‹ Des blasphèmes et imprécations [microforme]Chapitre 9 sur 36 · ERA PERS · texte numérisé non relu

ERA PERS

G) S. Bernard, sermon 41

sentiment qui même puisse l’expliquer” Il n’y en a qu’un, nous frémissons de Je dire : ce sentiment, c’esé la haine de Dieu.

Oui, la haïne de Dieu, toujours au moins implicite et quelquefois expiesse. Ne dites pas que c'est la colère qui vous emporte, car le colère n’est elle-même que le résultat des dispositions de l'âme ; et la colère exprimée par l’injure et l’imprécation est précisément la manifestation de la haine. Zra est appetitus vindictæ (1).

Cette haine peut bien n'être que passagère comme la parole qu’elle a produite, mais elle n’en est pas moins réelle. A part les mouvements tout-à-fait premiers, à part

les moments de délire qui ne peuvent être

coupables que dans leur cause, voici ce

, qui se passe presque toujours dans les colères dont le blasphème est l'expression:

avant l'émotion, ordinairement, on ne pense pae à s'attaquer à Dieu ; mais aussitôt que l’âme est sortie d'elle-même, par une

CE

(1) Gloss. ap. 8. Thomas, 1, 2, q. 158, a. 1,

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irritation violente, le démon s’en empare pour lui faire parler son infernal langage.

Alors, dans la confusion d'idées qui résul- te de cette obcession intérieure, on fait au moins vaguement remonter jusqu’à Dieu le défi dont les créatures sont l’occasion, Dans l'impuissance de se venger à son gré sur des êtres souvent irrésonnables et insensibles, on s'en prend en quelque sorte, et sans savoir pourquoi, à l’ Auteur de tou-

tes choses, et on lui envoie, mêlées à son Nom redoutable, des paroles de malédiction, de dédain ou de défi ; de telle sorte

qüe, même dans l'absence de toute pensée

actuelle ou directe contre Dieu, il y a trop souvent de la haine de Dieu dans ces locu-

tions abominables quoique peu. précises,

dans ces formules toujours identiques

d’exécration qui épouvantent la foi et con-

tristent si profondément toute âme chré-

tienne (1).

(1) 5. Bernard, sermon 33.

Ce que le blasphémateur fait de la prière.

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Le blasphémateur transforme la prière eu une dérision sacrilège, puisque, empruntant la langue de l’Eglise, il détour-

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ré ne les mots qui la composent de leur a acception sacrée, et qu’au lieu d’y attacher, Sp comme les fidèles, un sens de profond res- 1e | pect et de particulière bénédiction, il leur . ,7 | donne un sens injurieux et exécrable.. Ah ! > | blasphémateurs, laissez à ceux qui prient te leurs saintes formules, et si elles ne monse tent de votre cœur à vos lèvres que par P plaisanterie et par bravade, et non par.

” | adoration et par amour, de grâce, épargnez à nos oreilles cet accent irrité qui les S

transforme en blasphèmes,

Quand on aime Dieu, on ne contracte pas de telles habitudes ; quand on les 4.

contractées dans les jours coupables on s’en <orrige après sa conversion. Que diriez-vous d'un fils qui mêlant à tout

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