MOUVEMENT
Le mouvement des vagues, qui varie suivant la forme, suivant la nature de la plage et suivant l'état de l'atmosphère, produit chez les enfants des effets variables que le médecin doit toujours prendre en considération. Lorsque la mer est calme, le mouvement r%ulier des flots, renouvelant sans
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Lorsiiue la mer est agitée, lorsque, selon l'flj pression consacrée, il y a do la. lame, les elTeta qi] nous venons de décrira sont plus prononcés, Daa ce cas la percussion des vagues a une action spé ciale ; elle stimule la peau, active la circulatirf capillaire et est éminemment propre, chez lî enfanla, à faire disparaître les empâtements di tissii cellulaire et les engorgements glandulaire qui sont dus au lympliatismo et à la scrofule. '■ Aiin de résister à l'action dos vagues, les enfan^ eonl dans la nécessité de Ëû livrer dans l'eau à d<;
mouvemente et à des efforts musculaires, qui constituent pour eux une gymnastique d'autant plus salutaire qu'ils s'y livrent dans un milieu dense, d'une température basse' et éminemment variable. L'exercice, le choc des flots diminuent chez eux l'impression désagréable du bain froid et favorisent encore la réaction.
Mais si le mouvement des vagues est plus grand, si la mer est houleuse, si les lames viennent frapper le rivage avec force, il se produira chez les enfants un efTet moral fâcheux : ils auront peur. La crainte, paralysant alors leurs forces et leurs mouvements, rendra plus sensibles et plus durables, chez eux, les phénomènes immédiats de l'immersion ou les phénomènes de concentration, et pourra retarder, empêcher même, la réaction. La percussion des vagues, agissant en outre sur le système musculaire, comme le ferait un exercice trop violent, amènera chez quelques enfants un sentiment de fatigue et de courbature qui pourra, dans certains cas, forcer d'interrompre le traitement maritime. Parmi les faits que j'ai observés à cet égard, je me contenterai de citer le suivant : •
Deux enfants prenaient tous les jours des bains sur la plage de La Tremblade, qui est remarquable par le calme de ses flots, l'île d'Oléron lui servant, pour ainsi dire, de brise-lames et la préservant des vagues trop fortes de l'Atlantique. Ils se baignèrent un jour à Saint-Georges de Didonne, dont la plage, resserrée à ses deux extrémités par des
rochers, est assez profonde. Le temps était magnifique, mais il faisait une forte brise nord-est et la mer qui montait contrariait le cours de la Gironde ; aussi y avait-il beaucoup de vagues. Ces enfants prirent leur bain avec un de leurs amis plus grand, plus fort qu'eux, et sachant parfaitement nager. Ces trois jeunes baigneurs me dirent, lorsqu'ils sortirent de Teau, que le bain les avait U7i peu fatigués. Le soir môme, ils éprouvèrent un sentiment de courbature accompagné d'un malaise général qui les empêcha, le lendemain, de prendre leur bain habituel. Un effet analogue se produisit, dans le cours de la même saison balnéaire, chez l'un de ces enfants, d'une constitution plus délicate que son frère, après un bain pris sur la plage de La Trembfade un jour où la mer était trèshouleuse.
Lorsque la mer est mauvaise, lorsque les lames sont fortes, le bruit des vagues, la crainte que les enfants éprouvent, les dangers qu'ils peuvent courir, le choc des flots, beaucoup trop violent pour leur frêle organisation, tout se réunît alors pour engager le médecin prudent à interdire formellement le bain chez les enfants.