‹ Des biens des monastères à ByzanceChapitre 27 sur 41 · II. COLONAÏ · texte numérisé non relu

II. COLONAÏ

Nous n'avons pas à rechercher les origines du colonat; dans la période qui fait l'objet de notre étude, l'institution du colonat présente tous ses caractères distinctifs. D'origines très diverses, esclaves affranchis, anciens fermiers à bail perpétuel, petits propriétaires réduits par le malheur des temps à une condition inférieure, barbares prisonniers donnés à perpétuité à un propriétaire pour la culture de ses terres, les colons constituent, en piincipe, une classe d'hommes libres. Mais combien précaire est leur liberté! Leur condition particir:; à la fois de celle du fermier et de celle de l'esclave. Comme les fermiers, les colons cultivent un sol qui ne leur appartient pas; ils paient une redevance au propriétaire; ils ne peuvent disposer des terres qu'ils cultivent. Comme les esclaves, ils sont liés au sol qu'ils cultivent, d'une manière indissoluble; ils ne peuvent le quitter, et si le propriétaire vend la terre à laquelle ils sont attachés, les colons sont vendus avec elle, comme le seraient des immeubles par destination.

La condition du colon est héréditaire : ses enfants héritent de ses droits comme aussi de ses obligations : comme leur ])èrc, ils ne peuvent changer de condition.

Kkuuahou. 12

Si le colon veut se soustraire à sa condition, le maître peut le contraindre à revenir sur son domaine (1). II n'existe que quelques rares exceptions à cette règle, notamment lorsque le colon s'est engagé dans les ordres sacrés, et encore sous certaines lestrictions, et aussi en ce qui concerne le service militaire. Le propriétaire est lui-même obligé de fournir au recrute tement militaire son contingent.

Dans tous les grands domaines, le nombre des colons était considérable. Aussi n'est-il pas étonnant que les colons fussent nombreux sur les immenses possessions des monastères. Nous trouvons plusieurs chrysobulles par lesquels les empereurs font donation à un monastère d'un certain nombre de colons (2). Souvent aussi, ces donations de colons stipulent que les colons donnés, et par suite le monastère responsable du paiement, seront exemptés de l'impôt.

Page 1