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OBSERVATION XXI

(Personnelle)

P... Albert, 22 ans, célibataire, sans profession, entré à l’asile à l’âge de 13 ans atteint d’idiotie et d’épilepsie devant être rattachées, à une encéphalopathie infantile, confirmée par l’autopsie (sclérose lobaire primitive). Hémiplégie gauche, avec contracture du bras et de la jambe du

même côté, microcéphalie. Tics nombreux — tics de la face, balancement simultané de la tête et du tronc. — Im-

pulsions, tout à coup sans motif apparent, déchirait ses eflets avec les dents, se mordait les mains. Pour l’en empêcher on lui plaça autour du cou un collier volumineux qui ne lui permettait d'imprimer à la tête que les mouvements de rotation. Quand il était contrarié, il se jetait la tête la première contre le sol, de tout l’élan dont il était capable, et se faisait parfois des blesssures assez étendues. Ses impulsions satisfaites, 1l éprouvait une satisfaction intense, qui se tra-

POTIEE

duisait sur son visage par des jeux de muscles variés. Les attaques d’épilepsie étaient rares, elles n'étaient qu’un accident ; on ne remarquait ni avant ni après le moindre trouble concomitant.

D’autres impulsions se développent au milieu d’un appareil d’agitation maniaque, qui à toutes les allures de l’impulsion.

L'activité de l’idiot est purement réflexe. « Ses sens mal formés, dit M. Ribot (1), ne lui transmettent que des impressions obtuses, ses centres supérieurs sont incaosables d'élaborer ses sensations et de les lier, » d’en tirer une notion generale quelconque ; son attention volontaire est nulle, sa faculté de généralisation absente; l’expérience ne l’instruit pas, il est incapable de tirer d’un fait d'observation courante les déductions les plus simples. « Lorsqu'ils coupent du pain, dit M. Soilier (2), ils placent leurs doigts jusque sous le tranchant du couteau et s’entaillent consciencieusent la main. » De cette expérience qui est une sensation (le couteau coupe le pain), 1ls n’ont pu s'élever à cette déduction syllogistique qu'il peut leur couper l:s doigts. Toutes ces automutilations ont un appoint puissant dans l’anesthésie que l’on relève chez l’idiot. On sait que le contact, le chatouillement, les piqüres, ne sont pas sentis par eux ; c’est à peine s’ils détournent la tête et regardent paisiblement ce qu’on leur fait. La même anesthésie qui les fait se

(1) Ribot, Psychologie de l'attention.

(2) Sollier, Psychologie de idiot et de l’imbécile.

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déchirer la peau, s’écorcher, se mutiler etc., sans la moindre douleur, explique qu’ils s’'exposent aux ardeurs du soleil en été, aux rigueurs du froid, en hiver, sans paraître s’en apercevoir. Il est vrai que beaucoup d’entre eux tombent au cours de l’hiver dans un êtat voisin de l’hibernation (animaux hibernants), d’où il suit que leur sensibilité doit diminuer de pair avec leur activité vitale, mais aussi, remarquons-le, ils sont beaucoup plus accessibles à laction du froid et contractent fréquemment des affections qui les conduisent au tombeau. Ajoutez que leurs modifications organiques pathologiques n’ont point de retentissement sur leur cénesthésie, qu'ils ne les sentent pas, qu’ils les ignorent; aussi quelle que soit affection dontils sont atteints, quelquefois même si profonde que soit la lésion, ils ne manifestent aucune douleur. Il leur arrive de mourir subitement sans avoir accusé la moindre souffrance.

Ce n’est pas tout. Leurs sensations organiques physiologiques sont très obscures, la sensation de la faim et de la soif leur fait parfois défaut. Ils se soumettent inconsciemment à des jeûnes prolongés, qu’ils poursuivraient indéfiniment si on n’avait soin de les alimenter. M. Bourneville en a donné quelques exemples frappants.

S 2. — IMBÉCILLITÉ, DÉBILITÉ MENTALE, DÉGÉNÉ- RESCENCE MENTALE

«Il y a pour l’homme, dit Mandsley (1),une destinée

(4) Mandsley, loc. eit,

NU Ver

que ses ancêtres lui ont faite, et nul, füut-il capable de le tenter, ne peut échapper à la tyrannie de son organisation. » Celui qui avait fondé la mémoire en établissant que l’impression nerveuse produit une différenciation de la cellule nerveuse, que cette differenclation est d'autant plus intense et plus profonde que le nombre d’expériences de même nature est plus grand ; celui qui avait soupçonné les « associations dynamiques » sans leur donner cependant l’importance qu’elles doivent avoir, avait sans doute compris que nos tendances ne sont qu’une mémoire organique, transmise par l'hérédité, qu’elles sont une addition des expériences de nos ancêtres, de nos ascendants dans telle où telle sphère de lactivite. Par cette parole, il admettait d’une manière implicite qu’elles reposent sur des différenciations de la cellule nerveuse, sur des connexions établies entre plusieurs cellules différenciées au cours du même acte, en un mot, Sur des associations dynamiques. Il admettait que celles-ci deviennent d’autant plus profondes, indissolubles, impulsives, que le nombre des expériences de même nature, chez nos ancêtres, chez nous .1:nes, à été plus grand.

L’imbécile et le débile inférieur sont essentiellement impulsifs, par là même dangereux pour la société.

Aussi, M. Sollier, a-t-il pu dire que si lidiot estun extra-social, l’imbécile est un anti-social.

Il est rare qu’ils n’aient pas de démêlés avec la justice. Leurs ascendants alcooliques, épileptiques, hystériques, etc., pour la plupart, leur ont souvent

SPORE transmis nombre d’instincts anormalement développés.

À un instinct sexuel fréquemment hypertrophié, qui peut revêtir diverses formes, suivant les cas, devenir ici de la bestialité, là de l’inceste, ailleurs un viol, ils peuvent joindre, quantité de tendances mauvaises, impulsion au vol, au vagabondage, à l’homicide, à la cruauté, au mensonge, etc., etc.

Ces instincts s’éveillent de bonne heure. Les tendances supérieures, qui peuvent servir de frein à l’homme normal, sont absentes ou, du moins, embryonnaires. Ajoutez que l’éducation est souvent demeurée impuissante à les développer, que leurs impulsions se sont parfois donné libre carrière dès le bas àge, s’accroissant par là d’une impulsivité nouvelle.

L'idée surgit, devient obsédante, l'impulsion se déchaïne, ils courent à la satisfaction de leurs appétits. Certains n’ont pas conscience qu’ils sont le jouet de leur tendance, l’acte leur paraît tout naturel, ils ne conçoivent pas qu'on doive agir autrement. D’autres disent : « C’est une démangeaison. Je ne puis pas m’en empêcher. »

Chez les débiles on peut relever des tendances hypertrophiées, mais le nombre en est moindre que chez l’imbécile. N’empêche qu’ils sont parfois dangereux et ont souvent maille à partir avec la justice.

Enfin, chez les dégénérés supérieurs, à cerveau développé, mais déséquilibré, on fait un pas de plus, une lutte s'engage entre les tendances psychiques supérieures et les impulsions. Un élément nouveau

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