I. Culture directe
La culture directe comprend : 1° la culture par les moines du monastère; 2** la culture servile; 3" la culture par le moyen d'hommes libres salariés. On pourrait y ajouter la culture par l'intermédiaire de colons :
(1) Tjfjicoit, cliap. LU.
(2) Typicon, chap. LXXIII,
mais nous préférons étudier séparément ce mode de culture, en raison de ses caractères particuliers.
Tout d'abord, en ce qui concerne la culture par les moines du monastère, nous en avons parlé en étudiant les sources des biens des monastères. Nous avons vu que les moines n'étaient employés que d'une façon tout à fait exceptionnelle aux travaux des champs. Nous n'y reviendrons pas. Nous nous bornerons à constater qu'en Occident, il n'en fut pas complètement de même : les moines, au moins dans les premiers temps de la fondation des monastères, contribuèrent activement au défrichement et à la mise en culture des terres.
La culture servile, le seul mode anciennement pratiqué par les Grecs comme par les Romains, continua à être employée au Bas-Empire, Mais ce mode de culture perdit peu à peu toute son importance, à mesure que disparut l'esclavage, sous la poussée des idées nouvelles. 11 fut remplacé par des modes d'une plus grande complexité juridique. L'esclave travaille, sans qu'aucun intérêt personnel l'excite à accroître les produits de la terre qu'il cultive. Le progrès consista à donner au travailleur un intérêt personnel dans son travail.
La culture par le moyen d'hommes libres, recevant quotidiennement un salaire fixe pour leur travail, était également un mode très rarement employé. Il y avait pénurie d'hommes, et cette raison serait à elle seule suffisante. De plus, ce mode de culture n'était pas dans les mœurs : la tendance générale était d'attacher par des liens durables les travailleurs à la terre qu'ils cultivaient.
II résulte donc de ce qui précède, que la culture directe, sous ses diverses formes, fut un mode très rarement employé. Peu en usage dans l'Empire byzantin, ce mode convenait encore moins aux monastères : il leur eût été difficile, sinon impossible, d'administrer par ce moyen des domaines considérables qui s'accroissaient sans cesse.