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parfois insignifiant en lui-même, d’un contact léger, pour provoquer une décharge. » Cette irritabilité chronique aboutirait donc, suivant les cas, à ces manifestations morbides du caractère : colères, emportements; à des impulsions tantôt inoffensives, tantôt violentes, manieimpulsive, fureur violente, précédant ou suivant la grande attaque, et faisant corps avec elle ; à des attaques incomplètes (vertiges, absences), pouvant se compliquer elles-mêmes d’impulsions ; à des impulsions indépendantes des attaques, etc.

Nous venons de le voir, l'irritabilité chronique des centres nerveux entretient les épileptiques dans une disposition permanente aux impatiences, aux emportements. Un rien les énerve, les irrite, soulève leur colère ; en un instant, elle grandit, prend de grandes proportions, monte le plus souvent au paroxysme de la fureur. Ils perdent tout empire sur eux-mêmes, ne se connaissent plus. Ils se précipitent sur leurs adversaires, les mordent, les frappent, les blessent avec tout ce qu’ils peuvent trouver à leur portée, et finissent par se frapper eux-mêmes quand ils sont arrêtés dans leurs violences.

OBSERVATION XI (Personnelle)

J. Hippolyte, 21 ans, cultivateur, enfant naturel, convulsions dans le bas âge, était légendaire à l'asile pour son irritabilité, ses querelles, ses violences. Il se battait avec la dernière fureur pour le motif le plus futile. Un jour, pendant le repas, trompant la surveillance des infirmiers, il

s'empare de la ration de vin de deux de ses camarades. Les infirmiers accourent, il les insulte, les défie, les menace, on arrive à le maitriser. Furieux, il se jette la tête la première contre les murs et se fait une large blessure au niveau du frontal. On eut grand peine à l'empêcher de continuer.

L’épileptique, lorsqu'il est pris d’une attaque incomplète (vertige, absence), continue l’acte qu’il était en train d'accomplir. S'il marche, il continue de marcher, s’il est occupé à son travail, 1l le poursuit, il peut même continuer d'écrire régulièrement une phrase commencée. Un musicien faisant sa partie de violon dans un orchestre était fréquemment pris d’un vertige pendant l'exécution d’un morceau. «Cépendant il continuait de jouer et quoique restant absolument étranger à ce qui l’entourait, quoiqu'il ne vit et n’entendit plus ceux qu’il accompagnait, il suivait la mesure (1).»

Sur la foi de M. Besson, M. Parant va jusqu’à citer le cas d’un perruquier qui continuait de raser ses clients. Il ajoute à la vérité: « Qu'il aurait pu tout aussi bien leur couper la gorge. »

Le plus souvent l’instrument qu’ils tiennent en main, ils le conduisent mal; la pensée n’est plus là pour la diriger, l'instrument se retourne contre eux; c’est ainsi qu’un faucheur, en aiguisant sa faux, peut se faire de graves blessures. M. Carrier, cite le cas d’une femme qui, prise de vertige, pendant qu’elle coupait des tartines de pain à ses enfants, s’entailla

(1) Trousseau, Leçons cliniques.

LE Se Tosl profondément le bras en continuant le mouvement commencé.

Le docteur Parant, « rapporte avoir soigné un épileptique exerçant la profession de charcutier qui, maintefois, pris de vertige pendant qu’il coupait la viande, se blessa avec ses couteaux. » Le docteur J. Ramadier nous a raconté qu’étant interne à l'asile de Saint-Dizier (Haute-Marne), il avaitconnu un cor donnier qui pris de vertige au moment où il se coupait les ongles du pied avec un tranchet, se les était arrachés et s'était même coupé une partie de la dernière phalange.

On pourrait multiplier les exemples, nous nous en tiendrons à ceux-là, aussi bien suffisent-ils à prouver que dans la plupart des cas, les vertiges, les absences, peuvent être l’occasion d’automutilatons.

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