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Importance de la nature du corps étranger
Quant à la nature du corps étranger, il semble bien que certains soient mieux tolérés que d’autres par le cris- : tallin : la pierre, le verre, l'acier, l'os paraissent être de ce nombre.
Spierer cite le cas suivant montrant la tolérance du cristallin vis-à-vis de l'os : « Un éclat d'os engagé dans la partie antérieure du cristallin et faisant légèrement saillie se résorba au »out d'un certain temps et permit une bonne acuité. »
Si le corps étranger est du fer, tout sera fonction de la pius ou moins grande rapidité avec laquelle il s’oxydera.
Buchanam, à la suite d’une observation sur un cas de fragment métallique inclus dans le cristallin, fait remarquer que, tant que la rouille n’apparaît pas sur le corps étranger. le cristallin reste transparent Or, comme cette oxydation est très lente, le blessé peut, pendant de nombreuses années, jouir d’une bonne vision.
Jl ne nie cependant pas que, même en l'absence de
“rouille, le fragment métallique puisse servir de point de
départ à une cataracte totale, mais, seulement, quand le
sujet prendra de l’âge.
Un autre mécanisme peut expliquer la non-pénétration d'humeur aqueuse dans le cristallin à 1a suite d’une plaie de la capsule et, par là même, empêcher le développement d’une cataracte. C'est lorsque le corps étranger
oblitère exactement l’orifice qu'il vient de faire à la
cristalloïde.
Desmarres à vu un malade ayant son æil traversé par
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une aiguille, de telle sorte que le cristallin était embroché. L’aiguille fut retirée, le cristallin était transparent.
Un fragment d'iris entraîné à la suite du corps étranger peut également obstruer la petite plaie cristallinienne et arriver au même résultat.
Importance du siège de la plaie
Il convient également d'envisager, toutesles fois qu'il y aura blessure de la capsule, le siège exact de la solution de continuité.
Lorsque la plaie se trouve à la partie périphérique de la lentille, le trouble de l'organe se dissipe peu à peu et l'on peut avoir une acuité visuelle presque normale malgré le séjour du corps étranger dans la capsule. Mais il faut à cela une condition, c'est que le sujet soit jeune et que le noyau de la lentille n’ait pas été blessé.
Si la blessure est placée dans le voisinage de l'équateur on voit, à côté de l'opacification localisée près de la plaie, une opacification étoilée vers le pôle postérieur du cristallin.
Enfin, dans les blessures de la capsule postérieure, l'humeur vitrée joue le même rôle que l'humeur aqueuse dans les blessures antérieures et provoque également l'opacification du cristallin, mais beaucoup moins rapidement. Ces blessures antérieures ont une tendance plus grande à la cicatrisation de même que celles qui ont lieu dans la région équatoriale.
Importance de l’âge du blessé
Aussi important que l'étendue, la forme et le siège de la plaie est l’âge du sujet.
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Survienne, chez un sujet jeune, une blessure du cristallin, les conséquences sont bien plus étendues que chez le sujet âgé. Chez ce dernier, l'opacité est très lente à se produire et demeure souvent restreinte au voisinage immédiat de l'endroit traumatisé. Ceci est dû à la sclérose déjà avancée des fibres cristalliniennes, qui ont, de ce fait, perdu une grande partie de leur pouvoir d'imbibition.
Si l'on envisage donc deux plaies d'égale dimension, l’une chez l'enfant, l’autre chez le sujet âgé, c'est chez l'enfant que l’on verra se développer très rapidement une cataracte, alors qu'il faudra souvent longtemps pour qu'il en soit ainsi chez le deuxième sujet.
Mais c’est chez l'enfant que, par contre, l’on assiste en général à une rapide régression de l’opacité. Il est permis de croire, au contraire, que les sujets âgés bénéficient plus rarement d’une récupération inespérée de leur limpidité cristallinienne. La nutrition et la valeur du cristallin, qui d’ailleurs sont en relation avec l’état général du sujet, leur permettent, exceptionnellement, de rester en-decà de la limite qui sépare la cataracte transitoire de la cataracte durable.
De même, lorsqu'à la suite d’une blessure du cristallin l'opacité est de peu d'éteniue, ou bien lorsque la blessure est très petite et résulte d'une simple piqûre ou éraillure et si le malade présente des conditions d’âge et de constitution favorables, on a de grandes chances d'assister à la désopacification du cristallin. L'évolution de la cataracte est, dans ce cas, arrêtée dans son développement ; le malade recommence à y voir peu à peu distinctement jusqu’à ce que sa vue soit complètement rétablie ou peu
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génée par quelques opacités circonscrites à la périphérie. La petite opacité limitée au point lésé peut subsister encore longtemps sans gêner en rien la vision, ou bien elle peut définitivement disparaitre laissant au cristallin l'intégrité de sa transparence et de sa fonction physiologique. C’est le retour à la vision par désopacification de la lentille qui reprend sa transparence normale.
Terson décrit, comme il suit, la forme de ces principales opacités transitoires :
«Ce sont une série de bandes en échelons parallèles, « des points et des rayons entrecoupés. Taches, neébu- < leuses, voies lactées, stries, lacis parfois d'apparence « rappelant des amas bacillaires, grands cercles, très « fréquemment étoilés, griilages, nervures de feuilles, « filaments blanchâtres comme inclus dans une bille de « verres, formations opaques plutôt antérieures ou pes- « térieures que centrales, d’un mécanisme encore « indécis. »
Il ajoute que ces opacités passagères « se modifient d'heure en heure et disparaissent le plus souvent sans laisser de traces ».
Pour lui, l'architecture cristallinienne étant fixe; il s'agirait d'un trouble par limbibition irrégulière de certaines parties, « sorte d'œdème interstitiel ou fibrillaire dû à un afflux exagéré de sérosité ou bien à un
-Stage de liquides normaux. C’est un trouble de la
circulation du cristallin, c'est son glaucome personnel et le trouble cesse lorsque l'hypersécrétion et l'hypoexcrétion et leurs conséquences ont cessé. »
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Pour être complet, il conviendrait d'indiquer la conduite à tenir dans le cas de blessure du cristallin par un petit corps étranger intracristallinien ou extracristallinien qui, remplissant les conditions ci-dessus énumérées, est susceptible de ne pas déterminer de cataracte.
Cette étude n'entrant pas dans le cadre de notre sujet, nous n'en dirons que quelques mots. C’est par là que nous terminerons.
On pourrait être tenté, la cataracte étant inexistante ou seulement partielle et l'éclat bien toléré, de ne pas intervenir, ou plus tard seulement si la cataracte se complète en profitant de l'extraction du cristallin pour enlever l'éclat. Mais en dehors du fait qu'il y a danger pour l’œil à laisser dans les milieux profonds un projectile que l’on doit malgré tout considérer comme septique, par conséquent susceptible de déterminer sous une influence quelconque des phénomènes infectieux, que, par ailleurs, ce corps étranger est une épine irritative qui peut amener la localisation au niveau de l'œil d'une infection générale intercurrente toujours possible, il y a lieu de considérer qu’on ne court aucun risque à tenter l'extraction de l'éclat. Si celui-ci a pu déterminer à son entrée des lésions profondes du cristallin il n’en produira généralement pas de nouvelles à sa sortie à l’aide de l’électro-aimant, s’il est magnétique, car il contournera la lentille lorsqu'il la rencontrera.
La première indication sera donc l'extraction de l'éclat. On aura tout le temps ensuite pour enlever le cristallin dont on attendra l'opacité complète.
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