‹ Des Blessures du Cristallin Sans CataracteChapitre 18 sur 20 · RES · texte numérisé non relu

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altérées avant que les fibres du noyau aient subi quelque modification, ce qui revient à dire que l'opacité de la couche corticale précède toujours celle du noyau.

La couche des corpuscules de Morgagni, au lieu de former, comme à l’état normal, un plan régulier, se compose dans le cristallin cataracté de corpuscules déformés, augmentés de volume et irrégulièrement placés les uns par rapport aux autres. Le liquide qu'ils contiennent offre des granulations produites par la coagulation de l’albumine. Les fibres embryonnaires, les fibres radiées sont altérées dans leurs bords et forment parfois de larges plaques au lieu d’être disposées par faisceaux symétriques.

3° Une augmentation de volume de la substance cristallinienne. — À cette phase de ramollissement et parallèlement à elle, à mesure que l'humeur aqueuse a Infiltré les cellules cristalliniennes, celles-ci se distendent, leur volume augmente du double, elles perdent leur forme hexagonale, deviennent bosselées.

Ce gonflement des cellules cristalliniennes est naturellement proportionnel à la plaie capsulaire et au degré d'imbibition par l'humeur aqueuse : brusque lorsque la déchirure est considérable ; progressive lorsque la plaie capsulaire ne laisse pénétrer le liquide que peu à peu.

4° Une segmentation. — La segmentation de la masse cristallienne gonflée et ramollie marque alors la fin du travail d'évolution de la cataracte. Les reflets nacrés disparaissent, la couleur blanc bleuâtre s’atténue, la lentille prend un aspect irrégulier, segmenté.

Mais, après avoir occasionné l'opacité du cristallin, l'humeur aqueuse en détermine plus tard la résorption

se be

si elle continue à être en contact avec la lentille. Le malade recouvre ainsi spontanément la vision.

La cataracte traumatique peut encore disparaître sans résorption par le retour du cristallin à la transparence noriuale si les éléments anatomiques n'ont été que dérangés et s’il n’y a eu ni altération, ni dégénérescence, comme cela se rencontre dans les cataractes spontanées. Il suffit alors que l'humeur aqueuse interposée entre les molécules de la lentille s’exhale pour que celles-ci reprennent leur disposition première.

La cataracte traumatique, si elle n’est pas résorbée, perd à la longue ses parties liquides pour ne conserver que ses éléments solides : carbonate et phosphate de chaux. La capsule épaissie adhère à ce résidu calcaire.

La même transformation s'opère dans l’opacité partielle du cristallin. On aperçoit dans la lentille un petit îlot d'une couleur blanchâtre, crayeuse, parfaitement délimité, qui persiste indéfiniment en conservant les mêmes caractères.

Le cristallin peut renfermer plusieurs de ces dépôts ayant chacun une date différente.

Altérations de la capsule et son mode de cicat'isation.

Un point également intéressant à connaître, puisqu'il joue le principal rôle dans la formation de la cataracte traumatique, est le mode de cicatrisation de la plaie capsulaire. Mais, auparavant, il convient de voir si la capsule subit elle aussi des altérations du fait de l'entrée de l'humeur aqueuse.

La Capsule, dans sa moitié antérieure, ainsi que,

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quoique plus rarement, dans sa moitié postérieure, perd sa transparence.

L'examen à l’aide du microscope permet de se rendre compte que l'opacité est due soit à un espèce de dépôt de matière pigmentaire, soit à des dépôts fibrineux calcaires ou à des globules de graisse. Ces dépôts peuvent se faire sur l'une ou l’autre face, le plus souvent sur la face antérieure, et ils ont lieu dans le tissu même de la capsule ou dans les produits fibrineux préexistants. C'est ainsi que les dépôts calcaires, par exemple, se font toujours aux dépens des couches fibrineuses dans les cellules épithéliales de la capsule ou bien sur des fibres cristalliniennes altérées.

L'opacité de la capsule est donc produite par de la Jymphe coagulable, de la fibrine, de la matière pigmentaire ou dés globules graisseux et enfin par des dépôts calcaires, carbonate et phosphate de chaux.

La solution de continuité dans la capsule une fois produite on assiste rapidement à un processus réparateur. Tandis que les cellules les plus immédiatement voisines disparaissent sur une certaine étendue, il se

‘produit bientôt une néoformation cellulaire au voisinage de la perte de substance. Ainsi prend naissance une

couche épaisse de cellules allongées amenant une solide cicatrisation de la plaie cristalloïdienne.

Les cellules de la cicatrice possèdent la faculté de secréter une substance analogue à une membrane

vitrée et semblable à la masse capsulaire fournie par

les cellules normales.

*. ‘Les ruptures de la cristalloïde postérieure peuvent

également se cicatriser. Les cellules de la zone équa-

Eire toriale la plus immédiatement voisine prolifèrent, la convexité de leur noyau se tourne en arrière vers la région lésée, il se produit d’abord une oblitération cellulaire de la partie traumatisée puis l'occlusion devient plus fibreuse, comme dans la cicatrisation d'une plaie de la cristalloïde antérieure.

Si la lésion de la capsule postérieure n'a pas été produite par devant, on voit que l’occlusion de la plaie se fait non seulement par la zone nucléaire située au niveau de l'équateur mais-même aussi par un Cordon conjonctif venu de la cicatrice du globe.

Rôle de l'étendue de la plaie capsulaire

De tout ce qui précède il est clair que c'est, en premier lieu, l'étendue, la longueur de la blessure cristalloïdienne, plus que son siège, qui joue le principal rôle dans la non-formation de la cataracte traumatique. Nous verrons qu’il y a lieu également de tenir grand compte de l’âge du sujet, particulièrement au point de vue du résultat éloigné de l'accident.

Lorsque la blessure de la capsule atteint 1 à 2 millimètres, on voit à la loupe les lèvres de la plaie refoulées en dehors, et au-dessous une opacité grisâtre qui augmente d'heure en heure, surtout dans les premières 8 à 10 heures après l'accident. Puis le commencement de la cicatrisation ralentit les progrès de la cataracte. Celle-ci peut, dans certains cas, demeurer partielle. Mais si l'apport de fibrine est telle que la blessure de la cristalloïde se ferme rapidement; ici non seulement l'opacification du cristallin peut être arrêtée et rester partielle mais encore, ainsi que de nombreuses

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observations le démontrent, on peut assister à une réparation presque complète, à un éclaircissement des parties cataractées du cristallin.

Au contraire, dès que la blessure mesure quelques millimètres, la cicatrisation n’a plus lieu. Les bords de la capsule se renversent. Quelques flocons de masses corticales font hernie dans la plaie, ou bien se détachent et flottent dans l'humeur aqueuse ou même s'appliquent à la partie postérieure de la cornée, formant un précipité comme dans une cyclite. Toutefois Fuchs a fait remarquer qu'on peut à la loupe reconnaître la forme anguleuse de ces petits dépôts et les différencier de ceux d'une cyclite.

Les masses corticales contenues dans l'humeur aqueuse ne tardent pas à disparaître par résorption. L'humeur aqueuse pénètre alors dans le cristallin, dont les fibres se tuméfient, et on observe la formation rapide d'une cataracte totale, surtout chez les sujets jeunes, car, après l'âge de 35 ans, le cristallin est déjà assez dur pour absorber l’eau beaucoup plus difficilement, et ici le développement de la cataracte est bien plus lent et peut quelquefois rester incomplet.

Importance de la forme et de la grosseur du corps étranger

S'il s’agit d'un corps étranger, c’est naturellement de sa forme et de son mode de pénétration que dépendra l'étendue de la plaie.

Si le corps étranger se présente au niveau de la capsule avec un bord suffisamment mince pour sectionner la cristalloïde il n’en résultera qu’une petite plaie linéaire

en rapidement oblitérée par l'apport de fibrine et par la prolifération épithéliale. |

Au contraire, si le corps étranger aborde par sa face; il repousse devant lui la capsule qui finit par se déchirer, d'où large plaie au travers de laquelle s’engouffre l'humeur aqueuse qui ira imbiber largement la substance cristallinienne. |

Il n'est donc pas étonnant que les suites de la pénétration d’un corps étranger dans le cristallin varient beaucoup selon les cas. Chaque fois qu'il sera petit et qu'il aura pénétré de facon à ne créer qu'une petite porte d'entrée, nous aurons grande chance de le voir admirablement supporté pendant de longues années sans produire d'autre altération qu'un léger trouble autour de lui ou sur son trajet Il S'enkystera dans la substance cristallienne.

Monsieur Berger, dans le Recueil d’ophtalmologie d'août 1887, signale le cas d'un forgeron qui avait recu une paillette de fer incandescente dans l'œil gauche. Ce corps est resté 20 ans dans le cristallin sans amener d'accidents secondaires.

Par contre, si le corps étranger est gros et s’il a produit ane large plaie d'entrée, nous ne tarderons guère à assister à une opacification totale inévitable et à un gonflement rapide du cristallin nécessitant une opération, sans parler de l'apparition possible de symptômes glaucomateux et surtout de phénomènes infectieux, puisque nous n’envisageons dans notre travail les cas absolument aseptiques.

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