‹ Des blasphèmes et imprécations [microforme]Chapitre 3 sur 36 · NOUVEAU TESTAMENT · texte numérisé non relu

NOUVEAU TESTAMENT

Quant à nous, le Seigneur nous a dévoilé non-seulement son Nom, mais encore ses plus belles et ses plus magnifiques pré- : rogatives, Il nous a appris à Lui donner le doux titre d'ami: ‘ Vous éles mes amis, je ne vous donnerai plus le nom de serviteur, parce que le serviteur ne sait ce que fait son maître, mais je vous ai appelés mes amis parce que je vous ai fait savoir tout ce que j'ai appris de. mon Père (1):

Qui osera maudire, injurier, blasphémer le nom de son ami }

Dieu a voulu encore que nous l’appelions Notre Père. Dieu est notre père par création, nous ayant formé à son image et ressemblance. Unum Patrem habemus Deum (2). Nous n'avons qu'un Père, Dieu.

Dieu, en effet, est tellement Père pour 6 “

CG) Jean, xv, 14, 15. (2) Jean, vx, 41.

PES BLASPHÈNES

nous que notre père selon la chair, doit être . considéré, à côté de Dieu comme n'étant päs. Æt “ pourtant ” dit Dieu dans Isaïe, A4 mon nom est blasphémé tout le jour par | mès enfants (1). Jusques à quand, s'écrie St-Ephrem, oserez-vous vous aigrir Y | contre Dieu, qui vous prodigue tant de bienfaits ; vous semblez méconnaître que | c'est Lui qui a formé l'homme du limon | de la terre et lui a donné un souffle de vie; | que c'est Lui qui soumet toute chose à sa puissance ; quand vous “lormez, Il vous garde ; éveillés, Il vous protège, affamés, il vous nourrit; nus, Il vous vêtit, tremblants et désolés, Il vous fortifie et vous console. Il n’a pas même épargné son pro- ©.

pre Fils pour vous racheter et vous combler de bienfaits (2).

“ Que celui qui maudiru son père ou sa mère soit mis à mort (3). Or, dit Ori- li gène, qui est plus père que Dieu ? Est- à

(1)"Tsaïe, Lit, 6. (2) 8t-Ephrem, PU xLUr, (8) Exe»

y mm réim

ET:IMPRÉOATIONS, 11

ce que celui-là qui t'a fait, te possède et t'a sauvé n'est nas ton Père ? Quel châtiment ne méritera-t-il donc pas celui qui. maudit le Père ? Aussi, dit le même saint, Dieu ordonne dans le Lévétique, que le blasphémateur soit traîné hors du camp d'Israël, et que le bourreau ne soit’ pas

seul a le lapider, mais tout le peuple, afin :

que tous, d’un commun accord, vengent l'injure qui est faite au Père commun, et que tout homme apprenne que pour "ne offense aussi grave, il mérite un châtiment aussi exemplaire.” ne

Le père aime son enfant. Dieu père nous aime d’un amour infini, éternel, earitate perpetua dileæi te. Jésus-Christ luimême dit de son Père. “ Mon Père vous aime lui-même (1). Nous pouvons done dire. ‘ C’est pourquoi le Père m'aime (2).

… Or, “ Le fils honore son Père, le serviteur son maître, Si donc je suis votre Père, où est l'honneur que vous me ere:

ananas

(1) Jean, xvz, 97, (2) Jean, x, 17,

dea (1). ‘* Aimons donc Dieu, puisque Dieu nous a aimé le premier (2). fl nous a aimé, jusqu’à laver nos péchés dans son sang (3).

Oui, dit l'apôtre, avec une joie mêlée d’admiration. “ Dieu m'a aimé et s'est’ livré lwi-même à la mort pour moi. Delexit me et #radivit semet-ipsum pro me.

. Tout le Nouveau Testament est le testamemt de l’amour d’un JÎieu pour nous. Lisez entr'autres passages, l’évangile selon St-Jean. Le père nourrit ses enfants, or dit St-Paul : “ N’est-il pas vrai que le Pain Eucharistique que nous rompons est l communion du corps du Seigneur !

W'est-il pas vrai que le calice de bénédicbion que nous bénissons, est la commu:

nion du sang de Jésus-Christ (4) ? ” Blasphémateur, vous n’oseriez pas maudire votre père qui vous donnerait le pain de . Chaque jour. Et vous osez maudire le bon

Dieu qui vous donne à manger son corps et son sang. |

Malach. 1, 6.

a de Lin (2) 1 Jean, 4,19. (8) Apoc 1 &

LÉ VEPET UN

. Comment prononcer le Nom de Dieu.

Prononçons le Nom de Dieu, puisqu'il : bien voulu nous permettre de le faire.

Prononçons-le, afin de Lui rendre, Sei- -meur de toutes choses, nos hommages ‘et “ctions de grâces. Prononçons-le avec les mêmes sentiments que les anges et les:

saints, prosternés devant le trône du Très Haut, disant sans cesse, avec un religieux tremblement : Saint, saint, saint, est le Seigneur, Dieu des armées (1). Prononçons-le avec les mêmes sentiments que le prophète-royal qui, en mille endroits de ses psaumes, emploie toutes les formes du langage pour le bénir et le louer. Célé:

brez avec moi la magnificence du Seigneur, s’écrie-t-il avec un pieux transport, eé foi gnons-nous ensemble pour glorifier son :

saint Nom. Que le Nom glorieux de sa Majesté soit béni dans tous les siècles. Ja

sales (1) Isaïe, VI, 5

14: DES BLASPHÈMES chanterai des hymnes au Nom du Seignear Très-Haut ; Je chanterai Votre Nom, à mon Dieu, par mes cantiques (1). é

Prononçous-le avec confiance et amour, comme des enfants bien nés qui se plaisent à célébrer le nom de leur père. Prononçons-le surtout avec une foi vive dans nos prières et nos afflictions, parce que notre principale ressource est dans ce nom sacré : Adjutorium nostrum in nomine Damini (2). Lorsque nous sommes en quelqu'embarras, en quelque danger, le premier mouvement de notre cœur, c'est de l'invoquer ; et ce cri: Mon Dieu! 6 mon Dieu ? qui s'échappe alors presque imvolontairement de nos lèvres, atteste notre faiblesse et le besoin que nous avons. du secours d'En-Haut.

Manque de respect au Nom de Dion.

Si est honorable et glorieux pour Je

Caen

(1) Ps. xxx, 8. (2) Ps. 7,18. LXVIN, 80.

nem de Dieu que nous l’unissions à des paroles d’admiration, de louange, de soumis- | sion, de prière, rien n’est plus outrageant 4 et injurieux pour ce seint Nom que d’être associé à des paroles de mensonges, de égé-e retŸde fureur, de vengeance, de malédie | ll tion, d'exécration. Or, c'est précisément | ce qui arrive dans le violement des vœux : | et des serments, et plus particulièrement, | plus directement dans le blasphème et dans

les imprécations.

0 Nous étudierons donc ces deux désore

b dres de l'esprit humain. Îl | - | É | + Qu'est-ce que le blasphème ? |

Le blasphème, est une pensée, un désir, une parole, une aclion qui renferme une injure à Dieu, à l'église, aux Saints, aus choses saintes, ou à toute autre créatu:

| ŒÙ re considérée comme l'œuvre spéciale de a ie Dieu (1).

(1) Scavini, tom. 11, p. 268.

Page 1