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ver aucune sensation ? Une sensation, si petite soitelle, ne doit-elle pas se produire ?
On sait que les conditions de toute sensation sont : l° une impression nerveuse; 2° la transmission de cette impression aux centres nerveux et une modification des cellules nerveuses. « Toute impression, dit Mandsley (1), produit une différenciation de la cellule, elle peut laisser une trace ineffaçable ; » 3° un état de conscience correspondant. « On sait aussi, dit M. Ribot (2), qu'il est beaucoup d'actions nerveuses qui n’arrivent pas à la conscience.
Supposons une impression nerveuse partie de la périphérie : elle suivra la voie des nerfs, marchera vers les centres nerveux, mais il se pourra qu’elle soit trop faible pour y parvenir ou déterminer une modification des centres nerveux.
Donc, point d'état de conscience, point de sensation, et, si le froid est mis en cause, point de sensation defroid.
I se produira pour le maniaque ce qui se produit pour tout le monde, à la suite d’un exercice plus ou moins violent, plus où moins prolongé. Le froid ne sera pas senti par lui, non plus qu’il ne le sera de vous, qui vous serez donné du mouvement, tandis qu'il le sera de votre voisin, qui sera demeuré immobile. Mais l’impression nerveuse pourra être assez forte pour déterminer une modification des centres nerveux. D’où, état de conscience correspondant,
(1) Mandsley. Psychologie de l'esprit.
(2) Ribot. Muladies de la personnalité.
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— sensation — et s’il s’agit de froid, par exemple, sensation de froid. Cependant, «la vitesse des idées», suivant la parole d’un maniaque revenu à lui-même, est tellement rapide, que cet état de conscience sera supplanté ; 1l sera de trop courte durée, puis, l'impression nerveuse étant en raison inverse du mouvement, la modification des centres nerveux et l’état de conscience correspondant, participeront de cette loi ; celui-e1 sera trop faible.
Les deux conditions nécessaires à tout état de conscience, pour vivre (1), lui feront défaut, il ne pourra laisser des traces de sou passage, s'organiser en souvenir, il sera pour l'individu comme s'il n’avait pas été. Si, cependant, cet état de conscience arrive à se constituer en souvenir, pour les mêmes raisons que ci-dessus, — vitesse des idées, faiblesse de l’impression nerveuse —, il sera trop court, il sera trop peu intense pour frapper le maniaque et celuici ne pouvant, en raison de son état, gouverner'son attention volontaire, la fixer sur cette sensation, elle sera pour lui comme si elle n'avait pas été. Elle ne pourra donc être le point de départ d’une résolution syllogistique de l’esprit, par exemple mettre ses vêtements, se mettre à l’abri, etc.
Pour les mêmes raisons, vitesse des idees.et conséquemment, abolition de lattention volontaire, la sensation de douleur, qui doit résulter des coups redoublés qu’ils se donnent, etc., sera pour les maniaques comme si elle n’était pas.
(4) Ribot. Maladies de la mémoire.