‹ Des bractéates d'allemagne: considérations générales et classification des types principauxChapitre 15 sur 53 · C. DUCHÉ DE BIEININGEN · texte numérisé non relu

C. DUCHÉ DE BIEININGEN

a. yille de Saalfeld. — Entre 1063 et 1074, Tarchevêque Ânnon de Cologne érigea en cette ville une collégiale, bientôt transformée en abbaye de Bénédictins. Une portion de Saalfeld appartenait aux abbés, dont on possède quelques grandes et belles bractéates. On y voit généralement l'effigie de Saint-Pierre, portant les clefs et le livre des évangiles. Sur Tune d'entre elles, frappée très-probablement vers H 40, on lit le nom d'un abbé Gotscbalk : GODE.SC.ALC. A^-B. S.P.E.T.R.V.S. Cette bractéate, sur laquelle figure le buste de l'abbé en prière, au-dessous du Saint, rappelle exactement celles de l'archevêque Henri I"* de Mayence ; les deux prélats furent évidemment contemporains.

Sur d'autres bractéates, appartenant à la période de 1140 à 1190, mais sans nom d'abbés, les noms seuls de Saint- Pierre et de Saalfeld figurent autour de l'effigie du Saint :

SCS PETRVS APOSTOLVS IN SALVELT.

Sur de grandes bractéates plus modernes, appartenant par leurs caractères à l'époque de l'évèque Ludolf de Naumbourg, et en conséquence très-probablement frappées par l'abbé de Saalfeld, Conrad (1280-1290), cet abbé figure d'ordinaire, assis, avec ou sans mitre, et, dans ce dernier cas, portant la chevelui*e bouclée; de chaque côté du prélat, on voit un grand poisson ou bien encore deux bars (armes de Saalfeld).

Sur des bractéates, également de grandes dimensions^ les deux bars paraissent seuls, avec ou sans la légende CVNRA {Conrad) écrite en très-grosses lettres j d'autres fois, on lit : NVM. NVM. [nummus répété).

 côté des abbés, les empereurs eurent à Saalfeld un de leurs plus importants ateliers monétaires. On connaît de grandes bractéates de l'empereur Frédéric I" qui y ont

sûrement été frappées. Sur une d'entre elles, autour de l'empereur chevauchant, figure la fameuse légende : FVRIti- CHER BITER SALF(^/rf). Sur une autre, dorigine toute semblable, l'empereur est représenté avec la légende : LVTCER ME FECIT. Ce sont simplement les noms de deux maîtres de la monnaie ou de deux graveurs de l'atelier de Saalfeld. On est fixé à l'heure qu'il est sur ce point, et nous avons déjà vu qu'on connaît d'autres bractéates marquées des mêmes noms. En tout cas, LVTCER n'a jamais signifié Lothaire, comme on Ta affirmé à tort, en faisant de ces bractéates des monnaies de l'empereur de ce nom.

Plusieurs autres bractéates de Frédéric, sur lesquelles il figure assis, entouré de pseudo-légendes ou de légendes indiquant seulement son nom et son titre, ont pu être attribuées à l'atelier de Saalfeld, par leur ressemblance extrême avec celles dont nous venons de parler.

Enfin, sur quelques-unes de ces grandes bractéates impériales à légendes indéchiffrables, on distingue au-dessous de l'empereur chevauchant, un gros poisson, marque trèsprobable de l'atelier de Saalfeld. Elles doivent appartenir à l'époque des luttes entre Philippe et Otton IV, et ont probablement été frappées par un de ces deux princes. (PI. IV, 41.)

On connaît aussi quelques bractéates émises à Saalfeld par les comtes de Schwarzbourg, de 1229 à 1389, lorsqu'ayant obtenu la concession de l'ancien atelier impérial de cette ville, ils y firent frapper monnaie. (V. Comtes de Schwarzbourg.)

Enfin, depuis 1448, la ville de Saalfeld a frappé de noml)reuses petites pièces bractéatiformes, tantôt muettes, tantôt portant la légende SALV€LD ou SALV€LT. Leur type est uniforme et représente toujours les deux bars de Saalfeld ; sur les côtés se voient, tantôt les lettres S-S, tantôt S-b^ tantôt S-h.

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