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Dans les campagnes surtout, on se forme sur les saints les plus singulières idées, on tient sur leur compte les propos les plus stupides, les plus grossiers, les plus indécents ; on leur attribue le dérangement des saisons, les malheurs, les calamités ; toutes ces choses sont autant de blasphemes contre les saints. Par exemple : il y a blasphème grave à appeler avec outrage
Labre : Le quéteux ou le p.. Si ces paroles sont dites sans malice, mais par plaisan- : terie ou badinage, il n’y a que péché véuiel. 4 Mais le plus horrible de tous, c’est celui | que certains impies libertins osent proférer contre la Sainte-Vierge, en révoquant en doute sa perpétuelle virginité, en affectant de la considérer comme criminelle ! De quels rigoureux châtiments ces impies blasphémateurs ne sont-ils pas dignes !
* Malheureux ! quel mal vous ont donc fait R les saints ? Les saints ont usé leur vie à faire M Jo bien, à l'exemple de leur divin Maître
St-Crispin, le tailleur ; St-Benoît-Joseph- .
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| - ET IMPRÉOATIONS. 35
et du nôtre ; maintenant qu'ils sont dans
le ciel, ils prient pour vous, et vous les
outragez. Ar
Blasphèmes contre la religion.
On dit des paroles injurieuses à la religion, on blasphème contre elle, lorsqu'on dit qu'elle est fausse, douteuse, absurde, ridicule, superstitieuse, fanatique, etc. ; que toute religion est bonne, qu’il importe peu comment Dieu soit honoré, etc. ; langage trop ordinaire et malheureusement
trop écouté, trop suivi dans ce siècle incré-
dule, qui confond la foi, la révélation, la religion divine de nos pères, avec un amas confus de cultes, faux et étrangers ; blasphème général de parole et de conduite, qui ne se répand que trop de nos jours.
On .blasphème contre la religion, lors-
qu’on parle mal des saintes Ecritures, lors
qu’on dit qu’elles sont l'ouvrage des hommes, que le papier se laisse écrire, une page de la Bible est en contradiction avec la précédente et la suivante, etc. Ce n'est pas à ce papier, c’est à l'Esprit-Saint que s'adresse ce langage impie ; c'est à Lui que l’on attribue le mensonge et l’absurdité, puisqu'il est l’auteur des livres inspirés. C'est une irrévérence, une sorte de blasphème contre ces livres divins, d’emplover les paroles vénérables de l’Ecriture à des applications profanes, grotesques, ridicules, indécentes. Hæc sunt verba sancta ; ce sont des mots augustes émanés de la Divinité même, qu’on ne doit prononcer qu'avec la vénération la plus profonde et n’appliquer qu'aux objets les plus graves.
On blasphème encore contre la religion lorsqu'on parle mal de l'Eglise, de son in-
faillibilité, de ses décisions, de ses conciles; de sa discipline, de ses cérémonies, de ses ministres, etc. Ce blasphème retombe sur
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Jésus-Christ même ; c'est dire qu'il a été un imposteur en promettant d'être avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles, de l’assister de ses lumières et de la revêtir de son autorité.
Voilà donc, pour nous résumer, ce que .
c'est que le blasphème : une pensée, ou une parole, ou une action qui tend à déshonorer Dieu directement ou indirectement, c'est-à-dire en lui-même ou dans ses œuvres. *
Le blasphème est un grand péché.
Le blasphème, de sa nature est un péché énorme. Iln’y a rien de pire que le blasphème dit.saint Jean-Chrysostôme : Blasphemia nihil prejus. Il n’y a rien de plus horrible que le blasphème, dit à son tour Saint Jérôme ; tout péché est léger en comparaison du blasphème. Entrons dans
quelques détails, et nous verrons que ces pères n'ônt rien dit d’exagéré. Que fait, en effet, le blasphémateur ? 1° Le blasphémateur profane la parole, qui est un don singulier fait à l’homme seul pour qu'il glorifie et bénisse son Créateur, en s’en servant pour attenter à la majesté de Dieu, pour obscurcir sa gloire, pour déshonorer son Nom. Il profane ce Nom trois fois saint, il en fait l'expression de sa colère et l’assaisonnement de criminels discours ; il le souille, il l’avilit, il l’insulte : le blasphème est donc un horrible et mille fois détestable sacrilège.
20 Le blasphémateur s'attaque à Dieu lui-même, formellement, directement, personnellement. Le larcin, la calomnie, : J’homicide sont aussi des offenses scuvent très graves contre Dieu ; mais leur objet immédiat n'est que la fortune, la réputation, la vie de l’homme. Dans le blasphème, au contraire, l’objet immédiat, et, si on peut le dire, la matière du péché, c’est
Dieu, c’est sa nature, c’est son essence, ce sont ses perfections infinies. Le blasphème est donc, dans toute la rigueur des termes, un crime de lèse-majesté divine.
30 ‘ Aucune excuse raisonnable.”
Le blasphémateur n'a pas même, comme on peut l'avoir dans les autres prévarications, l’excuse de la circonstance, ni l’attrait de l'intérêt personnel. Quelque honteuses que soient les jouissances du mal, hélas ! il faut bien en tenir compte pour l'appréciation des fautes humaines. Dans les enflures de l’orgueil, dans les représailles de la vengeance, dans les désordres de la chair, le dérèglement s'explique par les viles satisfactions qu’on y trouve ou qu'on espère y trouver. Dans les duplicités du mensonge, dans les rivalités de l'ambition, dans les fraudes de la cupidité, J'injustice se fait accepter par les inconvénients ou’elle détourne et par les avantages matériels qu'elle procure ou qu'elle a pour but de procurer. Mais quel bien,
même naturel et périssable, peut résulter du blasphème ? Quel plaisir, même ignoble et sensuel peut procurer le blasphème ?
Evidemment aucun, même dans l’ordre des choses les plus profanes et les plus inutiles, le blasphème ne peut produire ni avantages, ni jouissances d'aucune sorte, ni pour l'esprit, ni pour le cœur, ni pour les sens, ni pour la fortune, ni pour la gloire, ni pour soi-même, ni pour les siens, ni pour rien au monde. Le blasphème, c'est donc le mal pour le mal: c'est donc un-crime sans excuse (1).
49 Mal sans profit. Le blasphémateur ne recueillant aucun profit quelconque de son crime, et cependant l’homme n’agissant jamais sans motif, surtout dans les manifestations contre lesquelles réclament de grands devoirs et de grands: intérêts, quel peut donc être le motif du blasphè- me? Quel peut être, dans le cœur de
l'homme, le sentiment qui le produit, le