‹ Des Automutilations Chez Les AliénésChapitre 28 sur 54 · RON EE · texte numérisé non relu

RON EE

ses premières expériences, mais ait pu accomplir sans témoigner la moindre souffrance une telle mutilation.

Nour avons démontré, par la raison, l’existence possible d’une anesthésie, particulièrement de l’analgesie. Nous l’avons reconnuelogique, nécessaire dans le cas d’automutilation. L'expérience va confirmer ces déductions.

MM. Christian et Ritti, parlant des paralytiques généraux, disent qu’ils se blessent, se brülent, présentent des furoncles et des anthrax, des eschares sans témoigner la moindre souffrance. Ils citent un malade qui, ayant appliqué sa main sur un poële fortement chauffé, eut tout le derme de la peau brülé et ne s’en plaignit pas. Ce n’est que plusieurs heures après qu’on s’aperçut de l’afilreuse blessure, etc.

On peut donc poser en principe que chez les paralytiques généraux certaines automutilations sont dues à l’affaissement intellectuel, à l'abolition de la sensibilité, à la douleur et, en dernière analyse, à la dégénérescence des cellules nerveuses.

Ce n’est pas tout. Il est des autoemutilations d’une autre nature et dont le fondement est tout différent. Ellesreposentsur destroubles delasensibilité generale sur une modification pathologique de la cénesthésie. A l’état normal (1), nous avons une conscience obscure, sourde, de ce qui ce passe organiquement dans notre corps. Ce sentiment confus, peu défini, ce précise dès qu’un changement quelconque se produit dans

(4) Ribot. Maladies de la personnalité.

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notre organisme, dans son tonus vital habituel. Sile jeu des fonctions s’élève on a une vague impression de bienêtre qui retentit sur l'état psychique et se traduit par de l’exubérance etc., etc. S'il s’abaisse, c’est une sensation de malaise général, partant la tristesse et autres sentiments pénibles, etc. Si, au contraire, ce changement se localise, il peut se produire par

exemple, ce qui arrive normalement dans un membre frappé de paralysie, ce que vous avez remarqué sur vous-même, sur votre doigt, votre jambe, à la suite du froid ou de la compression d’un nerf. Ce membre, quoique uni à l’agrégat, cesse d’être perçu par la conscience, et si vous admettez l'individu considérablement affaibli intellectuellement, il se produira fatalement une dissociation, l'individu aliènera son membre, une partie de sa personnalité, il en viendra à dire que ce membre ne lui appartient plus, qu’il appartient à un autre, et, par une pente insensible, 1l aboutira à l’automutilation.

Telle est, ce nous semble, la cause des automutilations suivantes. Nous avons connu un paralytique général qui s’imaginait que la moitié droite de son corps ne lui appartenait pas et la frappait parfois violemment. La sensibilité tactile était conservée.

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