allaitement, parce qu'elle

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