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OBSERVATION XXV

(Due à l’obligeance de M. le Docteur FENAYROU, médecin adjoint à l'asile de Limoges.)

Madame X... 36ans, mariée, sans profession, admise à l'asile de Naugeat pour la seconde fois en mai 1895.

Il semble que de tout temps Madame X... ait donné des preuves d’une déséquilibration mentale très accentuée. Mais son délire n’est devenu manifestement évident pour son entourage qu'en 1892. Elle avait alors 36 ans, était mariée depuis quelques années et mère de plusieurs enfants.

Une longue série d’interprétations Pamena alors à soupçonner que Dieu l'avait choisie pour accomplir une mission politique et sociale de la plus haute importance. Elle devait reconcilier les divers partis politiques en France et faire connaître et fournir à tous les Français les moyens de vivre honnêtement et en parfait accord les uns avec les autres.

Les attentats anarchistes qui se produisirent vers cette époque achevèrent de jeter le trouble dans son esprit et la confirmèrent dans l’idée de l’origine providentielle de la mission dont elle se croyait investie. La persistance de véritables hallucinations visuelles, auditives et psycho-motrices, d'illusions sensorielles, acheva de jeter le désordre dans son esprit. Une nuit, elle fut réveillée et vit devant ses yeux trois grandes croix : trois hommes de grandeur naturelle étaient cloués seulement par les deux mains, celui du milieu qu’elle prit pour le Christ, lui dit: « Dans trois formes; lé: ro par ton No enr croi PFore ment impréssionnée par ces visions, Madame X... se demandait avec une inquiétude extrème quelle signification elle devait attribuer aux paroles prononcées. De nouvelles hallucinations se produisent. « Une nuit elle entend une voix qui lui dit: » Pars pour Paris. En mème temps, ditelle, je sentais dans mon côté une flamme ou pour mieux dire un souffle, mes pieds se soulevaient de terre. » Son mari la surprend au moment où elle faisait ses préparatifs de départ ; il s’y oppose naturellement. « J'eus la lâcheté, dit-elle, de lui obéir ; une voix intérieure me disait: « Làche, lâche. >» L'idée d’avoir désobéi aux ordres de Dieu, la conviction qu’elle était condamnée à tout jamais, l’amenèrent à la suite de divers rêves à se croire possédée du dé-

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mon. Les idées de possession démoniaque n'existent plus actuellement, mais Madame X... est toujours préoccupée de la gravité de sa faute. Sous l'influence de cette conception délirante, elle a refusé d’abord pendant plusieurs mois toute nourriture, puis elle a tenté dese mutiler ellemême. Une première fois, elle s’est piquée avecune épingle qu’elle a enfoncée obliquement sous la conjonctive ; quelque temps après, elle s’est encore introduit une épingle dans le globe oculaire droit, cataracte consécutive. Malgré la curveillance très étroite dont elle à été toujours l’objet, elle à réussi à se blesser volontairement la langue à plusieurs reprises. Une fois, elle s’est transpercée la langue avec une plume, une autrefois elle a divisé la pointe d’'arrière en avant sur une longueur de trois centimètres environ ; enfin elle s’est sectionné sur le bord gauche une bande de quelques mullimètres d'épaisseur et trois centimètres environ de longueur. « J'avais eu l’idée, disaitelle, pour tâcher d'obtenir mon pardon et faire passer ma loi, de donner au monde la preuve que j'avais de la conviction de ma mission et de m'ôter la vue..... Je serais dans l'intention, si Dieu m'en donnait la force, de me couper le bout de la langue, etc.

C). — Impulsions srœuelles.

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