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OBSERVATION II

D... Anaïs, 49 ans, mariée, sans profession, entrée à l'asile de Rodez en 1881, est atteinte de débilité mentale, avec agitation maniaque chronique. Tendances impulsives remarquables. Au dehors, à la suite de chagrins domestiques, aurait fait trois tentatives de suicide qui auraient été lacause de son intérnement. | j

Ses crises d’agitation, peu fréquentes au début, se sont multipliées. Elles sont marquées par des cris, chants, danses, des mouvements désordonnés et surtout des tendances impulsives violentes. Elle frappe les autres malades sans motif, se jette la tête contre les murs, s’égratigne « parce

qu’elle s'ennuie », de là dés cicatrices nombreuses au front -

et à la face, des érosions diverses. Notons qu’au cours d’un dé ses derniers accès, elle s’est faite au niveau du front, une plaie qui quelques jours après était le point: de départ d'un érysipèle d’ailleurs assez bénin.

Dans la plupart des cas, ces blessures sont légères et la cicatrisation se faitrapidement. Cependant, elles peuvent être l’occasion d’une infection. Nous avons vu se produire un érysipèle chez notre malade de l'observation IE, Mais que dire de ceux qui restent des journées entières exposées aux ardeurs du soleil ou aux rigueurs du froid? Beaucoup d'entre eux, les jeunes surtout, demeurent souvent inaccessibles à l'action des agents extérieurs; on se souvient de no-

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AE — 13 — tre malade (0bs. fre) qui, depuis des années, subit le froid dans toute sa rigueur, et n’en paraît nullement incommodée ; mais ceux que l’âge, les affections antérieures, la misère. etc., ont affaiblis physiquement, Sont une proie facile aux maladies inflammatoires ; d’abord, leur résistance est moindre, puis leur depense de mouvement est moins intense, moins continue, et nous verrons plus tard combien grande est à l’égard du froid l’action préservatrice du mouvement. Aussi tombent-ils atteints tôt ou tard de lésions pulmonaires cérébrales ou intestinales, qui les conduisent rapidement au tombeau.

Comment expliquer ces automutilations ?

Si les maniaques se frappent, se jettent la tête contre les murs,"s’arrachent les.cheveux, etc, cela tient à ce besoin d’activite musculaire qui les fait se, livrer, sans relâche, à toutes sortes de mouvements; qui les fait passer des semaines et des mois entiers sans sommeil ; prodiguer indéfiniment leur force musculaire sans té.1oigner la moindre fatigue. Cette depense continue, incessante de mouvements, concourt 1 même à diminuer leur sensibilité au froid, à tempé- NE rer Sun .ction. Elle est cause que, S’exposant à peine 2 vêtus, parfois tout nus à ses atteintes, non seulement Li à - ils paraissent n’en éprouver aucune sensation, mais ne contractent que rarement des maladies inflamma.-

É toires.

4 Mais d’où vient que lorsqu'ils se frappent à coups : | redoublés, ils ne soient pas, dès le début, arrêtés par la douleur? D'où vient que, lorsqu'ils s’exposent à % toutes les rigueurs du froid, ils semblent n’en éprou-

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