Onanisme
Au seuil de ce chapitre, il importe de faire une distincüon entre l’onanisme habitude et l’onanisme impulsif. L’onanisme habitude n'apparait guère qu'à l'heure où les sens s’éveillent, à l’heure où, suivant la parole de M. Ribot, « un nouveau groupe de sensations par suite des sentiments et d'idées correspon-
LOTO dant à l’évolution pubère se fait jour (1) » sur le champ de la conscience. Le plus souvent, cette hab1tude, qui est née d’une initiation, cède dès le premier Coît; si elle persiste, c’est que l'individu n’a pas de femme à sa disposition ou bien est le jouet de sa timidité. L’onanisme impulsif, au contraire, a sa racine dans les profondeurs de l’être, dans les tendances natives de l'individu, dans une portion de mémoire organique léguée par l’hérédité; le père transmettant à son fils, par exemple, un ou plusieurs 1nstincts anormalement développés, l'instinct sexuel, si lon veut, qui ne feront que s’accroître en raison directe du nombre des expériences personnelles de celui-ci. L’onanisme impulsif débute d'ordinaire de trois à sept ans; 1l s’allie souvent à d’autres manifestations génitales : masturbation réciproque, onanisme buccal, bestialité, tentatives de coït, etc. Il peut s’associer aux instincts les plus mauvais : tendances au vol, vagabondage, mensonge, impulsions au suicide, à l’homicide, absence totale de sentiments affecufs, etc. [Il peut naître spontaneément chez des enfants qui n’ont jamais subi la contagion du vice : fils d’alcooliques, épileptiques, hystériques, etc, chez lesquels certainestendancts,notammentl’instinctsexuel, étaient hypertrophiées. Il est parfois tellement effréné qu’il aboutit à des automuülations involontaires. M. Serieux (2) cite plusieurs cas remarquables que nous résumons.
(1) Ribot, Maladies de la personnalité.
(2) Serieux, Anomalies de linstinet seæuel, Thèse Paris, 1888.