GER
s'ajoute à l’acte impulsif: la conscience que l’on devrait, que l’on voudrait agir de telle manière, mais qu'une force invincible vous pousse en sens contraire. Les dégeneres supèrieurs connaissent la valeur de l'acte dont l'image se dresse subitement sur le champ de la conscience, les raisons d’ordre individuel et social de nature à le combattre ; en vain cherchent-ils à l’éviter, en vain luttent-ils contre cette image devenue obsédante. Leur angoisse, née de ce combat grandit, se développe, les étreint. À bout de forces, conscients de leur impuissance, ils vont au devant de l'acte quel qu’il soit, ils succombent, et ils ont enfin un sentiment indéfinissable de délivrance, de soulagement et de détente.
Les impulsions chez les degénéres supérieurs se diversifient à l'infini, ils sont sans cesse en imminence d’impulsion, tout peut leur servir de matière. Certaines de ses impulsions sont inoffensives, d’autres peuvent les mettre aux prises avec la justice. Nous avons Connu une femme, qui était saisie par moments d’un besoin invincible de demander leur nom à tous ceux qui passaient. La même femme, à la même époque, se sentait parfo’s irrésistiblement poussée à ramasser tout ce quelle voyait à terre, morceaux de verre, bouts de cigare, etc., toutes sortes de choses qui suivant son expression, ne pouvaient lui servir de rien.
Elle éprouvait une angoisse inexprimable quand elle n’arrivait pas à satisfaire Son impulsion. On nous a cité l’exemple d’un jeune homme dont le premier soin, quand il arrive dans un hôtel, est de demander
une chambre isolée, loin de tout voisinage féminin. Il a avoué bien des fois que lorsqu'il couchait dans une chambre contisué à celle d’une femme, 11 ne pouvait résister au désir d’aller la trouver ; dans la violence même de son impulsion, il lui était arrivé de forcer la porte. Il avait pleine conscience du scandale qu’il pouvait provoquer, des poursuites qu’il pouvait encourir. « C’est plus fort que moi, disait-il. C’est une vraie torture, si je ne parviens à satisfaire mon désir. »
M. Sérieux (1) cite un professeur, âgé de 45 ans, homme de talent, d’une moralité irréprochable, qui est pris, à intervalles de plusieurs mois, des impulsions les plus étranges, telles que posséder de petites filles de 5 à 10 ans, même ses propres enfants. Ayant la conscience absolue de son état, il s'enferme dans sa chambre, reste ainsi 8 à 14 jours dans l’angoisse la plus profonde. Insomnie, perte d’appetit, paleur et rougeur subite, tremblement des doigts, yeux injectés, etc.
À) — Impulsions diverses. — Automutilations .