OBSERVATION II
Diathèse hémorragique et rhumatismale héréditaire, par James-N. Hugues, docteur-médecin. (Archives générales de médecine, 1833.)
Le D' Hugues eut occasion de voir un enfant de dix à douze ans qu'il jugea atteint de rhumatisme.
Ce jugement fut mis en doute par une femme âgée. appartenant à la même famille et qui connaissaittoutes les circonstances antécédentes de ce cas. Par des informations ultérieures, il s’assura que c'était un cas d’hérédité, le rhumatisme étant la suite d’une hémorragie à laquelle l'enfant avait été sujet depuis son enfance. Ayant appris que cette affection était commune à tous les membres de cette famille, il fit
des recherches à ce sujet et obtint les résultats suivants:
1° Les individus mâles de cette famille étaient sujets à des crachements et à des vomissements de sang, à des selles sanguines, à l'hématurie, à des épistaxis, à des extravasions sanguines dans les tissus des muscles et des téguments, dans tous les points du corps, mais particulièrement aux membres, produisant des taches foncées et du gonflement, et s’accompagnant souvent, au bout de quelques jours, de douleur obtuse et de raideur; et à des hémorragies abondantes et opiuiâtres à l’occasion des incisions les plus légères, en quelque partie du corps que ce fût. |
2° L'hémorragie ne se manifestant jamais seule, mais s'accompagnant constamment d’un rhumatisme plus ou moins étendu.
3° Les entorses et les contusions les plus légères ont toujours été suivies de rhumatisme dans la partie.
4° Le plus grand nombre des hommes qui sont parvenus à un âge avancé ont été presque rendus impotents par le rhumatisme.
5° Aux approches de la vieillesse, la tendance aux hémorragies diminuait.
6° Un grand nombre de sujets mâles sont morts dans le premier âge de la vie.
5° La mort par hémorragie avait lieu fréquemment, plusieurs fois à la suite d'une saignée, quelquefois après une plaie accidentelle, d’autres fois par une hémorragie interne ; deux fois la mort par hémorragie a été la suite de la simple application d'un vésicatoire.
Les vésicatoires, suivant le langage de la personne qui
donnait ces informations, donnaient du sang au lieu d’eau.
8 Des deux affections, l’hémorragie et le rhumatisme, la première avait toujours précédé l’autre.
9° Les femmes, quoiqu’elles ne présentent jamais la même disposition, la transmettaient sans exception à tous leurs enfants.
10° Cette disposition pouvait être facilement suivie jusqu'à la quatrième ou cinquième génération. (Transyloania journal, avril 1832, et The American journ. of med. sc..février