CHAPITRE PREMIER
De l'articulation sacro-iliaque à l’état normal Anatomie et physiologie
L’articulation sacro-iliaque, trait d'union entre les membres inférieurs et le tronc, ne pouvait manquer d’être étudiée par les anatomistes et les physiologistes, préoccupés surtout de sa solidité et de sa résistance. C’est même pour cela que les auteurs se sont longtemps mépris sur sa vraie nature et l'ont considérée comme une véritable symphyse.
Les accoucheurs, préoccupés à un autre point de vue parce que cette articulation faisait partie du détroit supérieur, avaient cherché à élucider les points, encore inconnus de son histoire. Men |
Mais, malgré les travaux de Zaglas 1851, Luschka 1864, Duncan 1876, Meyer 1878, aucune description vraiment complète n’en avait été donnée, lorsque la Renaissance de la symphyséotomie et l'introduction en obstétrique de la position de Walcher (Hangelage, Wolchersgelage, positions d'hyperextension des cuisses sur le bassin) forcèrent anatomistes etaccoucheurs à s'occuper d'elle sérieusement.
Alors - parurent, en Allemagne, les travaux de Klein, de Balandin, de Korsch, et en France les travaux de Farabeuf et de Pinard. Ces derniers sont en quelque sorte le résumé de toutes les notions acquises pendant la seconde moitié du siècle dernier. La magnifique démonstration que donna Pinard aux accoucheurs réunis à Rome, en 1894, mit les cho-
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ses au point, et nous n’avons qu’à nous inspirer de lui pour donner une description complète. Lop, d’ailleurs, en 1895 en donna un résumé à l'usage des praticiens.
L’articulation sacro-iliaque n’est pas une véritable symphyse, comme pourraient le faire croire son peu de mobilité et la couche de fibro-cartilage interposée aux surfaces articulaires (nous la désignerons souvent de ce nom qui a été conservé par les auteurs); c’est plutôt une diarthro -amphiarthrose comme le prouvent la cavité creusée à son centre et la synoviale qui revêt ses ligaments.
Articulation peu mobile, elle possède donc des éléments qui tendent à la solidité, elle possède aussi des éléments qui prouvent sa mobilité.
C'est cet ordre physiologique que nous allons suivre dans notre description.
Lop s’y est déjà conformé dans son exposé.
Les éléments de solidité sont au nombre de 4: -1° Forme générale des surfaces articulaires :
2° Détails de ces surfaces et encroûtement fibro-cartilagineux ; |
3° Appareil fibro-ligamenteux ;
. 4° Serrage des flancs du sacrum entre les bras de levier de l’os coxal.' :
Le sacrum a la forme d’un coin s’enfonçant profondément entre les deux os coxaux ; on appelle cette disposition le coin sacré.
Dans le sens de la longueur de l'os, elle n’est pas douteuse. Si, à l’aide du compas glissière, on mesure la distance qui sépare les 2 facettes auriculaires à leurs extrémités supérieure etinférieure, on trouve cette distance supérieure beaucoup plus élevée que la distance inférieure.
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Mais dans le sens antéro-postérieur, on a pu pendant lorgtemps se demander de quel côté se trouvait dirigée l'arête du coin sacré : et il n’a pas fallu moins que les mensurations précises de Lesshaft et Allen Thompson pour démontrer que le rebord dorsal de la facette auriculaire surplombe le rebord pelvien d'au moins un demi-centimètre. Il faut ajouter cependant que l'inverse peut être vrai par exception.
Cette disposition en clef de voûte est très propice pour résister aux pressions venues d’en haut.
A cette configuration cunéiforme s’ajoute la configuration des surfaces articulaires.
Leur forme générale est celle d’un croissant ou d’une équerre à concavité postéro-supérieure, correspondant aux deux premières pièces sacrées et à la partie supérieure de la troisième, et cela pour les deux os du bassin.
Si maintenant on considère les détails, on voit que, dans le sens antéro-postérieur, la facette auriculaire de l'os coxal représente un gros bourrelel, ou demi-cylindre plein, un are concave en arrière et en haut qui s’emboîte dans une gouttière, un demi-cylindre creux, également arqué, que présente le sacrum. De plus, à la partie la plus inférieure de la surface de l’os coxal, au voisinage de la ligne innominée, une sorte de goultière fait suite au gros bourrelet précité. À ce niveau, l'articulation a la formed’un $ italique couché &.
La même disposition en S italique apparaît dans le sens vertical ; c’est-à-dire que, dans la partie supérieure, le sacrum s’avance vers l'os coxal, tandis que c’est l’os coxal au s’avance vers le sacrum dans la partie inférieure.
Ajoutons à cela qu’au centre même de l'articulation, à la hauteur de la deuxième vertèbre sacrée, se trouve une saillie
à base assez large qu'avait vue Paul Dubois, que Mathews
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Duncan avait décrite et que Budin nous représente comme
un petit rocher conique, un peu irrégulier, situé sur l'os ilia-
que et pénétrant dans une cavité correspondante du sacrum,
ce qui empêche le glissement des surfaces l’une sur l’autre. En résumé et suivant une expression très suggestive, les
deux os se juxtaposent en s'engrènant.
Sur les parties articulaires, se trouve d'abord une couche de cartilage hyalin, puis une couche de fibro-cartilage, et tandis que le développement du premier est égal de part et d'autre, le fibro-cartilage qui le recouvre est beaucoup plus épais sur le sacrum que sur l'os coxal. Ce revêtement cartilagineux et fibro-cartilagineux jeté sur les facettes auriculaires, les modifie peu dans leur configuration générale; il ne
.régularise pas davantage leur surface: très irrégulière sur l'os sec, elle est encore très irrégulière, plus irrégulière même sur le cadavre.
Pour maintenir rapprochés et engrénés les os de la ceinture pelvienne on trouve, au niveau de la symphyse sacroiliaque, un appareil fibro-ligamenteux très complexe.
Il se compose :
a) De la capsule fibreuse ;
b) Du ligament sacro-iliaque antérieur;
: c) Du ligament sacro-iliaque postérieur ; 2 d) Du ligament ilio-lombaire ;
e) Du grand ligament sacro-sciatique ;
f) Du petit ligament sacro-sciatique.
La capsule fibreuse, en forme de manchon, s'insère d’une part, sur le pourtour de la facette auriculaire de l'os coxal, d'autre part, sur le pourtour de la facette auriculaire du sacrum. Elle est naturellement fort courte, comme dans toutes les articulations peu mobiles.
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Le ligament sacro-iliaque antérieur est formé de faisceaux rayonnés qui s'étendent du sacrum à l'os coxal. Ces faisceaux, dont l'importance’ va en diminuant de haut en bas, s'insèrent d'une part sur la base du sacrum et sur sa face antérieure, d’autre part, après un trajet direct ou plus ou moins oblique, ils viennent se fixer sur l’os coxal surtout au voisinage de la ligne innominée. Le ligament antérieur est peu épais, et en certains points il est uniquement représenté par le périoste, qui passe comme un pontau-dessus de l’interligne, il convient cependant de citer avec Lop un faisceau oblique descendant ilio-sacré, un peu plus fort que les autres, et qui joue un rôle dans la limitation des mouvements, de concert avec les ligaments postérieurs. |
Ces ligaments sacro-iliaques postérieurs sont disposés en deux plans : un plan superficiel et un plan profond.
Le plan profond forme ce qu'on a appelé peut-être à tort le ligament interosseux, puisqu'il est en dehor: de l’articulation, et qu'il neressemble enrien aux ligaments interosseux des véritables symphyses. Il est composé de trousseaux fibreux dont l’ensemble remplit l'excavation profonde et anfractueuse qui se trouve située immédiatement en arrière de la jointure. Venus de la pyramide iliaque, ces trousseaux
se rendent à la partie correspondante du sacum après un trajet
court et direct.
Le plan superficiel est formé de 4 faisceaux qu'on peut
appeler 1lio-transversaires. Les vertèbres sacrées, en effet comme toutes les vertèbres, présentent des apophyses transverses, mais, contrairement à ce qui se passe dans les autres parties de la colonne vertébrale, ces apophyses se divisent à leur naissance en deux parties, l’une ascendante et l’autre descendante. Demi-transverse ascendante de la vertèbre inférieure et demi-transverse descendante de la vertèbre supérieure vont à la rencontre l’une de l’autre, etse